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ClimatEnergie & Environnement

Les trois options de Total pour résoudre sa fuite de gaz en mer du Nord

latribune.fr (avec AFP)

Publié le 29 mars 2012 à 11:44 - Mis à jour le 29 mars 2012 à 12:11

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Si la fuite de gaz sur la plateforme Total a été localisée, le plus dur reste à faire pour le pétrolier français, en raison de l'inaccessibilité du site et des craintes d'explosion. Trois options sont pour le moment privilégiées par les experts : boucher le puits, creuser un puits de secours ou attendre.

La fuite de gaz sur la plateforme de Total en mer du Nord a été localisée, un "pas important" selon le groupe pétrolier français, mais les opérations de colmatage s'annoncent à haut risque en raison de l'inaccessibilité du site et des craintes d'explosion. La source de la fuite se trouve "à 4.000 mètres de profondeur, dans un puits désaffecté depuis plus d'un an", a précisé un porte-parole du géant de l'énergie. Le gaz remonte le long du conduit et ressort au niveau de la tête du puit, sur la plateforme Elgin, située à 240 km au large de la ville d'Aberdeen en Ecosse. Le débit est constant, mais le gaz se dissipe actuellement plus vite à cause de la force accrue du vent, d'après le groupe.

Boucher le puits, creuser un puits de secours ou... attendre

Si la localisation de la fuite est "un pas important" pour la suite, selon l'expression de Total, elle laisse toutefois ses experts devant trois options difficiles, compte tenu des risques de déflagration qui ont conduit à l'évacuation des quelque 200 employés de la plateforme dans la nuit de dimanche à lundi.

La première serait de boucher le puits avec des boues de forage, mais il faudrait pour cela que des techniciens montent sur la plateforme aujourd'hui inaccessible et autour de laquelle une zone d'exclusion maritime de 3,7 km a été instaurée. Une autre option serait de creuser "un puits de secours", ce qui, dans ce secteur, pourrait prendre six mois, reconnaît Total. Troisième solution, attendre que la fuite se tarisse.

Risques d'explosion

Pour l'instant, la situation est "stable", selon le groupe, mais le fait qu'une torchère brûle toujours sur la plateforme constitue un sérieux risque. D'après Total, cette torchère "ne pose pas de risque immédiat", en raison des conditions météo favorables, le vent repoussant pour l'instant le gaz loin de la flamme. Cependant, les experts soulignent les risques d'explosion s'il venait à tourner et certains s'étonnent que la torchère brûle toujours. Total explique que lorsqu'une plateforme est fermée en urgence, la torchère "ne peut être entièrement purgée". Il reste donc du gaz dans le système mais une fois qu'il sera évaporé, elle "s'éteindra d'elle-même", espère le groupe. Ce qui peut prendre encore plusieurs jours.

Un sous-marin muni d'une caméra pour inspecter la plateforme

D'autres "solutions envisageables", si l'extinction ne se produisait pas toute seule, sont toutefois à l'étude. Un groupe d'experts des puits, venus des Etats-Unis, est arrivé en début de semaine à Aberdeen pour tenter de résoudre le "plus gros incident" auquel ait dû faire face le groupe "depuis au moins dix ans" en mer du Nord, de l'aveu même d'un de ses porte-parole. Deux navires transportant des équipements anti-incendie et un autre bâtiment, muni d'un sous-marin équipé d'une caméra pour inspecter la plateforme, ont pris position près de celle-ci, à l'extérieur de la zone d'exclusion. Total n'a pas précisé quand le sous-marin allait entrer en action.

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"La situation est très sérieuse, mais il faut noter que l'évacuation s'est déroulée parfaitement et nous pensons toujours que l'impact environnemental sera minime", a expliqué un porte-parole du département de l'Energie et du Climat en Ecosse. Les autorités locales, qui ont demandé davantage de transparence de la part de Total, ont toutefois dépêché des inspecteurs dans le centre d'urgence mis en place par la compagnie pétrolière française. Total a payé au prix fort cet incident en bourse. Le titre a reculé de plus de 8,5% depuis lundi soir à la Bourse de Paris, soit une perte de capitalisation d'environ 8 milliards d'euros.

latribune.fr (avec AFP)

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