C’est une nouvelle assez rare dans le milieu des biotechs françaises en ce moment : une levée de fonds de 350 millions d’euros, financée en majorité par des fonds américains. Un montant important qui permettra de financer les dernières étapes de la commercialisation du médicament, Lunifibranor, mis au point par Inventiva, biotech dijonnaise, cotée sur Euronext et le Nasdaq.Surnommée « la maladie du foie gras », la « Nash » (acronyme anglais qui signifie stéato-hépatite non alcoolique) récemment rebaptisée « Mash » (Stéato-hépatite associée à un dysfonctionnement métabolique) concerne près d'un adulte sur dix, aux Etats-Unis. C'est également la deuxième cause de transplantation de foie et la première chez les femmes*. Une maladie grave comparable à une cirrhose du foie, qui n'est toutefois pas due à l'alcool mais au style de vie.
Pour l'industrie pharmaceutique, elle représente un marché mondial estimé entre 15 et 20 milliards de dollars.
«Il s'agit d'une maladie liée à une mauvaise hygiène de vie, l'obésité, le surpoids, et l'accumulation de graisse dans le foie», résume Frédéric Cren, CEO d'Inventiva.
Déjà bien avancée dans son développement, la biotech basée à Dijon (Bourgogne) et cotée sur Euronext et le Nasdaq, a entamé la phase III de ses essais cliniques pour un traitement contre la MASH - baptisé Lunifibranor - soit la dernière étape avant la commercialisation prévue en 2028. Celle-ci nécessite des fonds importants car elle se déroule sur 24 pays avec plus de 1.000 patients. Pour l'heure, déjà 850 patients ont été recrutés.
Deux tranches de financement
« 90% des fonds investisseurs qui nous soutiennent viennent des Etats-Unis, dont 50% de nouveaux investisseurs », souligne Frédéric Cren. Il s'agit de fonds spécialisés dans la biotech tels que Perceptive Advisors, Great Point Partners, Eventide Asset Management, Deep Track Capital. Parmi les nouveaux investisseurs, seuls deux européens ont participé : Andera et Sofinnova.