Sortie du nucléaire : les quatre épines dans le pied d'Angela Merkel

 |   |  594  mots
Copyright AFP
Copyright AFP (Crédits : AFP)
Depuis la décision prise par l'Allemagne de sortir complètement du nucléaire d'ici à 2020, les difficultés s'amoncellent pour Angela Merkel. Retour sur les principaux défis auxquels doit faire face la chancelière pour mener à bien la transition énergétique du pays.

Angela Merkel réunit ce mercredi à Berlin les chefs des puissants Etats régionaux pour redonner des couleurs à la "Energiewende". Ce processus, amorcé en mars 2011 à la suite de l'accident de Fukushima, prévoit de faire sortir l'Allemagne du nucléaire d'ici à 2022. En congédiant à la hâte son ministre de l'Environnement Norbert Röttgen, jugé responsable d'une cuisante défaite du camp conservateur lors d'un scrutin régional majeur, et en nommant à sa place l'un de ses principaux bras droits, Peter Altmaier, la chancelière a bel et bien repris la main sur ce dossier brûlant. Selon la presse allemande, la transition énergétique, qui devait faire de l'Allemagne un modèle de sortie nucléaire mais patine pour le moment, devient ainsi "l'affaire de la patronne".

Imposer la réforme du marché photovoltaïque

Après avoir mis au pas le ministère de l'Environnement, Angela Merkel va en effet devoir aussi faire plier les Etats régionaux. Ceux-ci bloquent au Parlement une réforme censée rendre l'électricité photovoltaïque moins dépendante de l'Etat et moins coûteuse pour les ménages, en baissant le prix de vente garanti à ses producteurs. Les Länder craignent que cette réforme n'aggrave les difficultés de cette industrie, moribonde pour cause de féroce concurrence chinoise.

Rattraper le retard en matière d'éolien offshore

Mais le solaire n'est pas le seul secteur à problèmes dans les énergies renouvelables, censées peser d'ici huit ans 35% de la production électrique allemande, contre 20% aujourd'hui, et prendre le relais des neuf réacteurs nucléaires encore en activité. Berlin compte sur l'installation en masse de parcs éoliens en haute mer mais bute sur de gros retards. Le géant industriel allemand Siemens subit par exemple des pertes à répétition en raison de son incapacité à raccorder en temps et en heure ces éoliennes marines au réseau terrestre. Son patron Peter Löscher reconnaît avoir "complètement sous-estimé la complexité de ces projets".

Les centrales à gaz manquent à l'appel

Autre souci pour Angela Merkel: les centrales à gaz, censées se multiplier pour faire contre-poids aux renouvelables les jours de grisaille et d'absence de vent, manquent à l'appel. "Pour de nombreux opérateurs, il n'est pas rentable de construire de nouvelles centrales à gaz car elles risquent de ne pas fonctionner assez pour être rentabilisées", explique à l'AFP un porte-parole de l'Agence fédérale des réseaux allemands. Pour hâter la transition énergétique, l'Allemagne a décrété que l'électricité produite par des sources renouvelables était prioritaire sur le réseau, réduisant les centrales conventionnelles à gaz et à charbon au rôle de suppléantes.

Seulement 200 kilomètres de nouvelle lignes électriques sur les 1.800 de prévus

Un autre défi de la chancelière mercredi est de convaincre les Etats régionaux de doper la construction de nouvelles lignes électriques, très impopulaires auprès des populations locales. Selon le gouvernement, il faudrait 1.800 kilomètres de nouvelles lignes en particulier pour relier les industriels du sud du pays aux éoliennes du Nord. Jusqu'ici seulement 200 kilomètres ont été construits. L'état du réseau et les cafouillages de la transition valent à l'Allemagne de vivre avec la crainte diffuse d'un "black out", une coupure de courant généralisée. Elle y a échappé l'hiver dernier, mais l'Agence des réseaux a reconnu que pendant les quelques jours de grand froid en février la situation avait été "très tendue", rendant nécessaire le recours à des centrales de réserve en Autriche.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/05/2012 à 16:45 :
Vivement les hivers bien rudes ! On se gardera notre nucléaire pour nous.

Les panneaux photovoltaïques sont actuellement trop polluants à fabriquer, à recycler, le rendement est pourri et c'est made in China, de la vraie bouse qui est mort après 25/30ans... et certaines études de rentabilité sont truquées. HAHHAAH

Seule solution, Eolienne bien placée, barrage STEP pour stocker l'énergie pour quand il n'y a pas de vent; géothermie, stirling solaire + STEP, etc..... Et surtout économie des foyers !!!
a écrit le 24/05/2012 à 14:25 :
Les envers les Allemands viennent de ceux qui ont la vue courte. En maintenant la croissance des EnR a marche forcee, ils nous prennent des places de marches mondiales dans les EnR ... et le demantellement nucleaire.
a écrit le 23/05/2012 à 23:24 :
Pourrions nous svp attendre de voir les consequences de la décision allemande pour les imiter : on aura un test grandeur nature des risques de pénurie en pic de conso energetique !!! merci d'avance !
Réponse de le 24/05/2012 à 11:49 :
le test en Allemagne est déjà fait, la Pologne accélère son équipement en nucléaire, une autre usine vient d'être mise en route dans les pays Baltes, le chancelier Schröder conforte sa fortune personnelle avec ses dividendes de Gazprom que son bon ami, le très écolo et libéral Wladimir Poutine lui a procuré. Les chinois se réjouissent du solaire en Allemagne, les Suisses et Autrichiens ont augmenté leurs prix de fourniture d'électricité aux Allemands et ceux ci deviennent de plus en plus verts de rage à la lecture de leurs factures d'électricité, prix renouvelables à la hausse continuelle. Les industriels Allemands ont menacé de délocaliser si le coût de l'énergie continuait d'augmenter. A part ça, tout va très bien dans ce merveilleux monde de l'écologie anti nucléaire.
a écrit le 23/05/2012 à 18:08 :
Que pensent de tout cela Jolly et Duflot ? Il est vrai que la dernière est désormais ministre et roule en voiture avec chauffeur. Alors quelle importance.
Réponse de le 23/05/2012 à 19:35 :
Elle prend le RER.
Réponse de le 24/05/2012 à 13:39 :
lol, pas de chance, c'est la seule qui prend le RER
Réponse de le 24/05/2012 à 14:51 :
@socialo ecolo: elle ne doit pas être souvent à son ministère, alors, car entre les grèves et les pannes...
a écrit le 23/05/2012 à 14:57 :
tiens donc, enfin un début d'aveu: pour relayer le manque de production les jours de grisailles et d'absence de vent, pas mal. Manque juste encore le temps de vie de ces fabuleuses installations d'énergie renouvelable et notamment le taux de panne dans l'éolien. A quand également la vérité sur ce qui s'est passé ce dernier hiver en Allemagne ??
Réponse de le 26/05/2012 à 16:45 :
Les renouvelables, voilà ce que cela donne:
http://www.sauvonsleclimat.org/production-denergie/energies-renouvelables/intermittence-et-foisonnement.html

L´alternative au nucléaire, c´est le charbon avec séquestre du co2 à un coût de 60 euros la tonne environ. La physique est têtue, on ne peut débattre que sur l´expérimentation.

On oublie aussi que le charbon a une teneur en uranium de 1 à 4 ppm, résultat comme c´est le remplaçant naturelle du nucléaire, nous jetterons dans l´atmosphère sur le siècle 1940-2040 plus de 800000t d´uranium et plus de 2 millions de tonnes de thorium via la combustion. Tiens!!! personne n´en parle.
a écrit le 23/05/2012 à 14:16 :
Comment traduit-on "Heu Heu Heu" en allemand ?
Réponse de le 23/05/2012 à 16:44 :
arch gross malheur ?
Réponse de le 23/05/2012 à 16:44 :
so was et en anglais : well, well, well
Réponse de le 24/05/2012 à 16:22 :
Indeed! élementaire mon cher watson!
Réponse de le 27/05/2012 à 22:41 :
deutsche qualität, pas si qualität que ça en fin de compte !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :