Total : colmater la fuite de gaz coûtera au moins un million de dollars par jour

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Copyright AFP - La plateforme de Total Elgin
Copyright AFP - La plateforme de Total Elgin (Crédits : AFP)
Le géant pétrolier français Total, à la communication calculée depuis l'évacuation de sa plateforme d'Elgin le 25 mars, estime que le colmatage de la fuite de gaz sur le site d'Elgin, en mer du Nord, coûtera au moins un million de dollars par jour.

La facture s'annonce salée pour Total. Le géant pétrolier français a chiffré pour la première fois lundi le coût à venir des travaux de colmatage de la fuite de gaz sur le site, évalué à au moins un million de dollars par jour.

Les mesures prises par Total pour endiguer la fuite sur sa plateforme en mer du Nord lui coûtent "environ 1 million de dollars par jour", y compris les deux plate-formes mobilisées pour forer des puits de secours, a dit lundi le directeur financier du groupe, Patrick de la Chevardière, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers.

La fuite laisse échapper environ 200.000 m3 de gaz par jour

Et la facture pourrait grimper jusqu'à 1,5 million de dollars par jour quand les opérations de forage de puits de secours proprement dites démarreront, a-t-il précisé. En outre, forer un puits de secours, afin de détourner le gaz, coûte de 150 à 200 millions de dollars, a également affirmé le dirigeant de Total.

Détourner le gaz du puits défaillant est l'un des deux scenarii envisagés par Total, qui pourrait également injecter directement des boues dans le puits défaillant. Total attend désormais l'aval de l'autorité britannique de sûreté (Health and Safety Executive, HSE) pour intervenir sur sa plateforme et réduire la fuite qui laisse échapper environ 200.000 m3 de gaz par jour.

Pas de remise en cause de la politique d'investissement

Le géant pétrolier perd avec cet incident environ 1,5 million de dollars par jour de revenu net opérationnel, mais cette perte ne remet pas en cause la politique d'investissement et de dividende du groupe, a assuré M. de la Chevardière. Total prévoit d'investir cette année 20 milliards de dollars et de verser à ses actionnaires, au titre des résultats de 2011, un dividende de 2,28 euros, stable par rapport à celui de l'exercice précédent.

Les prix élevés de l'or noir ont permis à Total d'engranger de nouveau l'an dernier des bénéfices de plus de 12 milliards d'euros et un chiffre d'affaires de 184,7 milliards, tous les deux en hausse de 16% par rapport à l'année précédente. Il s'agissait d'informer et de rassurer les investisseurs, qui ont boudé les actions Total la semaine dernière, suite à l'évacuation de la plate-forme.

Du pétrole sur la mer

Ces mêmes investisseurs ont semblé toutefois rassurés lundi après l'extinction ce week-end d'une torchère qui avait rendu pendant plusieurs jours la plate-forme inaccessible en raison des risques d'explosions. L'action Total a ainsi clôturé lundi à la Bourse de Paris en hausse de 2,31% à 39,12 euros.

L'association écologique Greenpeace, qui voulait des informations autres que celles données par Total, a envoyé lundi un bateau faire des tests à proximité de la plateforme d'Elgin et qualifié l'incident de "grave". Selon elle, il y a "beaucoup de pétrole" sur la mer. Ce que conteste Total. "La pollution est extrêmement limitée", a estimé lundi Michel Hourcard, directeur des techniques de développement chez Total. L'impact sur l'environnement est "relativement négligeable", a-t-il redit.

Reste à savoir dans quelle mesure la production sera affectée. Les deux champs voisins Elgin et Franklin, dont la production a été suspendue, représentent environ 2% de la production totale du groupe, soit 53.000 barils par jour, a rappelé Total, sans détailler toutefois les barils perdus.

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Commentaires
a écrit le 04/04/2012 à 16:33 :
Que pése 1 million/jour à coté de plusieurs dizaines de milliards de bénéfices? 3 ans pour atteindre le milliard d'?.Il faudrait que cela coute beaucoup plus pour motiver fortement les compagnies pétrolières à agir rapidement en faveur d'un accroissement de sécurité sur les plate-formes et à s'engager véritablement afin d'éviter les dégats irrémédiables causés à la nature et à la survie des générations futures. Puisqu'aucune gouvernance mondiale n'est capable à l'heure actuelle de les forcer à une réelle prise en compte responsable et globale des problèmes liés à ces exploitations des richesses en diminution croissante de la nature, et que seule compte la rentabilité, on ne peut qu'être pessimiste sur la suite des événements

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