Nucléaire : le "nein" allemand, une chance pour la France

La France pourrait-elle devenir le "château d'eau nucléaire" de l'Allemagne ? À première vue, France et Allemagne seront très complémentaires. Mais au prix d'investissements très lourds et difficiles à rentabiliser.
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«S'ils arrêtent leurs centrales, il va bien falloir les remplacer, a lancé Nicolas Sarkozy, dans un accès de bon sens. On sera candidat pour leur vendre de l'électricité ! » À première vue, la décision allemande de sortir du nucléaire d'ici à dix ans constitue pour les grands électriciens français, EDF en tête, une formidable opportunité. Forte de ses 58 réacteurs nucléaires, qui lui fournissent une électricité à un prix parmi les moins chers d'Europe, la France ne dispose-t-elle pas d'un avantage comparatif inégalé qui lui permettrait de devenir un grand exportateur d'électricité en Europe ? D'ores et déjà, la France exporte plus d'électricité qu'elle n'en importe, même si le solde positif en raison des journées d'hiver pendant lesquelles la France est importatrice nette (72 jours en 2010 contre 6 en 2008), grâce à la disponibilité de nos centrales, s'est beaucoup réduit.

Dès lors, si l'Allemagne ne parvenait pas à compenser la disparition de centrales qui, en 2010, lui fournissaient encore 22 % de sa consommation d'électricité, pourrait-on développer de façon volontariste nos exportations outre-Rhin ? Car la France, qui était encore, en 2010, importatrice nette d'électricité vis-à-vis de l'Allemagne, est devenue, depuis le moratoire allemand de la mi-mars, exportatrice nette vis-à-vis de son voisin. « L'Allemagne est la frontière sur laquelle l'interconnexion à l'export est la moins saturée, fait-on remarquer à la Comission de régulation de l'énergie. II existe donc des capacités physiques pour accroître encore nos exportations. » Sachant que nous exportons beaucoup moins vers l'Allemagne que vers l'Italie et surtout la Suisse. Or, fait encore remarquer le régulateur, « il existe depuis novembre 2010, entre la France, l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, un système d'échanges fluides entre marchés par lequel, à tout moment, ces pays utilisent la centrale la plus efficace et la moins chère pour répondre à la demande ». La mise en commun des centrales existe donc déjà, sans qu'aucun consommateur ne s'effraie de l'origine de l'électricité qu'il consomme.

Mieux, avec la décision allemande, une très forte complémentarité entre la France et l'Allemagne va s'imposer : « Côté allemand, explique le professeur à l'École d'économie de Toulouse, Claude Crampes, il y aura des ressources éoliennes et solaires certes abondantes, mais structurellement intermittentes et aléatoires. Côté français, il y a abondance de ressources totalement contrôlées et surtout moins variables. »

Seulement, les capacités aujourd'hui excédentaires des centrales françaises par rapport à la consommation nationale seront-elles suffisantes pour répondre à un important besoin allemand ? Nos exportations actuelles vers l'Allemagne (66 TWh en 2010) représentent une petite moitié de sa production nucléaire. Mais il est très difficile à ce jour de chiffrer ses besoins d'ici dix et vingt ans.

François Lévêque (Mines ParisTech) estime cependant qu'« entre les nombreuses visites décennales des centrales françaises dont la moyenne d'âge est de 25 ans, les travaux supplémentaires liés au renforcement post-Fukushima des standards de sûreté, et la demande française qui va continuer à progresser, les quantités disponibles à l'exportation vont diminuer, même si EDF a fait récemment de gros efforts pour améliorer la disponibilité des centrales ». Et surtout, l'offre nucléaire n'est pas suffisamment flexible pour répondre aux à-coups de l'éolien comme du solaire. Mais ce n'est pas tout : les interconnexions en Europe, conçues après la Seconde Guerre pour assurer à chaque pays la sécurité d'approvisionnement, sont aujourd'hui très insuffisantes pour que se développe un véritable grand marché européen.

Cela signifie qu'une stratégie volontariste d'exportation passe par de très importants investissements sur les centrales comme sur les lignes haute tension. Avant même la décision allemande, les opérateurs de réseaux européens avaient prévu de construire un minimum de 42.000 km d'interconnexions d'ici à dix ans, pour un montant de 60 milliards d'euros. « Rien qu'en Allemagne, remarque François Lévêque, les investissements en réseau vont devoir être décuplés, alors que la consommation d'électricité se fait au sud, là où sont les centrales qui vont fermer, et que les éoliennes sont au nord. »

Si opportunité pour la France il y a, elle ne pourra être saisie qu'au prix d'investissements très lourds difficiles à rentabiliser : « Si dans un premier temps, la diminution des capacités en Allemagne va faire monter les prix de l'électricité, pronostique François Lévêque, la montée en puissance des énergies renouvelables, à la fois intermittentes et au coût marginal nul, pourrait se traduire par une baisse du prix de gros de l'électricité sur la plaque européenne. » Le choix allemand va ainsi bouleverser l'équilibre du marché, en introduisant une hypervolatilité des prix en fonction du vent et du soleil. Alors, la décision allemande, une chance pour la France ?

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Commentaires 39
à écrit le 22/06/2011 à 11:41
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Pour le généticien et scientifique Albert Jacquard, l'homme est en danger de mort avec le nucléaire. Stephen Hawking, un autre scientifique de haut niveau, affirme que les menaces planétaires susceptibles de mener à l?extinction de la race humaine s...

le 23/06/2011 à 6:26
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tout a fait d'accord. mais nos politicien sont alles a l'ecole pour apprendre a servir leur interet et ceux de leurs copains, certainement pas l'enteret du peuple. La democratie est videe de sa substance. Comme la medecine qui se fait contre la sante...

le 23/06/2011 à 6:26
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tout a fait d'accord. mais nos politicien sont alles a l'ecole pour apprendre a servir leur interet et ceux de leurs copains, certainement pas l'enteret du peuple. La democratie est videe de sa substance. Comme la medecine qui se fait contre la sante...

à écrit le 14/06/2011 à 16:01
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La presse présente ces pays qui font "volte-face" vis à vis de l'industrie nucléaire: l'Allemagne d'abord, qui avait en réalité intégré l'idéee de sortie du nucléaire (le fameux Atomausstieg) bien avant Fukushima. L'Italie, qui étais déjà sortie du n...

le 15/06/2011 à 14:00
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Devoir importer de l'énergie signifie toujours devenir dépendant de ses fournisseurs, et de leur bon vouloir, quel que soit son PIB. Rappelez-vous des coupures de livraison de gaz qu'a subies l'Allemagne lors des problèmes entre la Russie et l'Ukrain...

à écrit le 14/06/2011 à 13:56
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aucune vision politique a la hauteur dans cet article. Dommage car la question de l'energie est le reflet de la question de notre avenir. On veut toujours plus. le libéralisme utilise cet égoïsme et l'herige en modèle politique. "Toujours plus" ou T...

à écrit le 14/06/2011 à 10:31
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faut poser sur le fond de la mer du Nord ... des minicentrales nucléaires conçues par DCNS - - - (conçues en partenariat avec EDF et AREVA)

à écrit le 13/06/2011 à 19:14
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A beaucoup d'intervenants je dirais que l'on ne peut être juge et partie. En toute état de cause, on voit les pays d'europe qui se désengagent du nucléaire. Aujopurd'hui les Italiens ont rejoint la pensée de ceux qui n'en veulent plus. Alors nous dev...

à écrit le 13/06/2011 à 12:23
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La première chose, c'est renforcer considerablement la sécurité des centrales, en cas d'accident, on doit avoir une chambre de confinement uncrevable et des circuits de refroidissement redondant internet et externe, avec des un centre d evacuation de...

le 13/06/2011 à 13:09
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Oui sécurisons ce qui existe...ce qui peut être sécurisé en fait...avec toutes les marges d'erreur de l'imprévisible, mais à quel cout si l'on introduit le risque d'un météorite ou d'un avion? Oui la Hague dont j'étais fournisseur est un vrai risque,...

le 14/06/2011 à 13:35
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formidable message. j"adhere a fond

le 16/06/2011 à 13:29
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J'approuve totalement

à écrit le 13/06/2011 à 11:03
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C'est tout le problème du retard de la France sur le savoir faire "flexibilité" et gestion des sources d'approvisionements différentes en électricité: Le nucléaire c'est du tout ou rien, là est un problème traduisant un nouveau retard à combler

à écrit le 12/06/2011 à 22:12
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L'article est bourré d'erreur, on a pas exporté 66TWh vers l'Allemagne en 2010, mais 9.4 TWh. 66.6TWh, c'est le total des exportations françaises. "même si EDF a fait récemment de gros efforts pour améliorer la disponibilité des centrales" Un Kd...

à écrit le 12/06/2011 à 15:06
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Bon, on pourrait complémenter par la mise ne place d'une éolienne à l'Assemblée nationale. Nos députés ne sont-ils pas les plus gros producteurs de vent de la planète :-)

à écrit le 12/06/2011 à 10:23
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Mais pourquoi la France a -t-elle abandonné les recherches ( Font Romeu ) ? Pourquoi ,n'y a-t-il pas de four solaires pour la cuisson en Afrique et dans les zones arides ? Cela ne serait pas rentable car les gens ne possedent rien ! La Chine va cons...

à écrit le 12/06/2011 à 7:27
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Analyse superficielle de journaleux ne connaissant pas son sujet. Ou est la chance ? Dans les tonnes de dechets potentiellement generes par une telle politique et que les generations a venir devront payes ?

à écrit le 11/06/2011 à 22:49
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On oublie un peu vite que l'Allemagne a des projets à l'échelle du besoin énergétique qui découlera de l'arrêt du nucléaire (stations solaires aux Sahara avec transit de l'électricité en courant continu, biomasse...). Celui qui croit qu'il va faire d...

le 12/06/2011 à 6:54
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A Imi - Vous oubliez un peu vite que l'industrie nucléaire a elle ausssi dans ses cartons des projets remarquables, notamment en matière de coût et de traitement de l'uranium.

le 12/06/2011 à 7:26
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Super le projet: aller installer sa production electrique dans des pays completements instables....c'est ça l'innovation allemande?

le 13/06/2011 à 11:07
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Ah le bel avenir du nucléaire! Et ce merveilleux et hyper dangereux mox!!! Et bien savez vous que General Electric prévoit sous cind=q an de faire l'électricté la moins chère avec les panneaux solaires. Et puis imaginez si l'on consacrait les 80% du ...

à écrit le 11/06/2011 à 18:03
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Notre Prézident est bien l'homme du passé et sera aussi celui du passif...le but à terme de l'Allemagne et ca devrait être le nôtre, c'est de moins consommer d'électricité et de produire la totalité avec des moyens autres que le nucléaire; choisir de...

le 11/06/2011 à 21:33
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A Angela - Sur votre dernière phrase, vous vous mettez le doigt dans l'oeil et vous vous bercez d'illusions. L'énergie nucléaire qui est la solution d'avenir, ce qui n'exclut pas les économies.

le 12/06/2011 à 7:24
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Cher Lucifer - vous portez bien votre pseudo - il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voire. L'energie du futur est les energies renouvelables et les rangs de ceux qui cessent d'etre victimes de l'intox pro-nuke et ouvrent les yeux sur se...

le 13/06/2011 à 21:22
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A steph - Vous tenez le même genre de discours que ceux qui, au 19ème siècle, s'opposaient au chemin de fer.

le 14/06/2011 à 14:09
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@ Steph: "le solaire sera meilleurs marche que le solaire", c'est comme la lessive qui lave plus blanc que blanc... :-)

à écrit le 11/06/2011 à 13:33
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Tout va s'arranger lorsque les Verts seront au gouvernement en 2012, il y aura cohérence énergétique !

le 14/06/2011 à 14:13
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Si vous réussissez à trouver une quelconque cohérence chez les Verts, je vous tire mon chapeau. Les Verts regroupent tous ceux qui n'ont pas réussi à trouver de place (rémunératrice) au PS. Qu'y a-t-il de commun entre José Bové, Eva Joly, Cohn Bendit...

à écrit le 11/06/2011 à 11:11
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Le bon sens de notre président lui fait oublier tous les doutes et les mensonges existants autour des centrales nucléaires françaises. Le bon sens français oublie un peu vite que Tchernobyl et Fukushima -sans compter, Majdak, Three-Miles-Island et to...

à écrit le 11/06/2011 à 9:25
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La chance pour la France c'est d'avoir une fois de plus un modèle à suivre en matière d'écologie et de protection de l'environnement. Après l'élection de Marine Le Pen en 2012, la France s'engagera dans la même voie que celle tracée par Angela Merkel...

le 11/06/2011 à 13:30
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Apparemment le programme sur l'énergie n'est donc pas encore au point au FN : "Alors que le débat sur les choix énergétiques de la France, à défaut d'évoluer beaucoup, est clairement ravivé, le FN a une position plutôt pro-nucléaire : "Le Front natio...

à écrit le 11/06/2011 à 8:54
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C?est l?Allemagne qui exporte de l?électricité vers la France, pas le contraire Selon le bilan annuel de RTE 2009, p81, il s?avère que l'Allemagne importe jusqu?à 2 GW d'électricité depuis la France de Mai à Septembre et en exporte jusqu?à 5,5 GW d'...

le 11/06/2011 à 21:26
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A satire - Depuis le moratoire, les données ont fondamentalement changé. La France exporte de l'électricité vers l'Allemagne

à écrit le 11/06/2011 à 8:37
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Bonjour, Quand je vois un titre de journaleux comme cela, j'arrête la lecture Eh oui, il faut parfois peu de choses. Depuis quand le mot "niet" est prononcé par les Allemands? "niet" vient du russe. Respectez au moins la forme au moins.

le 11/06/2011 à 16:56
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Francophile: Je suis persuadé que les Allemands arrivent à parler Russe tout à fait correctement, votre message est donc tinté de germanophobisme ;-)

le 12/06/2011 à 15:11
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@ Rutabaga: En effet, la culture allemande est tintée de russe et inversement. Pour info: Bismarck parlait couramment le russe et Poutine parle couramment l'allemand :-)

le 13/06/2011 à 9:30
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Francophile, apprenez à lire! Nein, ce n'est pas niet...

le 14/06/2011 à 9:39
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MOI JE LIS NEIN, PAS VOUS?

le 14/06/2011 à 21:12
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Les chevaliers teutoniques, qui étaient des slaves, ont crée la langue allemande sur une structure slave, avec des mots germains.

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