EPR : EDF à Flamanville ne fait pas mieux qu'Areva en Finlande

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L'électricien repousse à 2016 la mise en service de l'EPR en construction à Flamanville. Sa facture passe à 6 milliards d'euros contre 3,3 milliards prévus au départ.

Les annonces se suivent mais leurs mises en scène ne se ressemblent pas. Pour révéler le troisième retard dans la construction de l?EPR de Flamanville (Manche), EDF avait pris la précaution mercredi de réunir autour de lui ses deux principaux fournisseurs sur ce chantier, Areva et Bouygues. Le nouveau délai annoncé - de deux ans, cette fois - n?en semblait que plus inéluctable, chacun égrenant à tour de rôle les mêmes arguments. La facture, elle, s?alourdit d?un milliard d?euros au passage, pour s?établir à 6 milliards contre 3,3 milliards prévus au départ, qui avait été déjà revus à la hausse l?été dernier.

Pour justifier le report à 2016 de la mise en service du réacteur, EDF invoque d?abord des facteurs conjoncturels. Un accident mortel en janvier dernier et les modifications de procédures, qui en ont résulté, ont entraîné un retard de cinq mois. « Si on ajoute les intempéries et des aléas divers, cela aura entraîné un an de délai », précise le directeur exécutif d?EDF, Hervé Machenaud, en charge de la production et de l?ingénierie. Mais surtout, EDF a décidé d?élaborer « le vrai planning industriel du projet ». Au terme de cette revue en profondeur, l?électricien ajoute un an supplémentaire afin « d?introduire des marges sur les montages et les essais pour les modifications d?usage sur une tête de série et celles qui découleront des tests post Fukushima ». EDF prévoit dorénavant huit ans de chantier, soit autant que pour l?EPR que construit tout seul Areva en Finlande. Bilan mitigé pour l?électricien, qui se targue de disposer de la plus grande expérience au monde en matière de construction nucléaire. Tandis qu?Areva, dont les déboires en Finlande ont été très critiqués, joue ce rôle pour la première fois à Olkiluoto.

Une durée qui ne semble pas excessive à Hervé Machenaud : « c?est la moyenne pour le palier 1.300 MW du parc français, tandis que la génération suivante, dite N4, a exigé 10 ans». Et chacun s?accorde sur le caractère « exceptionnel » de l?EPR. « Nous avions prévu d?y consacrer 4 millions d?heures, ce sera en fait 15 millions », souligne le directeur général délégué de Bouygues Construction, Philippe Bonnave. « Les nouvelles réglementations, spécialement conçues pour l?EPR, nous ont conduit à procéder à une centaine d?arrêts pour vérification pendant la fabrication des générateurs de vapeurs », indique Philippe Knoche, membre du directoire d?Areva. « La moitié des 13 millions d?heures d?ingénierie que va y consacrer EDF sont imputable à sa dimension de tête de série », ajoute Hervé Machenaud. Reste que les trois entreprises françaises ne peuvent masquer leur point commun : avoir toutes été totalement prises au dépourvu par ce caractère exceptionnel.

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