Intelligence artificielle : Servier s'engage avec Oncodesign Precision Medecine pour lutter contre le cancer du pancréas

C’est la première fois que Servier engage une collaboration de ce type. Le laboratoire a choisi un de ses partenaires historiques depuis 30 ans : Oncodesign Precision Medecine (la nouvelle branche d'activité du groupe Oncodesign), société cotée à Euronext, située à Dijon. Un contrat d’un million d’euros a été signé dans un premier temps pour développer un outil commun. Objectif : capitaliser les données des deux sociétés pour nourrir des algorithmes et ainsi identifier de nouveaux traitements prometteurs
(Crédits : Antoine Martel)

Selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) : le cancer du pancréas reste l'un des plus agressifs, avec un taux de survie à cinq ans de moins de 7% en raison d'un diagnostic souvent tardif, au stade métastatique de la maladie dans la moitié des cas. « Le besoin clinique est immense car on constate une progression de ce cancer depuis quelques années dans les pays occidentaux, sans comprendre les raisons », souligne Jean-Philippe Stephan, directeur de l'unité de recherche de pharmacologie in vitro chez Servier. Les traitements actuels sont principalement de la chimiothérapie. « Une solution lourde qui ne fonctionne que dans une minorité de cas », précise-t-il.

Autre caractéristique du cancer du pancréas, c'est le développement de résistance par de nombreux organismes. L'objectif du partenariat entre le laboratoire Servier, qui se développe fortement dans l'oncologie depuis des années, et  qui regroupe ces activités de biotech et d'intelligence artificielle depuis le mois de septembre), est d'étendre « l'arsenal thérapeutique » proposé aux patients, mais également d'aller plus loin dans la recherche en faisant avancer les connaissances sur ce cancer, grâce à la donnée. Ce projet s'oriente progressivement vers des traitements ciblés du cancer, adaptés à chaque patient.

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Un contrat en deux étapes

Le contrat signé entre les deux parties a été acté en septembre avec un premier versement de 500.000 euros de Servier à OPM. « Le fait d'amener cette plateforme au contact des industriels, comme Servier, montre que nous avons vraiment un outil technologique performant entre les mains », confie Philippe Genne, PDG du groupe Oncodesign. « Nous leur apportons l'innovation et ensemble nous partageons nos données respectives », précise-t-il. C'est la reconnaissance de l'investissement qu'a fait OPM depuis deux ans autour du programme Oncosnipe. Cet essai clinique observationnel regroupe plus de 600 patients, dont 200 par branche (cancer du sein, cancer du pancréas et cancer du poumon).

Un deuxième paiement se fera aux alentours de décembre 2024 lorsque le programme aura atteint le nombre de patients suffisant en termes de données pour commencer à travailler et identifier des cibles thérapeutiques potentielles. « Le flux finalement qui conduit à la découverte de nouveaux médicaments, c'est un flux d'informations et donc l'intelligence artificielle », note Philippe Genne. « L'intelligence artificielle nous permettra d'aller questionner toute cette masse d'informations que nous allons acquérir via nos analyses moléculaires », complète Jean-Philippe Stephan.

Le flux finalement qui conduit à la découverte de nouveaux médicaments, c'est un flux d'informations et donc l'intelligence artificielle »

Plusieurs options in fine

Le projet des deux parties se déroulera en trois étapes : l'identification des cibles avec le co-développement d'une plateforme ; la validation de ces cibles en collaboration avec les deux sociétés ; l'engagement dans un programme de développement de nouveaux médicaments. Pour cette troisième étape, les deux partenaires ont été claires : ils se laissent plusieurs perspectives d'évolution. Première option, Servier décide de réaliser le programme seul pour le développement d'un médicament. Dans ce cas, il y aura une rétribution financière vers OPM. Deuxième option : les deux sociétés engagent ensemble un programme de développement de médicaments. Troisième option : Servier n'est pas intéressé pour aller plus loin. Dans ce cas, OPM aura l'opportunité d'avoir une licence exclusive. « Ces termes du contrat sont très équilibrés et font sens par rapport à notre volonté d'innover et d'accélérer », souligne Jean-Philippe Stephan.

Un investissement d'avenir

« Ce qui m'enthousiasme vraiment sur ce programme, c'est le fait de partir de la donnée de patients », confie Jean-Philippe Stephan. La plupart des essais se font généralement sur des produits. Or, le programme Oncosnipe - qui sert de base de données à la plateforme - développé depuis 2017 par Oncodesign analyse les comportements dans le temps de la maladie. « Nous étudions les données des patients par rapport à différents traitements jusqu'à des phases éventuellement de résistance », précise Philippe Genne.

« Face au besoin de réponses sur ce cancer, cette combinaison avec l'intelligence artificielle est un investissement d'avenir », poursuit Jean-Philippe Stephan. Ce partenariat s'inscrit dans un des axes stratégiques prioritaires de Servier. Aujourd'hui, le laboratoire investit plus de 50% de son budget en R&D en oncologie. « Cette collaboration avec OPM illustre bien la dynamique d'innovation ouverte de notre groupe, c'est-à-dire avec des partenariats français et internationaux publics ou avec des laboratoires », précise Jean-Philippe Stephan. Une douzaine de personnes sont mobilisées sur ce programme durant trois ans avec des expertises très variées qui vont de la biologie moléculaire, la chimie des protéines, en passant par le data science et l'intelligence artificielle. « Nous allons recruter quatre personnes pour pouvoir supporter ce programme de façon satisfaisante », révèle Jean-Philippe Stephan.  De son côté, OPM emploie une dizaine de personnes également sur ce programme.

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Commentaire 1
à écrit le 04/10/2022 à 8:26
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"Intelligence artificielle : Servier s'engage " Merci pour le fou rire, un titre du même genre que:" 3ème guerre mondiale: Bozo le clown a une déclaration ultra importante à faire." Au moins on rigole...

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