À Cordemais, EDF tente d'inventer le charbon vert
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Cordemais, EDF, centrale charbon
S. Salom Gomis/SIPA
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Cordemais, EDF, centrale charbon
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Sécuriser des approvisionnements en bois de récupération. C'est à cette occupation inédite que s'emploie la direction de Cordemais. Cette centrale à fioul et charbon, ouverte par EDF en 1970 à proximité de Saint-Nazaire, a connu quelques révolutions ces dernières années, et ça n'est pas terminé. Plan climat oblige, les installations au fioul ont été fermées en 2017 mais avec ses deux tranches à charbon de 600 MW chacune, elle reste la plus importante des quatre centrales à charbon françaises.
Depuis 2015, et la fermeture annoncée de ces tranches à l'horizon 2022, les 370 salariés du site se sont mis en quête de pistes pour justifier le maintien de la centrale au-delà de cette date butoir. Leur idée : remplacer 80% du charbon par de la biomasse. Mais pas n'importe laquelle. Aux déchets végétaux ligneux, à partir desquels d'autres entreprises fabriquent déjà des granulés (ou pellets), EDF veut ajouter du bois de récupération.
Ce bois de classe A (palettes) ou B (bois d'ameublement, issu de la déconstruction, vieilles portes et fenêtres, etc.), aujourd'hui essentiellement mis en décharge et enfoui, ou exporté pour être broyé et transformé en aggloméré, est une ressource inutilisée.
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Le bilan carbone de la biomasse étant supposé neutre grâce à la compensation des émissions de la combustion par le CO2 absorbé lors de la croissance du végétal, intégrer 80% de biomasse divise les émissions par cinq. En outre, après 2022, la centrale ne continuerait pas à fonctionner à plein comme aujourd'hui (de 4.500 à 5.000 heures par an) mais ne servirait plus qu'en période de pics hivernaux sur appel de RTE, comme cela a d'ailleurs été le cas en janvier, l'opérateur de réseau demandant aux salariés alors en grève de reprendre le travail afin d'assurer la sécurité d'approvisionnement. Sur la base de statistiques, EDF estime à 800 heures par an la durée de fonctionnement nécessaire. Résultat : au total, les émissions de la centrale devraient être divisées par 25 par comparaison avec son activité actuelle.
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