Allemagne : sans le nucléaire, finies les exportations d'électricité

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En arrêtant sur le champ la moitié de ses réacteurs nucléaires, l'Allemagne perd sa capacité d'exportation d'électricité sans risque pour la consommation. Pour les Allemands tout du moins.

L'Allemagne a le marché électrique le plan grand de l'Union européenne. Aussi, Günther Oettinger, le Commissaire européen à l?Energie tient-il à évaluer les conséquences de la fermeture des 17 réacteurs du pays d'ici 2022. Les conséquences interviendront dans un premier temps sur ses exportations, avec l?arrêt immédiat de huit réacteurs. "Les huit réacteurs qui vont être arrêtés représentent 10% du marché allemand de l'électricité et moins de 3% du marché européen" a rappelé le Commissaire. "L'année dernière, l'Allemagne a produit beaucoup plus d'électricité qu'elle n'en consomme." Si bien que leur fermeture "va réduire sa capacité d'exportation, mais aura peu d'impact pour les consommateurs", a-t-il expliqué.

Discussions nécessaires

En revanche, la situation sera plus complexe quand l'Allemagne fermera les neuf réacteurs restants. Avec des incidences directes sur ses voisins "à l'est et à l'ouest", assure le commissaire européen. Ces derniers s?inquiètent d?ailleurs d?une éventuelle répercussion sur les prix ou sur la sécurité des approvisionnements. "Annoncer des black-out électrique c'est aller trop vite en besogne", a tenu à préciser le ministre hongrois de l'Energie Tamas Fellegi, qui présidait la réunion. Des discussions doivent donc être engagées à ce sujet entre les ministres de l'Energie cet l'automne.

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Commentaires
a écrit le 14/06/2011 à 15:40 :
Je viens de rentrer d'Allemagne, après y avoir vécu pendnant 2 ans et je confirme, l'électricité y est au moins deux fois plus cher (ça dépend des opérateurs et des abonnements), et ce dans le meilleur des cas, c'est à dire sans consommer exclusivement de l'Ökostrom: dans ce cas c'est plutôt un facteur 3 ou 4 par rapport aux prix (particuliers) français.
J'ai du mal à comprendre tout les "idiots utiles" de la com gouvernementale allemande : il faut bien savoir que la politique industrielle est une affaire d'état, aussi et surtout en Allemagne, contrairement aux perpétuelles dénégations et clameurs d'indépendance des grands groupes. L'exposition totale de l'économie allemande à l'exportation des biens industriels et manufacturés rend le rôle de l'état vital dans la définition des grands axes stratégiques; l'Allemagne a récemment perdu son géant industriel, Siemens (secteur nucléaire), racheté par AREVA, dans des circonstances humiliantes qui plus est pour les allemands. L'Allemagne n'a plus de secteur industriel nucléaire à défendre (sur le schéma conception/production/exportion), Fukushima n'a rien à voir là dedans. Les allemands cherchent à développer leur expertise dans la conception/production/exportation des énergies renouvelables, raison pour laquelle ils anticipent leur sortie programmée du nucléaire et ce bien avant Fukushima: l'Atomausstieg est un consensus politique hérité de l'ère Schröder.
Regarder le site de l'IEA pour avoir les chiffres les plus récents: si on inclut l'hydroélectrique dans le renouvelable, l'Allemagne produit en un peu moins que la France, autour de 10 %. La nouvelle virginité acquise à peu de frais d'une opération com' habilement menée, lui permettra non seulement de continuer à produire la majorité de son électricité avec du charbon, mais même d'accentuer cette tendance afin découler ses réserves : l'Allemagne regorge encore de cette denrée si peu coûteuse et si polluante.
a écrit le 13/06/2011 à 20:54 :
Pour information, les allemands sont déjà les plus gros pollueurs d'Europe en produisant 3,5 fois plus de CO2 par habitants que les français. Non, les allemands n'ont pas de solution miracle. Malgré tout les investissements réalisé, l'éolien ne produits que 7% de leur électricité. Ils vont devoir, avec une belle hypocrisie, bruler encore plus de lignite et de charbon pour assurer leur approvisionnement.
Ce n'est pas la première fois que l'idéologie les aveugles.
a écrit le 13/06/2011 à 10:14 :
Le vrai débat est pour l'instant: Préférez-vous mourir irradiés à la française(nucléaire) ou intoxiqués avec effet de serre à l'allemande (charbon)!
Réponse de le 17/10/2011 à 11:29 :
Bonne question STONE1 : Moi je préfère "mourir irradiés à la française(nucléaire)" car il y a peu de chance que ça arrive (mais je reconnais que le risque est là). Quant à la pollution Allemande, on ne peut pas dire "il y a peu de chance que cela arrive" car c'est déjà le cas et cela va s'accentuer gravement, on est dedans!
a écrit le 11/06/2011 à 9:40 :
comment peut-on être commissaire européen et dire des absurdités pareilles? Evidemment que la baisse de la production aura un impact sur les consommateurs! Les fournisseurs ont déjà commencé à prendre en compte ces changements au niveau de leurs offres. Les factures d'électricité n'ont pas fini d'augmenter.
a écrit le 11/06/2011 à 9:28 :
En se lançant massivement dans l'éolien et le photovoltaïque + économies, l'Allemagne pourra sans aucun doute concurrencer la France avec ses centrales à l'arrêt pour maintenance et manque d'eau. Don't worry pour les Allemands, ils nous ont toujours damné le pion !
a écrit le 10/06/2011 à 18:53 :
Allemagne : sans le nucléaire, finies les risques de tchernobyl ou fuckushima à coté de chez vous
Réponse de le 11/06/2011 à 11:19 :
Parce que tu crois que si la centrale de Fessenheim pète, le nuage va s'arrêter à la frontière. De plus, ils vont devoir trouver autre chose comme les centrales à charbon pour subvenir à leurs besoins énergétiques lorsqu'ils auront arrêter le nucléaire. Donc ca n'est pas gagné non plus.

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