"Aujourd'hui, l'atome n'est plus la seule option" Sébastien Lecornu

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Le groupe de travail sur l'énergie solaire mis en place par Sébastien Lecornu (photo), secrétaire d’État auprès de Nicolas Hulot, explore de nouvelles pistes pour dégager du foncier.
Le groupe de travail sur l'énergie solaire mis en place par Sébastien Lecornu (photo), secrétaire d’État auprès de Nicolas Hulot, explore de nouvelles pistes pour dégager du foncier. (Crédits : Stephane Mahe)
Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, détaille pour La Tribune sa vision de l’articulation entre les évolutions respectives du nucléaire et des énergies renouvelables. Selon lui, fermer les centrales nucléaire de façon brutale et unilatérale coûte cher alors qu'il faut développer en parallèle les ENR. Sur le solaire, plusieurs pistes nouvelles sont à l’étude, des toits de la grande distribution aux friches militaires, et un appel d'offre "ENR et patrimoine" va être lancé.

LA TRIBUNE - La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028 est actuellement en cours de discussion. Dans quel contexte se déroule ce débat ?

SÉBASTIEN LECORNU - L'objectif est d'aboutir à une PPE fiable et sincère. Élaborer une PPE qui ne serait pas tenable, notamment sur le plan industriel, conduirait à tuer la transition énergétique dans l'oeuf. On ne va pas reculer en permanence la date d'atterrissage à 50% de nucléaire dans la production d'électricité : à cet égard, la clé c'est l'accélération du développement des énergies vertes.

Après, il y a plusieurs intangibles qui déterminent en partie cette PPE.

D'abord, la sécurité d'approvisionnement qui est assurée par des énergies pilotables (gaz, nucléaire) y compris pour faire face aux pics de consommation et en complément d'énergies intermittentes telles que les énergies renouvelables. Le stockage est en devenir, mais on recherche encore un modèle économique. On devrait tout de même voir apparaître dans ce quinquennat des applications de stockage significatives grâce au plan hydrogène de Nicolas Hulot et aux travaux sur les batteries.

Deuxièmement, notre objectif pour le climat et donc la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre est une priorité. Les centrales à fioul auront donc disparu d'ici la fin du quinquennat, tout comme les centrales à charbon situées en métropole. Compte tenu de l'Accord de Paris et de l'action d'Emmanuel Macron, qui est à la pointe du combat pour le faire vivre à l'international, personne ne comprendrait que l'on fasse des choix contraires à cet impératif climatique.

Troisièmement, sur le plan des coûts de l'électricité, que ce soit pour le contribuable ou pour le consommateur, le nucléaire a été la meilleure réponse apportée par EDF au pouvoir gaullo-communiste d'après-guerre pour avoir une électricité peu chère. Aujourd'hui, l'atome n'est plus la seule option. Et ce n'est pas faire injure à cette industrie que de le dire. D'ailleurs, notre horizon en la matière est raisonnable : nous visons 50% de nucléaire dans le mix électrique français, pas zéro !

Enfin, dernier point, l'impact économique et social, aussi bien sur les territoires que sur les entreprises, notamment Orano et EDF. Nous aurons une solution d'accompagnement pour les territoires quelles que soient les décisions qui seront prises.

Comment s'articulent les évolutions des énergies renouvelables et du nucléaire et comment se présente la fermeture de Fessenheim - dossier dont vous avez la charge - dans le contexte des derniers défauts constatés sur l'EPR de Flamanville?

Quand on prend en compte l'ensemble des paramètres cités, il est évident que l'objectif de 50% de nucléaire d'ici 2025 n'était pas réaliste. Il faut déjà évaluer ce qu'on est capables de faire en matière d'énergies renouvelables pour savoir comment réduire la trajectoire du nucléaire. Ce qui compte, c'est le « comment », plus que le « combien ». Mais à l'inverse, du rythme de fermeture du nucléaire dépend aussi le développement des énergies renouvelables. En effet, fermer les centrales de façon brutale et unilatérale coûte cher. Or, on a besoin d'argent pour soutenir les énergies vertes. À titre d'exemple, le soutien public au solaire revient à 3 milliards d'euros par an, c'est-à-dire la moitié du soutien public à l'électricité d'origine renouvelable. Ce coût provient essentiellement désormais du soutien aux premiers investissements historiques, les nouvelles installations étant beaucoup moins couteuses.

Pour passer de 75 à 50% d'électricité nucléaire, il faut nécessairement fermer certains réacteurs. Toute la question est de savoir à quel rythme, sur quelle pente, et donc à quelle date. A l'issue du débat public en cours sur la PPE, entre cet été et septembre, nous allons déterminer un nombre de réacteurs, une pente de décroissance du nucléaire et une date à laquelle nous atteindrons 50%. Mais probablement pas la liste des réacteurs, car il n'est pas pertinent de fragiliser les territoires avec des annonces politiques. Le choix des réacteurs fermés dépendra de plusieurs critères, dont le coût des travaux de grand carénage demandés par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour chaque réacteur.

Concernant Fessenheim, la fermeture est actée, irréversible et c'est désormais à EDF de préciser le calendrier et de communiquer en toute transparence. Le moment venu, c'est l'ASN qui décidera de l'ouverture de Flamanville. Le plafond d'électricité nucléaire prévu par la loi s'appliquera.

Le projet de territoire auquel nous travaillons pour Fessenheim et sa région se poursuit, sans aucun changement. Le temps de l'après-centrale a commencé en janvier dernier quand le Premier ministre m'a dépêché sur place pour élaborer avec les élus locaux un projet de développement économique durable du territoire. Notre gouvernement s'y investit de manière inédite.

Sur quelles énergies renouvelables misez-vous en particulier ?

La situation est très contrastée selon les énergies. L'éolien terrestre souffre d'un problème d'acceptabilité locale. Il faut élaborer une stratégie territoriale, en évitant le phénomène de mitage. Nous souhaitons libérer ce secteur, mais pas n'importe comment. Notre ministère est aussi celui de la protection des paysages, en liaison avec les architectes des bâtiments de France. L'avis des préfets reste déterminant dans la décision d'implantation d'un projet. Les différentes mesures adoptées à l'issue du groupe de travail éolien doivent permettre d'abaisser de 8 ou 9 ans à 4 ou 5 ans le délai nécessaire pour faire sortir un projet de terre.

Quant à l'éolien en mer, c'est le coût du lancement de cette filière qui est en question. Elle ne peut se construire à contre-courant des intérêts des contribuables et des consommateurs. Ce secteur a souffert d'une réglementation totalement inadaptée, mais la loi ESSOC (pour un État au service d'une société de confiance) doit y remédier. Contrairement à ce qui était imposé jusqu'à présent, les nouveaux projets éoliens (terrestres et maritimes, Ndlr) pourront recourir aux technologies les plus récentes au moment de la construction.

Par ailleurs, on parle beaucoup d'électricité, mais la PPE, c'est aussi le gaz, qui sera indispensable aussi bien à la mobilité qu'au chauffage. Surtout, il présente le grand avantage de pouvoir se verdir, par méthanisation industrielle, agricole ou à partir de déchets ménagers, ce qui participe de l'économie circulaire et bénéficie aux collectivités locales. C'est un moyen moderne, et compétitif à terme, de diversifier les revenus des agriculteurs et de créer de la richesse dans les territoires. Nous avons annoncé en mars plusieurs mesures attendues par les agriculteurs à la demande du Président de la République : élévation du niveau des seuils d'autorisation ICPE (installations classées pour la protection de l'environnement), mise en place d'un guichet unique, aide à l'investissement initial, révision à la hausse des tarifs de rachat... Le traitement de choc élaboré à l'issue du groupe de travail méthanisation semble efficace puisque la filière commence à se structurer. Il existe aujourd'hui 500 méthaniseurs en France, je pense qu'on peut en attendre au moins deux fois plus en construction d'ici un an.

Le groupe de travail sur le solaire que vous avez mis en place en avril doit rendre ses recommandations prochainement. Sur quoi portent-elles ?

C'est sur le photovoltaïque que les marges de manœuvre sont les plus importantes. Grâce à des efforts de massification bien calibrés, il est possible d'atteindre bientôt un modèle économique sans subvention. Dans les derniers appels d'offres, le tarif demandé atteint 55 euros le mégawattheure pour les grandes centrales au sol. A ce niveau, on tutoie le prix de marché de l'électricité. Un doublement des appels d'offres à 1 gigawatt (GW) a été annoncé lors du One Planet Summit de décembre 2017, et les raccordements devraient également quasiment doubler en 2018 (de 875 MW en 2017, ils devraient s'établir entre 1200 à 1.500 MW en 2018).

Le groupe de travail actuellement en place recherche des solutions pour dégager le foncier nécessaire à cette massification. Pour y parvenir, il faut cesser d'être généralistes et spécialiser les acteurs par type de solaire. Par exemple, les magasins de la grande distribution, qui disposent de surfaces importantes et dont les horaires de consommation (pour le froid et la climatisation, ndlr) coïncident avec la production solaire, sont de parfaits candidats à l'autoconsommation. D'ailleurs, les résultats des derniers appels d'offres, dont 70% ont été remportés par la grande distribution, prouvent que le solaire est devenu rentable pour ce segment de marché.

Nous allons encore libérer son développement, par exemple en assouplissant les règles d'implantation au sein des zones d'activité commerciales, sans exclure à terme des mesures normatives imposant l'équipement en panneaux solaires sur certains bâtiments.

Autre segment encore vierge que nous souhaitons explorer : le patrimoine. Nous travaillons avec Stéphane Bern, qui pilote la Mission patrimoine, afin de lancer d'ici à la fin de l'année le premier appel d'offres « énergies renouvelables et patrimoine ». Petite hydroélectricité pour les cours d'eau, tuiles solaires pour les dépendances, méthanisation à partir des exploitations agricoles ou des haras souvent présents sur les domaines... Le développement des énergies propres constitue pour les propriétaires une piste supplémentaire pour diversifier leurs sources de revenus. Pour la première fois, nous travaillons avec les associations patrimoniales qui étaient jusqu'ici plutôt en froid avec les acteurs des énergies renouvelables. Cette collaboration doit permettre de limiter les contentieux.

Enfin nous allons réaliser un énorme travail sur les friches, aussi bien industrielles que militaires, car nous ne voulons pas déroger à notre principe, qui est de ne pas être en conflit d'usage avec les terres agricoles.

Nous allons systématiser ce qui a déjà été fait autour de certaines bases aériennes (comme à Toul, en Meurthe-et-Moselle, Ndlr). Pour des raisons de sécurité, les bases aériennes sont en effet entourées de grandes surfaces de foncier inerte. Ce programme gouvernemental porte autant sur des projets décentralisés que sur de grandes centrales.

Vous avez annoncé les premiers contrats de transition énergétique (CTE), quels seront les prochains ?

Ces contrats n'ont pas seulement un enjeu de transition sociale et de réparation de territoires dévitalisés. Ils doivent aussi permettre d'innover. Bien sûr, ils concernent des territoires tels que ceux où se situent les quatre centrales à charbon métropolitaines qui ont vocation à fermer d'ici à la fin du quinquennat : Cordemais (Loire-Atlantique) et Le Havre (Seine-Maritime) pour les centrales opérées par EDF, Saint-Avold (Moselle) et Gardanne (Bouches-du-Rhône) pour celles du groupe allemand Uniper.

A Aramon (Gard), où EDF a fermé sa centrale au fioul, le CTE concerne un projet de « cleantech valley » qui associe tous les partenaires locaux dans le développement des filières éco-industrielles (énergies et transports propres, chimie verte, économie circulaire, recyclage, etc.).

A Arras, qui se positionne comme territoire-pilote en matière de transition énergétique dans le cadre de la dynamique régionale « rev3 » (troisième révolution industrielle, Ndlr), l'expérimentation porte sur la méthanisation et les bus verts ; autre territoire choisi, la Corrèze, qui mène de front des projets porteurs en matière d'énergies renouvelables et de circuits courts. Dans le nord de la Côte d'Or, un territoire mi-industriel, mi-agricole, cela porte sur les usages agricoles, la mise en œuvre de circuits courts dans les cantines...

Nous sommes encore dans un mode laboratoire. Les territoires identifiés bénéficient d'un accompagnement financier, mais aussi de normes simplifiées et de procédures accélérées.

Pour le moment les contrats de transition énergétique sont financés par des crédits de droit commun, ainsi que, et c'est la nouveauté, par des fonds privés comme c'est le cas avec EDF à Aramon.

Propos recueillis par Dominique Pialot

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a écrit le 07/06/2018 à 20:12 :
Beaucoup d'erreurs et un aveu désarmant :
"le nucléaire a été la meilleure réponse apportée par EDF au pouvoir gaullo-communiste d'après-guerre pour avoir une électricité peu chère". Et bien non, c'est sous Giscard que le programme nucléaire post choc pétrolier a démarré.
"Quand on prend en compte l'ensemble des paramètres cités, il est évident que l'objectif de 50% de nucléaire d'ici 2025 n'était pas réaliste." C'était évident ! Alors comment le pouvoir politique a-t-il pu inscrire l'inverse dans une loi de Transition Énergétique, sourds aux alertes des scientifiques et ingénieurs qui n’arrêtaient pas d'expliquer cette évidence ?
" Le choix des réacteurs fermés dépendra de plusieurs critères, dont le coût des travaux de grand carénage demandés par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour chaque réacteur." Ce n'est pas le ministre ou le sous-ministre qui choisira les réacteurs à fermer, ni d'ailleurs l'ASN qui demande le grand carénage : c'est l'exploitant nucléaire EDF ! Et si la loi impose à EDF de fermer des réacteurs, il choisira lesquels et l'Etat (c'est à dire le contribuable) devra payer pour le manque à gagner.
"On devrait tout de même voir apparaître dans ce quinquennat des applications de stockage significatives grâce au plan hydrogène de Nicolas Hulot et aux travaux sur les batteries." Ce n'est pas Hulot qui déterminera la technologie de stockage de masse de l'électricité, ce sont les chercheurs et les ingénieurs et nul ne sait quand ils trouveront et à quel prix ! Et les batteries, c'est à dire le stockage chimique n'est probablement pas adapté au stockage de masse.
L'idéologie, quand elle guide le politique, peut soit coûter cher, soit conduire dans une impasse, et probablement les deux : l'Allemagne en fait les frais.
a écrit le 06/06/2018 à 15:09 :
La solution est sans doute l'échangeur de chaleur de slip à manivelle, Il y a en plein qui chauffent au pouvoir, cela devrait suffire pour alimenter quelque mètres carrés de délire gouvernemental.
a écrit le 06/06/2018 à 13:44 :
L'ideologie, n'est plus de mise, et je constate que le ministre c'est rendu qu'à 5,5 c€ / kWh, le solaire d'une ferme de 20 millions € d'investissement est 2 fois moins cher que le nucléaire sortant du double EPR de Hinkley Point à 25 milliards €.
Et avec la différence, vous aurez toutes les batteries du monde.
Réponse de le 07/06/2018 à 17:18 :
Ci ils avait que des champ de voltaïque, ou des éoliennes pour avoir de l'électricité cela ne suffirait pas à couvrir la consommation française..?!
Or, EDF vente sont Électricité aussi bien à l’Allemagne, à l’Italie, au Belges, etc, etc.. Et on vous dit qu'ils y en a pas assez pour nous Français, vraiment on nous prend pour des Truffes..!!
En France , rien n'est envisagé pour le développement d'un autre type de Technologie que le nucléaire à base d'uranium enrichie ou plutonium..??
Or il existe << L’Atome Vert>> et oui, c'est déjà un Livre consacré à une technologie peu connue du grand Public mais très prometteuse.. Il s'agit des réacteurs nucléaires au Thorium..!! Le Thorium 232 est plus abondant que l'uranium, on peut l'utiliser à 100% contre quelque pourcents pour l'uranium, et iln'y a pas besoin de l'enrichir.
Et la cerise.. les centrale au Thorium peuvent <<incinérer >> les déchets des centrale à uranium, y compris le plutonium..!!!
a écrit le 06/06/2018 à 11:16 :
Bonjour,
Mon mail s'adresse à Dominique Pialot.
La transition énergétique est bien souvent ramenée à la diminution du nucléaire vs le développement du renouvelable + l'action individuelle sur l'habitation. pour moi il doit reposer sur un trépied, le troisième pied étant le prix final du Kwh en incluant la CSPE.
Jamais un journaliste n'a abordé cette question sous cet angle, pourriez-vous m'indiquer pourquoi?
a écrit le 06/06/2018 à 8:58 :
Vous oubliez juste une chose avec vos pseudo Enr, c'est la stabilisation du réseau d'électricité. Je vous invite à regarder le rapport de E.On Netz qui gère une partie du réseau allemand. Vous allez comprendre pourquoi nos amis britanniques, construisent des Epr, et négocie encore 2 autres.
a écrit le 05/06/2018 à 20:08 :
L'urgence d'aujourd'hui est de sécuriser nos centrales et de produire plus d'électricité afin de pouvoir sortir du véhicule thermique au plus vite. Notre problème est le changement climatique et j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi produire plus de méthane va aider à contenir ce problème vital (gaz à effet de serre 28 fois plus puissant que le CO2 sur 100 ans, plus si on ralonge la durée)...

Dans 30 ans, le solaire, l'éolien et même le nucléaire seront des sources d'électricité obsolètes face à tout ce qui arrive.

L'objectif du gouvernement et à remettre dans le contexte actuel. Faire du bénef pour les riches.
a écrit le 05/06/2018 à 17:56 :
Avant de parler du futur des ENR la première chose est de faire le bilan de la politique de transition énergétique. Réponse :cette politique ne mérite qu'un zéro pointé, à savoir que nous générons plus de CO2 qu'il y a 20 ans lorsque l'on prends en compte le co2 produit en France et le CO2 contenu dans nos importations. Il faut alors se poser la vrai question pourquoi? et établir une politique énergétique qui soit vraiment éfficace. Les politiques devraient arrêter les bavardages creux si ils ne veulent pas ouvrir la porte aux démagogues.
a écrit le 05/06/2018 à 15:34 :
"le nucléaire a été la meilleure réponse apportée par EDF au pouvoir gaullo-communiste d'après-guerre pour avoir une électricité peu chère. " Fallait l'oser celle la, il est bien connu qu'en 1945 la France était sous dictature soviétique.....MDR. Le nucléaire était la meilleure réponse pour obtenir de l'électricité et de l'uranium enrichi ou du plutonium pour la bombe qui garantissait notre indépendance politique. Techniquement parlant c'était la meilleure solution et l'orientation politique n'a rien à voir la dedans. Quant à EDF elle à fait ce qu'on lui a gentiment demandé....Après, si on veut discuter du corps des mines, c'est un autre débat....
a écrit le 05/06/2018 à 13:45 :
L'EPR n'est pas compétitif face aux renouvelables comme le démontre la cour des comptes britannique avec l'éolien offshore devenu 2 fois moins cher et dont les prix continuent de baisser. L'Europe dispose du 1er gisement éolien mondial et la France du 2e gisement éolien terrestre. L'éolien flottant est essentiel vu le marché mondial. La production d'hydrogène devient compétitive et se fait avec plus de 90% de rendement et la méthanation à près de 85% de rendement (projet Helmeth entre autres). L'une permet d'injecter jusqu'à 20% d'hydrogène dans le réseau, l'autre du biométhane sans limite en plus du stockage. L'hydrogène permet de plus d'alimenter les transports poids lourds et il est plus compétitif que les lignes de trains à réseaux électrique et caténaires. La facture annuelle de la France en énergies fossiles est en effet de 56 milliards par an et pour l'Union européenne de 272 milliards d'euros par an. Et seules les renouvelables permettent des prix bas comme les appels d'offres de plus en plus sans subventions en Europe et partout ailleurs le démontrent. Malgré qu'en France nous ayons doublé le coût de départ à cause des longues procédures coûteuses des anti-éoliens qui ont participé à la chute d'Alstom et le transfert des turbines Arabelle vers GE, tant pour le nucléaire que les porte-avions. En plus de la filière H2 et méthanation le solaire thermique et hybride sont les oubliés et pourtant indispensables aussi et on ne manque pas de toitures. Ils devraient être obligatoires en neuf et rénovation comme en Californie permettant rapidement des bâtiments quasi positifs en énergie. Le secteur des vitrages solaires et revêtements de façades solaires sont également un immense marché qui démarre et permet de passer alors largement en positif. Aux Etats-Unis les seules toitures solaires adéquates correspondent à 40% de la consommation électrique et les vitrages un autre 40% soit 80% de la consommation électrique du pays pour le seul solaire PV (calculs de l'univ. du Michigan), donc le modèle électrique centralisé n'est plus adéquat ni efficient face aux avancées technologiques et baisses des prix de plus en plus fortes des renouvelables avec les séries. Et la sécurité n'en est que meilleure.
Réponse de le 05/06/2018 à 15:45 :
l'EPR n'est pas compétitif, OK! mais lorsqu'il débitera 1600MW ca représentera combien d'éoliennes voire de centrales à gaz. Quand aux exemples méfions nous des modèles non transposables par exemple la Norvège bénéficie de nombreux barrages.
Réponse de le 05/06/2018 à 17:03 :
@ André29 : le nucléaire comme les fossiles sont sources de gabegie énergétique. On ne remplace pas un modèle centralisé par un autre pas plus que l'on ne met un moteur électrique très efficient sur un concept de locomotive à vapeur (1600 MW nucléaire avec taux de dispo de 90% au départ c'est 300 éoliennes offshore de 12 MW avec facteur de charge de 40% mais ce n'est pas la meilleure approche). Les renouvelables permettent une multitude de solutions : un bâtiment qui intègre le solaire hybride (PV + thermique) n'a plus besoin de beaucoup d'énergie voire pas du tout, voire il passe positif suivant les surfaces et conso, sinon de stockage local. Un territoire souvent aussi. Donc c'est un ensemble des meilleures approches énergétiques. Beaucoup de territoires et villes produisent déjà plus de 50% de leur consommation voir parfois 100% et plus. Ne manque plus que le stockage type méthanation qui est alors saisonnier. Au plan du réseau européen Entso-e de 39 pays, ce qui est énorme, il y a par ailleurs souvent des excédents et le programme en cours sur 12 ans optimise chaque année ce réseau qui va permettre d'économiser plus de 500 TWh par an en améliorant la sécurité du réseau; c'est un autre angle d'approche. Et il y en a toute une série de ce style. De même dans les transports, on ne va pas remplacer tous les véhicules thermiques individuels par des électriques, ce serait un gâchis total et çà ne résoudrait ni les embouteillages ni les problèmes de ressources (70% des parisiens n'ont plus de voitures). On va optimiser les véhicules (plus légers etc), augmenter la location à la demande (type Uber mais au mois comme çà se développe en plus de l'auto-partage etc), mettre des navettes, des bus a supercondensateurs et recharges ultra-rapides comme on a commencé de le faire et qui sont les plus efficients en urbain et péri-urbain etc. En bord de mer où une part importante de gens vivent (plus de 40% en France), on fait de la géothermie marine comme çà se développe (Thassalia etc) ou via les fleuves (comme à Paris avec la Seine et dans une moindre mesure les échangeurs avec les égouts dont par exemple le réseau parisien est immense. La pyrolyse gazéification permet un bien meilleur bilan et traitement notamment des déchets (meilleur rendement, quasiment pas de de polluants émis, production de biométhane injectable au réseau, d'électricité, de chaleur, valorisation de produits antérieurement polluants : exemple les agglomérés - 11 millions de tonnes chaque année en Europe - en pyrolyse gazéification sont ensuite valorisables via le sous produit charbon dépollué dans plusieurs domaines comme le fait entre autres Act&Sorb). Tout comme on a progressé dans la miniaturisation et capacités informatiques, on adopte une approche assez similaire d'optimisation dans l'énergie, ses usages et modes d'exploitation, même si dans certains secteurs les consommations augmentent. Mais faire du nucléaire c'est comme produire du pétrole ou du gaz, c'est être assuré de ne pas progresser en énergie comme la plupart des pays producteurs de pétrole/gaz et gaspiller comme çà s'est passé en France jusqu'à présent, avec une efficacité énergétique modeste et des pics de consommation qui nous sont propres (thermosensibilité record de 40% pour la France en Europe). Quant au biogaz dont vous parliez plus bas, il y a moins de problèmes à épandre après la méthanisation, surtout quand l'électrolyse est couplée au processus, améliorant le rendement et bilan pour les plus importantes installations, que d'importer de la potasse et phosphates/phospore désormais systématiquement contaminés et durablement radioactifs dans les champs (donc les cultures) puisque exploités en fonds de mines alors qu'ils commencent à manquer, ou encore répandre des déchets agricoles et autres en vrac comme auparavant. On a relevé au départ des problèmes de tris mécaniques qui ont été écartés mais pas de problèmes agronomiques polluants spécifique dans l'épandage très mesuré des digestats "hygiénisés (forte réductions des pathogènes initiaux) ou transformés en granulés à haut pouvoir fertilisants.
a écrit le 05/06/2018 à 13:16 :
"Par exemple, les magasins de la grande distribution, qui disposent de surfaces importantes et dont les horaires de consommation (pour le froid et la climatisation, ndlr) coïncident avec la production solaire, etc ..." : ah ben ça y est, on a quand même mis du temps à s'en rendre compte. D'autant que pour ce qui est de la surface libre, il n'y a pas que leur toit, mais aussi leurs gigantesques parkings !!
a écrit le 05/06/2018 à 12:40 :
Ras le bol de ces ecolos bobos du gouvernement qui refusent le progrès pas pour eux mais pour les autres.
Eb annulant NDDL ét en étant aux petits soins pour les Zadistes.
a écrit le 05/06/2018 à 12:33 :
Cette politique antinucléaire et pro éolien/PV ne fait pas baisser les émissions de CO2 (au contraire), elle détériore notre sécurité d’approvisionnement, elle renchérit les coûts de notre électricité, elle détériore notre balance commerciale et l’emploi en France.

Elle est inefficace, mais populaire (tant que ses effets ne sont pas encore trop visibles).
Réponse de le 06/06/2018 à 13:39 :
Fermer les centrales nucléaire construites avec des normes des années 70 quand elle arrivent en fin de vie c'est etre anti-nucléaire ?
ALors je me rejouis que ce gouvernement le soit, et je souhaite qu'il le soit plus encore.
a écrit le 05/06/2018 à 9:35 :
Il serait plus que temps de quitter les déclarations d’intentions et le mode laboratoire. Nous observons une tendance de consommation accrue d’électricité (bagnole, serveur, industrie, confort, etc.) alors que la politique de production en masse de cette électricité se fait cruellement attendre. Pour le nucléaire actuel, à la cadence d’un réacteur, il faudrait 58 ans pour tous les stopper. Ensuite, le nucléaire est pluriel, il existe aussi peu de ressemblance entre le RBMK de Tchernobyl et le PWR de Three Mile Island qu’entre une carpe et un lion. En France nous avons dans un passé révolu développé la filière dite à neutrons rapide (phénix), en outre la filière à sels de thorium semble porteuse d’espoirs, L’EPR sera aussi un bon réacteur alors que le démonstrateur ITER (fusion) ne sera pas hélas au rendez-vous. Quant aux énergies renouvelables soyons sérieux et cessons de communiquer autour du génial parc éolien qui alimente un nombre considérable de foyers (lorsqu’il y a du vent), nos 4000 moulins à vent produisent actuellement environ 5 % de l’électricité consommée (13 % pour les barrages), c’est un fait. La Cour Des Comptes (la Tribune 19/04/18) nous rappelle que nos 6 parcs éoliens offshore en chantier coûterons 40 milliards pour 2 % du mix énergétique et un tarif monstrueux de 190 €/MWh ce n’est pas une politique mais un suicide. Hélas, si nous voulons une électricité de masse il faut regarder en face l’énergie nucléaire. Quant à la méthanisation, merci de ne plus épandre les sous produits sur les terres cultivables qui n'en peuvent plus de recevoir des déchets.
Réponse de le 05/06/2018 à 15:20 :
Aujoutd'hui je ne crois absolument pas à l'éolien comme source majeure, en plus c'est laid et bruyant.
Réponse de le 06/06/2018 à 13:42 :
Faux, notre consommation électrique augmente de 0 à 0,5% par an, largement compensée par l'arrivée des EnR.

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