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ClimatEnergie & Environnement

Discussion sur le recours aux stocks pétroliers pour calmer les cours du baril

latribune.fr, avec agences

Publié le 28 mars 2012 à 12:25

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Paris, Washington, Berlin, Londres discutent de l'opportunité de piocher dans les réserves stratégiques de pétrole pour calmer l'envolée des prix du brut, qui à Londres tournent autour des 125 dollars. Berlin met en garde contre un tel recours, qui reviendrait à manipuler les cours sur les marchés internationaux en l'absence d'un risque de pénurie physique avéré.

Après Washington et Londres, qui se sont déclarés favorables à l'utilisation des réserves stratégiques de pétrole, c'est au tour de Paris et Berlin de mettre le sujet sur la table. Et de ne pas être d'accord.

Le gouvernement français, par la voix du ministre de l?Energie Eric Besson, s?est dit favorable à l?utilisation des réserves stratégiques de pétrole : "Ce sont les Etats-Unis qui l'ont demandé, la France a accueilli favorablement cette hypothèse", a déclaré Eric Besson à l'issue du Conseil des ministres mercredi.  La semaine dernière, le ministre de l?Energie avait déjà indiqué que Paris "étudiait" l'éventualité de libérer "une partie des stocks stratégiques". Et avait ainsi contribué à faire refluer les cours du brut en Asie. "La France accompagne les Etats-Unis et la Grande-Bretagne dans la consultation de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui pourrait permettre de puiser dans nos réserves énergétiques pour casser la spéculation sur les marchés internationaux", a confirmé Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, tout en rappelant que le feu vert de l'AIE, une institution basée à Paris qui conseille les pays de l'OCDE en maitère de politique énergétique, était nécessaire pour pouvoir puiser dans ces réserves.

Pour Berlin, la question ne se pose pas

Le gouvernement allemand, qui a indiqué ce mercredi n'avoir pas reçu de sollicitation de déblocage des réserves stratégiques de pétrole de la part des Etats-Unis, estime, quant à lui, qu'il n'y a pas de raisons pour le moment de recourir à ces réserves. Une porte-parole du ministère de l'Economie a expliqué que puiser dans ces stocks relevait d'une loi, qui encadre strictement une telle démarche, et la lie notamment à une pénurie physique. Or, "il n'y a pas de pénurie physique", a-t-elle ajouté, allant dans le sens de ce qui est effectivement en vigueur, à savoir que l'idée sous-entendue par Paris de puiser dans les réserves stratégiques afin de lutter contre l'augmentation du prix du pétrole -et donc du carburant à la pompe- est inapplicable.

Des effets sur le cours du brut

Ce mercredi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s'échangeait à 124,42 dollars, en baisse de 1,12 dollar par rapport à la clôture de mardi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance perdait 98 cents à 106,35 dollars. Les cours du brut étaient sous pression alors que les investisseurs guettaient la diffusion mercredi du rapport hebdomadaire du département américain de l'Energie (DoE) sur les niveaux de stocks pétroliers commerciaux aux Etats-Unis. Ils ont fortement augmenté la semaine dernière, trois fois plus qu'attendu par les analystes, selon des chiffres publiés par le département américain de l'Energie (DoE). Les stocks de brut ont progressé de 7,1 millions de barils lors de la semaine achevée le 23 mars, pour s'établir à 353,4 millions de barils. Les analystes interrogés par l'agence Dow Jones Newswires tablaient sur une hausse de 2,2 millions de barils seulement.

De plus, les rumeurs sur la mise à disposition par les Etats-Unis d'une partie de ses réserves d'hydrocarbures pesaient sur les cours, notaient les analystes du cabinet PVM. "Cependant, les risques persistants qui pèsent sur l'offre empêchent tout repli brutal des cours", observaient les analystes de Commerzbank. "La production de pétrole et de gaz en mer du Nord devrait s'inscrire en déficit après l'évacuation de deux plate-formes du fait d'une fuite" de gaz sur une plate-forme du groupe français Total, ont également expliqué ces analistes à l'AFP. Pour Ben Bernanke cependant, la poussée des prix est "un problème majeur" mais elle "ne met pas en danger la reprise économique", selon le président de la réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine,

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Le carburant, sujet de la campagne présidentielle en France

En France, à moins d'un mois du premier tour de l'élection présidientielle, la hausse des prix du carburant, est l'un des sujets majeurs de la campagne. Le prétendant socialiste à l'Elysée, François Hollande, s'est prononcé pour "un blocage des prix sur une durée de trois mois permettant l'introduction d'une TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante". Le candidat Nicolas Sarkozy s'y est catégoriquement refusé et a suggéré plutôt aux consommateurs de "faire jouer la concurrence".

En Allemagne aussi, les prix à la pompe ont énormément grimpé ces derniers temps, mais ce sont surtout les fluctuations de prix qui inquiètent les pouvoirs publics. Le quotidien Bild rapportait mercredi que le gouvernement envisageait de réguler les variations à la pompe, pour empêcher des différences pouvant aller jusqu'à 15 centimes le litre dans la même journée dans la même station.

17 millions de tonnes de brut dans les réserves françaises

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La France disposait début octobre de 17 millions de tonnes de pétrole brut et de produits pétroliers dans ses stocks stratégiques, représentant 98,5 jours de consommation, soit plus que ses obligations (90 jours) fixées par l'AIE. Ces stocks sont gérés par le Comité français des stocks stratégiques pétroliers (qui en contrôle 12,5 Mt) et par les opérateurs pétroliers qui en conservent une partie dans leurs dépôts pétroliers. Théoriquement, ils doivent être utilisés seulement en cas de crise internationale, et non pour agir sur les marchés de cotation du baril.

latribune.fr, avec agences

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