"La PPE ne rouvre pas le débat sur la politique énergétique française"

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Pour Arnaud leroy, président de l'Ademe, le débat sur la PPE ne doit pas remettre en cause la politique gravée dans la loi de transition énergétique.
Pour Arnaud leroy, président de l'Ademe, le débat sur la PPE ne doit pas remettre en cause la politique gravée dans la loi de transition énergétique. (Crédits : Reuters)
Présentant la contribution de l’Ademe, son nouveau président Arnaud Leroy a tenu à ramener le débat en cours sur la programmation pluriannuelle de l’énergie à un simple instrument de trajectoire ayant vocation à donner des signaux clairs aux différentes filières. Pour lui, il n’est pas question de rouvrir le débat sur la politique énergétique française, gravée dans la loi.

Les préconisations de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, développées dans son cahier d'acteur porté au débat en cours sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) sont simples : réduire de 30% la consommation nationale d'énergie entre 2016 et 2035, et multiplier par deux la part des énergies renouvelables entre 2016 et 2028, en augmentant leur production de 70%, pour la porter de 290 Térawattheures (TWh) aujourd'hui à 490 TWh. Ces 200 TWh supplémentaires proviendront essentiellement de cinq sources : l'éolien (de 25,5 à 28 gigawatts installés en 2028), le solaire photovoltaïque (de 27 à 30 GW), le bois énergie (+ 28 TWh entre 2016 et 2028), la méthanisation (+ 27 TWh) et les pompes à chaleur. Son directeur général Fabrice Boissier a rappelé que toutes les énergies renouvelables sont désormais compétitives face aux énergies fossiles, et le deviendront de plus en plus au vu de la tendance à la hausse qui se dessine et de la trajectoire pour la contribution énergie climat établie pour les prochaines années.

Cette contribution s'inscrit dans le cadre du débat sur la PPE pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028, que le gouvernement doit présenter en juillet avant un texte définitif prévu à la fin de l'année.

Jusqu'à 340.000 emplois en 2035

Mais Arnaud Leroy, qui préside l'agence depuis deux mois, a particulièrement insisté sur la nécessité d'abaisser la consommation, en agissant essentiellement sur l'efficacité énergétique dans le bâtiment (logement et tertiaire), l'industrie et les transports.

D'autant plus que, selon tous les scénarii macroéconomiques étudiés par l'Ademe, la conjonction d'une baisse de la consommation et d'un développement accéléré des énergies renouvelables se traduit par de la création d'emplois - jusqu'à 340.000 à l'horizon 2035, pour la plupart, non délocalisables - une amélioration de la balance commerciale française et une hausse du revenu disponible pour les particuliers.

En outre, cela favorise le développement économique de tous les territoires, ce qui est également l'un des points saillants des recommandations de l'Ademe. Au-delà d'une réalité macroéconomique positive, ses responsables soulignent la nécessité de bénéfices profitables à tous, aussi bien en ce qui concerne les particuliers que les régions (y compris les DOM-TOM). Il s'agit en effet de favoriser une certaine péréquation entre les territoires « pour que cette transition soit effectivement solidaire », comme le proclame la dénomination du ministère et pour éviter les risques de décrochages de certaines zones rurales ou de petites villes. Mais aussi pour limiter les inégalités, notamment en termes de précarité énergétique.

Le débat sur la politique énergétique est derrière nous

Concernant le solaire, l'Ademe met en garde contre la fixation de critères d'appels d'offres favorisant les grandes installations - et les grands acteurs, à commencer par EDF et son plan solaire de 30 GW programmé entre 2020 et 2035 - au détriment des plus petits.

Dans ce cadre, la PPE a vocation à donner « des signaux économiques clairs » et de « la visibilité » aux filières des différentes énergies. Mais pas à rouvrir un débat sur la politique énergétique française. « Il ne faut pas se tromper de focale. Ce débat-là a déjà eu lieu en 2012, il est clos », a insisté Arnaud Leroy.

Reconnaissant que certains ont voulu profiter du report (annoncé par Nicolas Hulot en novembre dernier) de l'échéance de 50% de nucléaire dans le mix électrique pour « relancer le match », il insiste :

« À ma connaissance, la position du gouvernement, c'est "la loi, rien que la loi", et il n'est pas prévu de la modifier. »

Par ailleurs, on peut regretter que ce débat (sur la PPE) ait lieu sans que l'on ait connaissance du rapport de l'ASN détaillant les coûts du grand carénage. Estimés, selon les sources, entre 45 milliards d'euros (entre 2014 et 2025 pour EDF), et 100 milliards d'euros (entre 2014 et 2033 pour la Cour des comptes), ces coûts pourraient en effet aider à dessiner la trajectoire des prochaines années. Mais ce rapport de l'ASN, qui implique de nombreux échanges avec l'opérateur, ne sera connu qu'en 2020.

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a écrit le 25/05/2018 à 15:31 :
bjr
Georges Pérec s'est rendu célèbre entre autre pour son livre sans E, "la disparition"
l'ADEME devrait passer à la postérité pour avoir su rédiger un rapport sur l'énergie en France sans employer le mot nucléaire Splendide
A mon avis les rapporteurs sont en place pour un moment, et mériteraient une augmentation
bravo tous
a écrit le 25/05/2018 à 0:09 :
Le nucléaire pour Réduire drastiquement et à temps la combustion.
C’est lamentable, l’ADEME, non seulement ne dément pas ces erreurs passées, mais continue dans sa pensée dogmatique à poursuivre sur l’exemple Allemand qui s’avère un échec sur le climat, mais pas seulement. L’ennui c’est qu’il est question de fonctionnaires desquels on attend des réactions sur les faits qu’ils doivent communiquer, et non sur les enquêtes d’opinion. La catastrophe est annoncée.
C’est errements sont pointés par :
-l’académie de sciences
- le sénat,
- la cour des comptes
- des associations des travailleurs des filières énergétiques
Trop facile de vouloir enfermer le débat de l’énergie dans la loi de 2012 à charge contre le nucléaire pour des raisons purement politiques et pour faire plaisir au Allemands qui nous spolient. Un obus dans le pied comme nous allons le voir. L’urgence c’est la lute cintre la combustion pour l’humanité et les recommandations de l’ONU sont de favoriser les ENR ou même le nucléaire pour décarboner la fabrication de l’électricité.
Un seul exemple : la RT2012 a développé le gaz au détriment de l’électricité décarbonée.
La France consomme 152 Mtep sur son territoire en énergie finale mais ses besoins énergétiques seraient augmentés de 35% si toute les importations été rapatriées.
La production de cette énergie est carbonée à 72 %, grâce au nucléaire contre 85% pour le monde, l’impact estimé est de 5t co²/hab, moyenne mondiale, 7 avec les importations. C’est deux fois moins que l’Allemagne 4 fois moins que l’Amérique du Nord.
La consommation mondiale d’énergie n’a cessé de croitre régulièrement, elle est corrélée fortement avec la croissance du PIB , elle est de l’ordre de 100 fois la France.
C’est le gaz qui à en 40 ans de façon linéaire a doublé et continue son évolution, le charbon au même niveau mais de manière plus chaotique, ces dernières années il semble se stabiliser. Il en est de même du co² émis.
En France l’énergie finale a commencé à décroitre : entre 2002 et 2014, par la stabilisation des besoins énergétiques résidentiels (70Mtep) et transport (50Mtep) mais surtout la chute régulière de l’industrie passant de 40à30Mtep.
Mark Lynas environnementaliste anglais reconnu, dans son ouvrage « Six degrés que va t-il se passer » Dunod 2008, définit le concept de coin= 1 Gt de co² (3300Twh en gaz) de moins en 2055 : c’est aujourd’hui 2Millions d’éoliennes de 1Mw, (plus de la moitié du territoire Français), ou deux fois plus pour produire de l’H² en remplacement du carburant pour les voitures ou 700 centrales nucléaires de 1000Mw pour remplacer les centrales à charbon.
…il faudrait 7 coins pour stabiliser nos émissions en 2055. L’enjeu est pharaonique.
Sur ces bases, la contribution de la France serait de l’ordre de 440Twh soit sensiblement l’équivalent de 85% de notre production actuelle d’électricité.500Twh si l’on tient compte de l’impact de nos produits importés.
A ce point il est crucial d’ajouter les effets de la pollution de l’air et de l’eau, complètement oubliée dans ce débat, cela n’est pas une enquête d’opinion c’est la vie de notre quotidien.
Selon l’OMS se sont 8 Millions de morts / an, 20000/j. Quatre fois les accidents de transport, de l’ordre aussi des méfaits du tabac.
C’est principalement dus aux déchets de la combustion, qui sont rejetés à l’encan dans l’atmosphère et agressent au quotidien tous les citoyens. En plus des morts il y a les maladies chroniques qui envahissent nos hôpitaux par centaine de milliers pas seulement les poumons mais les accidents cardiaques.
L’OMS montre 48000 morts par an en France de la pollution de l’air, sur les mêmes données l’Allemagne est 30% plus élevée à population égale.
Le nucléaire c’est en France Zéro morts en quarante ans d’exploitation, dans le monde selon OMS, c’est 10000 morts/an y compris les suites de Tchernobyl, sur les 20000 morts de Fukushima, moins de 5 seront attribués au nucléaire. 8millions, 10000.
Selon l’étude internationale de A.KAPECHA et J. HANSEN, le nucléaire civil aurait évité 1.8 morts sur la planète soit pour la France 300 000 en quarante ans.
Les déchets nucléaires, sont autrement plus identifiés gérés, traités et financés que ceux de la combustion, et à l’allure ou va le monde, la combustion fera disparaître l’humanité bien avant les problèmes de stockage a vie longue des déchets ultimes tout en ayant pris sa commission annuelle. Le scénario 6 degré est probable.
La croissance démographique et la volonté d’accéder au mieux vivant, même en France s’accompagneront d’énergie.
Il est donc impératif de supprimer autant que possible la combustion et pas seulement sur notre territoire.
Dans la connaissance technologique d’aujourd’hui, l’électricité est le levier majeur dans l’urgence, bien sur qu’il ne faut pas se priver : des économies rentables, du solaire thermique notamment en résidentiel, la récupération des chaleurs fatales y compris de celles du nucléaire, des pompes a chaleur….
Cependant concernant les Enri électriques raccordées au réseau Français c’est la catastrophe annoncée à tous les points de vue tant qu’il n’y a pas d’émergence de solution de stockage massif et rentable de l’électricité ce n’est pas une priorité pour notre pays. L’intégration de nouveaux équipements ENRi sur le réseau Français comme sur le réseau Européen ne peut plus se faire sans une contre partie en équipement carboné comme le montre l’Allemagne, comme le montre la France qui tourne encore à 10% de production électrique issue du gaz, Fioul Charbon en plus du réglage possible par l’hydraulique.
L’exemple Allemand est là, 400Md€ d’investissement pour une puissance installées de 1.5 fois le nucléaire français pour tourner à 50% au lignite, gaz ….. un prix HT de l’électricité deux fois plus que celui de la France, une déstabilisation du réseau Européen en terme de sécurité en s’appuyant sur ses voisins, la mise en place du marché Européen de l’électricité faisant payer l’addition et les contraintes techniques notamment à la France.
Climat : zéro pointé. Mais indépendance énergétique assurée pour l’Allemagne.
La France est fauchée, avec peu de ressources énergétiques. Le temps presse, l’urgence n’est pas d’investir 8Md€ par an dans des contrats Enri qui au final demanderont de s’équiper à toute hâte en centrale gaz pour compenser l’intermittence ou de détruire un outil industriel qui fait ses preuves et dont on aura besoin pour atténuer sans délais la combustion : le fioul, charbon les carburants et le gaz.
La préservation de l’outil actuel nucléaire, à 60 ans ne pose pas de problème technique majeur (Ex : US, SUEDE, Suisse…) et sera financé dans les prix actuels de l’électricité par les clients. Comme à son habitude c’est EDF qui empreinte et rembourse, ce n’est pas l’Etat, donc le contribuable est encore épargné. Pendant 25 ans le prix de l’électricité est resté à Franc constant égal alors que le cout de la vie à progressé de 66% en payant le nucléaire et l’état à raison de 1à 4Md€/an.
Depuis la dérégulation accompagnée des subventions aux ENRi entre 2007 et 20 14 l’électricité à doublé, l’inflation à 14%, le gaz +30% les matières premières +0.3%.L’Etat à pris 5Md€ de dette envers Edf pour cause de CSPE non remboursée….une empreinte carbone qui se relève d’ou la suite connue.
On est à l’opposé des fondamentaux de l’Europe,
Le cout du grand carénage n’aura pas de répercutions sur les dettes d’état, et sera payé par les consommateurs à prix sensiblement actuel.
La remarque est très intéressante, en prenant un cout pour l’exemple rehaussé à 50€/Mwh, en comparant les six contrats sur 20 ans des 3000Mw éolien offshore et la prolongation de Fessenheim sur la même durée ( dans les deux cas l’investissement sera amorti) l’adition est hallucinante : il en coutera au contribuables et consommateurs + 35Md€ et 10 Md€ en moins de retour de taxes et impôts, et moins 1000 emplois payés pour une empreinte CO² plus importante et une fragilisation des investissements dans les usines de base. Faux dans tous les domaines.
Espérons que le bon sens l’emporte, que toutes les informations et conséquences d’utilisation des diverses énergies soient bien connues, rien n’est gratuit, ni le pétrole, ni le vent, ni le soleil….il y a toujours contre partie, évitons le piège du dogmatisme malfaisant à la Française bien pointé par James Lavelock.
N’en déplaise à Mme Pompili, le nucléaire est bien plus résistant que n’importe quelle autre énergie (on ne va pas citer d’exemples) face aux agressions diverses et ne cesse de progresser, mais le risque zéro n’existe pas. Cependant les conséquences d’un accident ne cessent de faire l’objet d’un perpétuel retour d’expérience.
Toute l’attention de l’exploitant doit être maintenue à haut niveau, et transmise, ce qui ce fait sous le regard vigilent de notre ASN, parfois pointilleuse, mais dont l’indépendance et les compétences avec les services associés sont hautement reconnue à l’international. MALCOM GRIMSTON, de l’institut Chatham Royall de Londres « il est notoire que l’exploitation du nucléaire pour faire de l’électricité est l’une des technologies les plus sures ».
Vous l’avez compris, pour moi il n’y a aucun doute, il est question de développer la puissance électrique pour minimiser la combustion.
Tous les scénarios : fusion, capture de co², l’hydrogène, batterie Lithium, batteries a sels liquides, biomasse…., économies d’énergie ne sont pas prêts à aboutir et hors temps loin du niveau envisagé.
Maintenir le parc nucléaire actuel le plus longtemps possible, développer des installations nouvelles sur notre territoire dés maintenant (EPR ou autre mini réacteurs) pour anticiper le remplacement des installations arrivant à 60 ans, si possible mettre en chantier du stockage hydraulique ( délais de 10 ans au moins) . Sans stockage il est illusoire de développer plus avant les ENRi en électricité, le nucléaire peut nous fournir une électricité décarbonée abondante, réglable, en toute sureté, en utilisant 400 fois moins de territoire que les ENR, apte à prendre le relais efficacement des énergies issues de la combustion ayant des densités d’énergie équivalente.
Il ne sera pas de trop le prolongement à 60 ans de la totalité du parc ancien, c’est du temps qu’il convient de gagner afin de préparer, les infrastructures et les techniques nécessaires à la mutation de notre mix énergétique sans flamme. L’action devient immédiate pour la santé et sans délais pour le climat.
a écrit le 23/05/2018 à 16:49 :
On ne peut que dénoncer le rôle paralysant de l'Ademe qui avec tous ses règlements technocratiques et critéres obsolètes, ne tient pas compte de ce qu'il est possible techniquement de faire pour arriver à produire d'ici moins de cinq ans des KWh à moins de 0.03€ et ceci avec des durées d'amortissement au moins trois fois plus courtes que celles plus couramment utilisées et qui seraient alors davantage compatibles avec les habitudes courantes du monde financier.
Ce faisant il faut d'abord dénoncer chez les acteurs du monde des énergies renouvelables, le fait que l'on ne veuille pas beaucoup s'intéresser au moyens avec lesquels on peut rapidement y parvenir et qui ne tiennent pas suffisamment compte de l'évolution plus rapide des technologies disponibles que l'on peut utiliser ou que l'on peut rapidement développer, ni de s'intéresser davantage aux méthodes de gestions plus modernes avec lesquels on associe plus étroitement et avec réalisme et en temps réel l'engineering pratique et la R&D appliquée plus avancée aux négociations commerciales pour installer de nouveaux moyens de production d'énergie renouvelable. Et ceci avec des business modeles qui sont depuis longtemps couramment utilisés dans le monde de l'engineering des équipements sous vide et de réalisation de materiaux en couches minces et nanométriques.
Rappelons que ce qui freine le plus la transition énergétique( il n'y a pas que le problème de l'intermittence et du stockage et de l'organisation de la distribution) ce sont les coûts de production encore trop élevés. Mais qui peuvent encore être divisés par deux à tres court terme, en y associant plusieurs nouvelles technologies qui permettent de mieux collecter l'énergie sur l'année, d'augmenter la durabilité des équipements, de réduire les coûts d'installation et de réduire de maniére significative les coûts de la maintenance des équipements.
Des choses pour lesquelles il faut aussi associer plus étroitement l'analyse financière et marketing, les développements scientifiques plus avancés et plus récents avec l'action commerciale du terrain.
Apparemment c'est encore trop demander aux divers mondes administratifs, financiers, commerciaux, techniques et scientifiques, quand bien même que ce sont des méthodes de gestions que l'on a dejà commencé à utiliser ça et là pour des applications analogues avec succes.
Réponse de le 24/05/2018 à 22:04 :
En résumé des fonctionnaires académiciens ou assimilés sans liens au réel. C'est aussi assez drole que le monsieur le professeur oublie dans les énergies renouvelables l'hydrauliqure, qui pour l'instant représente la majorité des ENR, mais on l'accorde non augmentable. Jusqu'ici, et à part le bois, l'éolien et le solaire sont négligeables. J'ai adoré aussi l'ajout des pompes à chaleur dans le 'renouvelable'. D'accord, alors c'est le renouvelable 'nucléaire' pour l'instant.
a écrit le 23/05/2018 à 14:54 :
Bravo, tout est dit.
Le problème c'est que tout cela fut analysé, planifié et programmé depuis longtemps et qu'il y a des freins au changement et que le n’importe quoi en termes du déploiement des ENR persiste. Alors que l'on est déjà en retard par rapport aux engagements et que l’échéance approche, on fait comme si les gaspillages étaient supportables, les centrales nucléaires étaient éternelles, la concurrence n'existait pas, etc... on a même droit à des défenseurs de centrales au charbon.
On ne peut changer de modèle du jour au lendemain, mais là on est englués dans l’immobilisme et le psychorigide. Il faut tenir compte de deux changements contextuels ou macroéconomiques ; le développement de la concurrence et la compétitivité des énergies renouvelables (https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/les-energies-renouvelables-bientot-toutes-competitives-selon-une-etude-764545.html). Dans l’avenir, l’usage du gaz et des « low carbon fuels » fera partie des compromis et apportera de la souplesse aux systèmes.

Décentralisé et concurrentiel ou centralisé et oligopolistique, quel que soit le modèle choisi on sera confrontés au coût du nucléaire, à son risque intrinsèque et aux erreurs de gestion. On peut lire deux avis sur le sujet :
http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2016/04/22/31007-20160422ARTFIG00305-nucleaire-francais-histoire-d-un-scandale-d-etat.php )
http://www.liberation.fr/terre/2015/06/02/pour_1321715
C’est le comble, puisque autant la dissuasion dissuade, autant les approximations de gestion et l’éparpillement de la filière font peser des risques inutiles. 100 Milliards ce n'est pas rien à intégrer dans les prix du Kwh, sauf si "l’Etat providence" (concept vague dont il faut parfois préciser les limites : http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/protection-sociale/definition/qu-est-ce-que-etat-providence.html) prend en charge, à ce propos on pourrait supposer que les programmes initiaux des années 70 avaient prévu l’inverse, mais nous voila devant le fait accompli.
Bref, il serait urgent de réduire le nombre de centrales en activité et de les sécuriser. On pourrait aussi les remplacer par de nouvelles centrales mais elles sont plus chères et cela ne résout en rien le problème principal : les prix et les services seront ils suffisamment compétitifs pour préserver l’équilibre économique pour les 50 prochaines décennies ? Si la réponse n’est pas assurée, autant faire des investissements moindres et aller au plus simple.

Les perspectives d’investissements mondiaux par type d’énergie analysées dans le rapport de l’IEA sont parlantes : https://www.iea.org/weo2017/

L’énergie la moins chère étant toujours celle que l’on ne consomme pas.
a écrit le 23/05/2018 à 12:50 :
L’ADEME défend une nouvelle fois une stratégie portée par l’idéologie écolo, bien qu’elle fasse partout la preuve de son échec écologique, économique, industriel et géopolitique.

L’aveuglement dans toute sa splendeur. Dommage juste qu’elle vienne d’un organisme sensé porter le choix rationnel
Réponse de le 23/05/2018 à 13:23 :
Pour être plus précis : Dans tous les pays ne bénéficiant pas de conditions exceptionnelles (60% d’hydraulique, 100% d’interconnexion avec les voisins...), le déploiement massif du solaire et/ou de l’éolien ne fait pas ou quasiment pas baisser les émissions de CO2, fait exploser les coûts, et (sauf la Chine qui rafle la mise) détériore le solde exportateur de l’industrie électrique.
Réponse de le 23/05/2018 à 13:27 :
Et comme toujours on en revient au même problème : l’intermittence de ces deux énergies, qui les rende fondamentalement inefficaces pour l’approvisionnement électrique d’un pays, et qu’il l’oblige à se suréquiper en moyen de production pour assurer la sécurité d’approvisionnement.
a écrit le 23/05/2018 à 11:47 :
Oui ce Directeur obéit à la politique libérale mondialiste actuelle.
Pourquoi par exemple vouloir du solaire individuel qui revient cher pour le budget des particuliers et non construire des centrales solaires ou éoliennes (puisqu'on parle aussi de l'éolien), collectives et gouvernementales.
De plus, Il évite de se poser des questions du genre :la voiture électrique va-t-elle accroître la consommation d'électricité en France, comment y faire face? Idem pour le secteur de la robotisation qui démarre .
Il ne regarde pas non plus les projets américains de mini centrales nucléaires à fusion froide,( Lockheed Martin) qui apporteront certainement une vraie solution énergétique d'avenir.
Sur le fond, je me demande vraiment à quoi sert l'Ademe, à part présenter une philosophie de développement écologique passéiste à des communes qui dépenseront probablement plus et mal comme par exemple pour la réalisation d'éoliennes dans un département comme le Jura où il n'y a pas de vent.
a écrit le 23/05/2018 à 7:37 :
Il faut appliquer la note n°6 du conseil d'analyse économique, avec une allocation universelle pour respecter l'équité. Mais qui peut le comprendre?
a écrit le 22/05/2018 à 23:37 :
Décidément les politiques ne comprennent rien à l’énergie, notre électricité ne produit que 11 % de CO2, or il faudra faire appel au gaz ou charbon, les nuits sans vent !! Notre nucléaire évite l’importation de 40 milliards d’euros de fossiles par an s’il n’existait pas, donc le grand carénage coute 1 ou 2 ans d’importation de fossiles pour un prolongement de 10 à 20 ans du nucléaire. Personne ne parle mot du financement, de la dépense énergétique pour l’installation de cette transition électrique ainsi que son rendement EROI (energy returned on energy invested)
Exemple, l´Espagne a 20.000MW d’éolien et a dû installer 15.000MW au gaz et grâce à cela importe pour 6 milliards d’euros de gaz pour compenser l´intermittence, résultat fin des subventions dans les renouvelables. Le Japon importe presque tous ses combustibles fossiles. En raison de l'utilisation accrue de combustibles fossiles et de la hausse des prix internationaux du pétrole au cours des dernières années, le Japon a dépensé 60% de plus pour les importations de combustibles fossiles en 2013 par rapport à 2010, une augmentation de 270 milliards de dollars sur trois ans. Cela a inversé l'excédent commercial du Japon et a créé un creusement du déficit commercial. Les électriciens ont transférés une partie du coût élevé de la production d'électricité pour les consommateurs, et les prix ont augmenté d'au moins 20%. Retour au nucléaire. Le Danemark exporte quand il y a du vent son surplus pour les STEP de la Norvège à un prix dérisoire et le rachète au prix fort durant les périodes sans vent. Le Danemark subventionne l´électricité de la Norvège. Fin des investissements. Au XIX siècle les moulins à vent ont été remplacés par la machine à vapeur pour éliminer l´intermittence, aujourd’hui nous y revenons, les leçons de l´histoire ne servent à rien.
Notre agriculture émet 20 % des gaz à effet de serre, rien à dire ????
http://huet.blog.lemonde.fr/2018/04/19/la-cour-des-comptes-alerte-sur-le-cout-des-enr/
Réponse de le 23/05/2018 à 9:05 :
Avis conforme, se sont les gaziers qui parlent le mieux de l'éolien. En France quelque 4000 moulins à vent ne produisent que 5% de l'électricité consommée et souvent le chiffre de l'électricité renouvelable est parasité par celui de la production hydraulique (barrages) environ 13%. Si il y a bien une chose qui mérite de rester sous pilotage étatique c'est bien la production d'électricité. En outre il serait temps de définir une politique de renouvellement de nos quelque 58 réacteurs nucléaires. Quant à la méthanisation, que l'on cesse d'épandre les sous produits sur les terres qui parfois n'en peuvent plus.

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