L'Union européenne l'a inscrit au tableau des métaux « cruciaux » pour la souveraineté du continent. Et pour cause, l'aluminium est essentiel dans la transition énergétique et l'électrification des usages. Doté d'une certaine robustesse, léger, résistant à une certaine exposition thermique, l'aluminium est un excellent conducteur pour la chaleur et l'électricité. Sans surprise donc, le marché européen de l'aluminium pourrait atteindre une demande de 18 millions de tonnes à l'horizon 2030, avec un taux de croissance annuel moyen estimé à 1,4% à en croire une étude de 2022 de l'association Eurométaux.
Entre demande croissante et enjeu de souveraineté, les industriels français de la filière aluminium ont ainsi multiplié ces derniers mois les annonces d'investissements dans le recyclage de l'aluminium, matériau recyclable à l'infini. « Chaque année, la France exporte 500.000 tonnes de déchets d'aluminium et dans le même temps elle importe plus de 300.000 tonnes d'aluminium primaire », constate Edouard Guinotte, le CEO d'Aluminium Solutions Group (ASG) et président du Groupement des fileurs d'aluminium.
Son groupe, né en 2022 suite au rachat d'une entité espagnole aussi spécialiste de l'extrusion d'aluminium, a annoncé au milieu de l'année passée un investissement de 50 millions d'euros dans une fonderie d'aluminium recyclé, comprenant neuf millions d'euros de subventions du plan France 2030. L'entité de 800 collaborateurs, répartis sur ses quatre sites d'extrusion en aluminium, va ainsi accueillir une cinquantaine de salariés supplémentaires à la fin de l'année 2025, date d'ouverture de cette nouvelle fonderie.