Énergies renouvelables : la Cour des comptes pointe l’inefficience des politiques de soutien

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L'éolien offshore symbolise les dysfonctionnements pointés par la Cour des comptes dans les politiques de soutien aux énergies renouvelables.
L'éolien offshore symbolise les dysfonctionnements pointés par la Cour des comptes dans les politiques de soutien aux énergies renouvelables. (Crédits : Reuters)
En pleine révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un rapport de la Cour des comptes, rendu public le 18 avril, relève le coût et surtout l’inefficacité du soutien public aux énergies vertes, que ce soit pour atteindre les objectifs nationaux ou pour développer des filières industrielles nationales. Les sages de la rue Cambon préconisent plus de transparence et plus de concertation, notamment avec le Parlement.

De 9,2% en 2005, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français est passée à 15,7% en 2016. Sans être anecdotique, cette progression reste insuffisante pour mettre la France sur la trajectoire qui doit lui permettre d'atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés, d'abord dans la transposition d'une directive européenne puis dans le cadre de la loi pour la transition énergétique et la croissance verte. Il est de notoriété publique que les 23% prévus pour 2020 ne seront pas atteints, et il faudrait un sérieux coup d'accélérateur pour respecter les 32% en 2030.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir beaucoup dépensé. Trop selon la Cour des comptes. Et surtout mal. Depuis l'instauration des tarifs d'obligation d'achat en 2005, ce sont 5,3 milliards d'euros qui ont été dépensés en 2016, un montant qui passera à 7,5 milliards en 2023 si rien ne change.

Les deux-tiers des dépenses engagées avant 2011

L'essentiel des dépenses aujourd'hui engagées l'a été avant 2011, date du moratoire imposé aux tarifs de rachat dans le solaire. Depuis, les appels d'offres remplacent peu à peu les tarifs d'achat, et les prix se rapprochent petit à petit des prix de marché. Comme l'a rappelé le Syndicat des énergies renouvelables (SER) en réaction à ce rapport, les investissements consentis dans les premières années ont permis d'importants progrès et baisses de prix. Les derniers appels d'offres ont en effet été remportés à 55 euros/MWh pour le solaire et 65 euros/MWh pour l'éolien terrestre.

« Il convient de noter qu'à partir de 2025, le "poids des engagements antérieurs" commencera à diminuer », a souligné Jean-Louis bal, président du le Syndicat des énergies renouvelables (SER), auditionné le 18 avril par la Commission des finances du Sénat.

En plus de résultats globalement insatisfaisants en termes de volumes installés, ces dépenses ont été faites de façon très déséquilibrée. Ainsi, alors qu'elles représentent 60% de la production française, les EnR thermiques n'ont bénéficié que d'un dixième des subventions distribuées, quand l'électricité en mobilisait les neuf-dixièmes. À lui seul, le solaire photovoltaïque devrait absorber 2 milliards d'euros par an d'ici à 2030, alors qu'il ne représente que 0,7% du mix énergétique français.

En réaction, SER s'est réjoui d'un constat qu'il partage et a réitéré, « sa demande de doubler le Fonds chaleur pour porter la part de la chaleur renouvelable de 20% à 38% d'ici à 2030, conformément aux objectifs fixés par la Loi de transition énergétique. »

Aucun industriel national champion des énergies vertes

La Cour déplore en outre qu'en dépit des sommes englouties par les énergies vertes, la France ne soit parvenue à faire naître aucun grand champion national dans aucune des technologies explorées.

L'éolien offshore est l'archétype de ces dysfonctionnements. Aux tarifs accordés en 2012 et 2014, les six parcs d'ores et déjà attribués au large des côtes françaises devraient coûter 2 milliards d'euros par an sur 20 ans, soit un montant total de 40,7 milliards, pour une part de 2% du mix énergétique. Alors que les parcs ne verront pas le jour avant 2020 ou 2021, ces tarifs (de 190 euros/MWh en moyenne) apparaissent aujourd'hui exorbitants au regard des prix proposés ces derniers mois par les développeurs de nouveaux projets en mer du Nord.

Les lauréats de ces premiers appels d'offres français (EDF, Engie, mais aussi Iberdrola et WPD) ont beau justifier cet écart par la progression des technologies dans l'intervalle et des situations géographiques incomparables, une partie du surcoût est liée aux exigences des pouvoirs publics en termes de création d'emplois et de valeur sur le sol français. Las ! Depuis, les deux principaux fabricants d'éoliennes ont soit, pour Alstom, été racheté par un groupe étranger (GE, qui en l'espèce honore pour l'heure les engagements pris à l'époque par le français) soit, pour Areva, disparu totalement de cette industrie après son absorption par Gamesa ensuite marié à Siemens.

L'État essaie d'ailleurs de renégocier les tarifs, y compris en faisant planer la menace d'une annulation pure et simple des projets et le lancement d'un nouvel appel d'offres. Ce fiasco est également lié aux délais nécessaires à l'obtention des différentes autorisations nécessaires et aux nombreux recours déposés contre les projets, un sport dans lequel la France excelle.

D'où la proposition de la rue Cambon de simplifier et d'accélérer les procédures d'appels d'offres et d'autorisations administratives ainsi que les procédures de recours.

Mieux associer le Parlement

Tout en reconnaissant la nécessité de soutenir les énergies renouvelables, d'autant plus en période baissière sur le pétrole et les énergies fossiles, et en saluant la réforme de la contribution au service public de l'électricité (CSPE) et la création du CAS (compte d'affectation spécial), la Cour des comptes suggère plus de transparence et de coordination sur l'élaboration de la politique énergétique française et de son coût, et notamment d'y associer le Parlement.

Regrettant que la définition de la politique énergétique française relève aujourd'hui de la seule Direction de l'énergie et du climat (DGEC) du ministère de l'Énergie, le rapport suggère, par exemple, la création d'un comité regroupant l'ensemble des parties prenantes concernées, sur le modèle du Conseil d'orientation des retraites (COR), et la création d'une instance interministérielle associant notamment la recherche et l'industrie, une proposition à laquelle le Premier ministre se serait montré réceptif.

Il recommande également que soient publiés les coûts et des prix de production de toutes les composantes du mix énergétique ainsi que leur évolution, et insiste pour que les décisions prises soient cohérentes, estimant au passage que tel n'était pas le cas de la baisse du nucléaire à 50% du mix énergétique en 2025.

200.000 emplois d'ici 2030

Les réactions des professionnels des énergies renouvelables sont partagées. Un point cependant fait consensus : le bilan industriel décevant. Aux yeux des professionnels relayés par le SER, « avec une politique énergétique stable et ambitieuse, inscrite dans une programmation pluriannuelle, la France peut encore structurer des filières industrielles. » Aussi bien veut croire le SER, dans l'éolien et le solaire photovoltaïque, que dans des technologies en phase de déploiement telles que la méthanisation ou les énergies marines renouvelables.

« D'une manière générale, cet engagement ne peut être apprécié du seul point de vue du coût pour la puissance publique, a souligné le syndicat. En effet, cet investissement a déjà créé de nombreux emplois et permettra d'en créer encore plus de 200.000 d'ici 2030. Les bénéfices environnementaux et sanitaires, si on les monétarise, peuvent par ailleurs dépasser les coûts du soutien public comme le montre l'Ademe dans une étude sur l'éolien terrestre. »

Pain béni pour les promoteurs du nucléaire ?

Tout en reconnaissant que le rapport de la Cour des comptes va dans le bon sens, Emmanuel Soulias, directeur général de la coopérative d'énergie verte Enercoop, regrette pour sa part qu'il ne reconnaisse pas « l'importance de la dynamique territoriale et démocratique à mettre en place pour faciliter la transition énergétique et de meilleures retombées locales ».  Il craint par ailleurs que « le recours aux appels d'offres, recommandé par la Cour des comptes, fragilise les petits producteurs et l'énergie citoyenne. » Enfin, il regrette que le rapport fasse « l'impasse sur l'utilité des fournisseurs d'énergie verte et de l'ouverture de l'obligation d'achat dans le développement de ces énergies. »

Et conclut :

« En continuant ainsi, la France risque de rester engluée dans le piège nucléaire et de rater l'opportunité d'une réelle transition énergétique porteuse de valeurs économique, environnementale et sociale. »

Il est vrai que l'impact de ce rapport en pleine révision de la PPE, et alors que la filière nucléaire fait feu de tout bois pour faire la preuve de sa compétitivité, ne sera probablement pas anodin.

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a écrit le 24/04/2018 à 15:02 :
Ce que la Cours des Comptes critique, c'est la politique gouvernementale, et derrière son choix de favoriser via des subventions des technologies profondément inefficaces.

Rendons-nous compte :

C'est un peu comme si l'Etat avait offert à EDF le coût de construction de son parc nucléaire (au lieu de le lui faire payer via des emprunts), que ce parc ne produisait que 5% de l'électricité française (au lieu de 75%) sans aucun bénéfice sur l'environnement (au lieu d'avoir baissé d'un tiers les émissions par français en 20 ans) et sans qu'aucune filière industrielle française ne soit créée (au lieu d'avoir créé la troisième industrie du pays).

On a fichu dans le solaire et l'éolien l'équivalent de quatre ans de notre budget de défense... pour rien. L'équivalent de 20 ans du budget du ministère des affaires étrangères... pour absolument aucun bénéfice !

Les subventions au solaire et à l'éolien, c'est 0,2% du PIB de la France ! 0,2% du PIB de notre pays en pur gâchis !
Réponse de le 24/04/2018 à 15:56 :
0,2% du PIB... chaque année ! Parce qu'on continue en plus !
Réponse de le 30/04/2018 à 17:54 :
Et le pire c'est que les émissions de CO2 du secteur électrique, qui étaient extraordinairement faibles par rapport à nos voisins européens et compte-tenu de notre potentiel hydroélectrique, repartent à la hausse !!!
a écrit le 21/04/2018 à 13:59 :
L'article est incomplet car si en effet l'essentiel des aides a été versé avant 2011, il ne faut pas oublier la concurrence considérable de la Chine qui a fait chuter le prix du solaire et de l'éolien alors qu'elle avait compris l'intérêt des renouvelables dont elle est désormais un acteur majeur. Sans cette très forte concurrence la France qui a fait cavalier seul aurait pu capter des marché extérieurs plus important, faire baisser ses prix et avoir de meilleurs résultats. En plus Areva s'embourbait dans le nucléaire. Mais l'article oublie de citer ce que relève la cour des comptes, à savoir les dizaines de milliards de retombées économiques en France (plus de 900 entreprises et plus de 15.000 emplois pour beaucoup à l'export déjà dans le seul éolien terrestre et le flottant c'est à terme bien plus important il ne faut pas rater ces marchés) donc il faut donc faire le bilan net qui est beaucoup plus favorable. Il faudrait également citer la CRE qui mentionnait que les recours des anti-éolien, leurs coûts et les très importants retards liés au procédures de plus de 10 ans ont abouti à avoir des prix doublés pour l'éolien. C'est donc une caractéristique française d'une mauvaise approche avec un secteur nucléaire qui se méfiait et faisait tout pour bloquer comme il le fait encore comme on le voit avec sa mobilisation dans la PPE pour le minimum de renouvelables et maintenir un nucléaire vieillissant pour tenter de refaire à terme d'autres EPR plus du tout compétitifs. Que l'on fasse des appels d'offres renouvelables très ouverts avec des opérateurs étrangers et on verra que l'on obtient des prix très intéressants mais que notre secteur industriel sur les renouvelables n'existera plus, pas plus que notre secteur nucléaire. Nous ne sommes pas compétitifs en énergie dans notre propre pays car il y a des querelles entre les intérêts établis et ceux qui représentent les technologies et solutions d'avenir. C'est un classique un peu comme à la Sncf mais il serait temps d'avancer dans les renouvelables où les prix sont désormais plus raisonnables mais doivent encore être améliorés par rapport aux meilleurs prix des pays voisins et arrêter de gaspiller encore de l'argent dans le nucléaire pourtant largement amorti qui réclame encore des soutiens via la Sfen etc.
a écrit le 21/04/2018 à 8:41 :
Le fait d'avoir pour hommes politiques des beaux parleurs , certes intelligents , mais crétin face aux sciences et aux technologies , fait que leur decision sont prises uniquement via des conseillers , forcement mus par d'obscurs interets .
D'ou l'oubli total que le solaire thermique a un rendement de plus de 60% et celui du solaire photovoltaique 10% .
Ces memes conseillers, pour eliminer le solaire thermique , retorquent qu'on ne sait pas quoi faire en été du trop plein de chaleur ( faudrait qu'il viennent en stage dans mon entreprise , je leur expliquerais quoi faire avec ).
40% de l'energie depensée l'est en chauffage , donc en misant 100 % de toit solaire thermique à 50 € du m² ( bien moins cher que le solaire photovoltaique ) on economise rapidement 40% de nos depenses energetiques ( presque la filiere nucleaire ouaahh ).
Mais pour cela il faudrait : revoir tous les PLU de France , virer les X mines des decisions ( y a pas assez d'equations dans le solaire thermique et pas de gens ou de labo à arroser de subventions ) , dissoudre l'ademe , dissoudre BPI qui subventionne à perte des projets bidons comme l'arbre à vent ( newwind ) , supprimer le ministere de l'ecologie qui gaspille 5 millions d'euros dans une route solaire , comble de la betise .
Merci à tous les incompetents qui me donne chaque jour l'occasion de raler un peu .
Mais comme tous les plaisirs , il ne faut pas abuser .
Ouf pour les delinquants, mon 1/4 d'h est fini
a écrit le 21/04/2018 à 6:01 :
La subventionite française n'est pas toujours efficiente. Que ce soit pour l'énergie, ou le logement, le process est le même, et avec le même résultat. Le contribuable donne de l'argent à certains qui s'enrichissent. Et la production réelle est très inférieure aux objectifs annoncés. De plus la bureaucratie créée régulièrement des contraintes qui alourdissent délais et coûts de production. Ceci confirme que le collectivisme post-soviétique dans lequel vit notre pays est à l'image du modèle social: obsolète et avec des effets contraires à ce qui est annoncé depuis des lustres...
a écrit le 20/04/2018 à 20:03 :
A un moment (le grenelle), le retard était tellement important qu’il a fallu mettre des incitations fortes. Elles auraient pu être provisoires ou dégressives, comme dans d’autres pays qui obtinrent de meilleurs résultats avec moins d’argent. En France, à défaut de leadership on se contenta parfois de rajouter de la complexité réglementaire et on peut se demander si un secteur trop administré ou au contraire trop subventionné intéresse les industriels qui travaillent à des échéances supérieures à 10 ans ? Ceci dit, dans le solaire, peu d’industriels Allemands ont survécu face à la vague Chinoise, question de volume plus que de technologie ou de coût de fabrication (une chaine entièrement automatisée…)
Ce n’est pas le seul secteur où l’on rencontre ces systèmes d’aides et de grands plans censés produire des miracles et vite relégués aux oubliettes, par manque de persévérance ou de cohérence entre deux mandats. Cela participe aux effets d'aubaine, plus qu'à la construction de filières sur le long terme. Même sans raisonner sur le tempo industriel, on peut présumer qu’un cycle de formation de techniciens et ingénieurs ne s’improvise pas.
La méthode repose sur les mêmes bases que la gestion du pays, qui conduisirent les gouvernements successifs à dépenser toujours plus sans obligatoirement obtenir de meilleurs résultats. Une mauvaise habitude et on voit les difficultés que rencontre le gouvernement actuel à essayer de sortir de cette spirale.

Pour revenir aux ENR, faut-il continuer à les financer et à s’équiper? Oui, certainement, puisque à terme le prix de revient du KWh est moins élevé qu’avec d’autres technologies. Au moins faut-il repartir les risques en diversifiant les moyens de production à l’aide du fameux mix énergétique. On en est encore loin.
A noter la montée en puissance du groupe Total dans le secteur. C’est un groupe profitable disposant de moyens et qui avec l’arrivée des véhicules électriques a aussi tout intérêt à se diversifier. Il reste donc de l’espoir.
a écrit le 20/04/2018 à 17:21 :
Pour accélérer la transition énergétique, plutôt que de subventionner des installations, mieux vaut investir dans les nouvelles technologies materiaux innovants plus performants qui améliorent leur compétitivité et leur rentabilité financière d'exploitation. C'est nettement moins cher et bien plus efficace et financièrement bien plus rentable et on a besoin de moins de capitaux pour le faire. Pour bien le comprendre, il faut disposer d'une quadruple culture, industrielle, financière, technicocommerciale et technicoscientifique d'avant garde.

Je propose des solutions avec un projet à moins de 10M€ d'investissement et retour sur investissement prévisible de deux ans environ en utilisant certains types de business modèle particuliers moins connus, mais toujours des plus efficaces avec recours au même genre de culture multiples avec toutes les références pratiques et concrètes voulues.

Mais il faudrait aussi pouvoir trouver des investisseurs qui disposent de ce même genre de profil et de bien voir qu'il n'y a pas que le numérique sur terre qui peut compter, mais d'autres domaines au moins aussi importants et surtout bien moins aléatoire et bien moins risqués. Pour l'heure je me demande si ce genre de profil existe encore en France dans les administrations et chez les investisseurs, et qui ne feraient pas que d'appliquer des critéres informatiques statistiques technocratiques trop restrictifs, trop rigides et le plus souvent déjà dépassés.

Quelqu'un pourrait-il me prouver le contraire? Et faut-il donc être obligé d'aller voir à l'étranger pour cela? Il y a gros à gagner sans avoir à faire des paris insensés.
Peut-on encore trouver en France ce genre de profil ?
a écrit le 20/04/2018 à 11:08 :
Bref l'écosocialisme c'est :

- taxer ce qui marche : le nucléaire,
- subventionner ce qui marchouille et pétaradouille dans la merdouille : éolien notamment
Réponse de le 20/04/2018 à 13:26 :
Le nuke n'est pas taxé pour financer les EnR et ne marche pas bien, on ne doit pas lire le news francaise chez vous au Kremlin.
Réponse de le 24/04/2018 à 16:23 :
@ steph :

C'est grâce à la production nucléaire peu chère que la France peut se payer des gadgets coûteux et inutiles comme le solaire et l'éolien.

Et aux dernières nouvelles, le nucléaire assure année après année les trois quarts de notre approvisionnement électrique pour de l'ordre de 33€/MWh en coût comptable.
a écrit le 20/04/2018 à 8:56 :
On parle tojours d'emplois qui vont être créés. Y-a-t'il une évaluation critique antérieure de ces projets? Non. La France n'est certainement pas le lièvre qui va rattraper ses retards sur la concurrence internationale ( qui ne certainement ne va pas se reposer sur ses lauriers ), la plupart avec des mesures qu'elle ne peut pas ou difficilement financer.
a écrit le 20/04/2018 à 8:50 :
"« Solutions climat » : entrez dans la grande foire du greenwashing et du lobbying " https://www.bastamag.net/Solutions-climat-entrez-dans-la-grande-foire-du-greenwashing-et-du-lobbying

Extrait: "Mieux se déplacer, mieux se nourrir, mieux se loger, maîtriser l’énergie, mieux se divertir et communiquer : Solutions COP21 entend montrer comment le changement climatique est aussi « une opportunité d’améliorer notre vie de tous les jours ». De la production d’énergie à partir de marc de café aux quartiers à énergie positive, il y en a pour tout le monde. On en perdrait presque de vue que le dérèglement climatique a deux causes principales bien identifiées : la combustion massive d’énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) et l’agriculture industrielle. Et que la priorité devrait sans doute être de trouver des « solutions » qui s’attaquent directement à ces deux causes."

"Né en 2005, le marché du CO2 attire déjà les spéculateurs" http://www.lefigaro.fr/environnement/2009/10/31/01029-20091031ARTFIG00055-ne-en-2005-le-marche-du-co2-attire-deja-les-speculateurs-.php

"Al Gore, ou comment faire du fric avec l’industrie du CO2" http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/al-gore-ou-comment-faire-du-fric-67611

Bref toujours les mêmes problèmes et nos politiciens impuissants face au pouvoir de l'argent qui ne savent que gémir...
a écrit le 19/04/2018 à 23:00 :
L'article est incomplet car si en effet l'essentiel des aides a été versé avant 2011, il ne faut pas oublier la concurrence considérable de la Chine qui a fait chuter le prix du solaire et de l'éolien alors qu'elle avait compris l'intérêt des renouvelables dont elle est désormais un acteur majeur. Sans cette très forte concurrence la France qui a fait cavalier seul aurait pu capter des marché extérieurs plus important, faire baisser ses prix et avoir de meilleurs résultats. En plus Areva s'embourbait dans le nucléaire. Mais l'article oublie de citer ce que relève la cour des comptes, à savoir les dizaines de milliards de retombées économiques en France donc il faut donc faire le bilan net qui est beaucoup plus favorable. Il faudrait également citer la CRE qui mentionnait que les recours des anti-éolien, leurs coûts et les très importants retards liés au procédures de plus de 10 ans ont abouti à avoir des prix doublés pour l'éolien. C'est donc une caractéristique française d'une mauvaise approche avec un secteur nucléaire qui se méfiait et faisait tout pour bloquer comme il le fait encore comme on le voit avec sa mobilisation dans la PPE pour le minimum de renouvelables et maintenir un nucléaire vieillissant pour tenter de refaire à terme d'autres EPR plus du tout compétitifs. Que l'on fasse des appels d'offres renouvelables très ouverts avec des opérateurs étrangers et on verra que l'on obtient des prix très intéressants mais que notre secteur industriel sur les renouvelables n'existera plus, pas plus que notre secteur nucléaire. Nous ne sommes pas compétitifs en énergie dans notre propre pays car il y a des querelles entre les intérêts établis et ceux qui représentent les technologies et solutions d'avenir. C'est un classique un peu comme à la Sncf mais il serait temps d'avancer dans les renouvelables où les prix sont désormais plus raisonnables mais doivent encore être améliorés par rapport aux meilleurs prix des pays voisins et arrêter de gaspiller encore de l'argent dans le nucléaire pourtant largement amorti qui réclame encore des soutiens via la Sfen etc.
Réponse de le 20/04/2018 à 7:40 :
L'éolien est de loin la pire des filières de production électrique dite 'renouvelable'. Elle est intermittente et doit donc être relayée par une filière pilotable (principalement nucléaire en France mais surtout fossile en Allemagne). Cela coûte très cher car cette approche (comme d'ailleurs toute production intermittente) revient à surdimensionner les puissances installées). Il faut bien sûr ajouter les coûts annexes divers liés au renforcement des réseaux (capacité de transport, stabilité de fréquence...).
Elle est surtout en train de détruire irrémédiablement des paysages entiers avec des machines qui dépassent maintenant les 180m de haut et sont visibles à plus de 50km sans parler des nuisances diverses engendrées pour les riverains! superbe cadeau écologique!
Réponse de le 21/04/2018 à 14:10 :
@ Jardinier le stockage massif existe et il est compétitif avec les centrales gaz c'est notamment la méthanation. Le Royame-Unis la déploie dès 2019, l'Allemagne a déjà 36 unités et la France près d'une dizaine. Donc aucun problème d'intermittence en vue quels que soit les conditions climatiques avec 6 mois de capacités de stockage en Allemagne et 2 en France. De plus on travaille sur le réseau européen Entso-e dont sur 39 pays et on se connecte avec Geicco (réseau mondial). Vos problème d'intermittence datent d'une trentaine d'années ! Pour ce qui est des éoliennes on n'a pas besoin d'en mettre tellement sur terre mais d'intégrer plus les renouvelables (dont solaire hybride etc). Selon les sondages, la très grande majorité des gens proches des éoliennes en sont contents, on ne les voit se plaindre d'ailleurs nulle part. Par contre à Fukushima et même au Japon tout entier ils n'apprécient plus le nucléaire. Vous préféreriez des éoliennes ou du nucléaire par exemple à Gravelines près des plages au au Blayais etc?? : https://pbs.twimg.com/media/DX1bAQWX0AAQgd4.jpg
Réponse de le 24/04/2018 à 16:39 :
@ Polytech :

La méthanation n'existe qu'à l'état de démonstrateur industriel ici et là en Europe, mis en œuvre généralement par des opérateurs gaziers effrayés à l'idée de voir leur cœur de métier devenir incompatible avec les impératifs climatiques, ou sous l'influence de pouvoirs politiques pour qui cette technologie est vitale pour essayer de justifier en théorie leurs plans 100% ENR.

Les coûts du méthane issu de l'électrolyse+méthanation sont prohibitifs (on envisage à terme de l'ordre de 3 à 4 fois les prix de gros du gaz).

Et les rendements, que ces industriels admettent du bout des lèvres envisager à très long terme, condamnent définitivement le stockage par électrolyse+méthanation+transport+stockage+reconversion en électricité.

Un tel stockage ne restituerait au mieux que de l'ordre de 20-30% de l'électricité qu'on voudrait y stocker, constituant ainsi une formidable machine à gâcher de l'énergie.
a écrit le 19/04/2018 à 19:35 :
Le renouvelable pourrait se résumer ainsi : beaucoup d'argent pour peu de production électrique, je le déplore mais c'est un fait. En plus de ce constat vient se rajouter des intérêts privés qui chassent un retour rapide sur l'investissement. Je crois, mais je dois être le seul, à un vrai service public de l'électricité avec beaucoup de recherche soutenu par une vraie politique durable. Un exemple, le solaire thermique ca marche, de l'ordre de 600 à 800 watts du m2 de panneau...
Réponse de le 19/04/2018 à 19:51 :
Avec un panneau solaire eau chaude et un photovoltaïque, vous faites une clim écolo (même principe que les réfrigérateurs à gaz, quand y a pas de réseau électrique).
Réponse de le 19/04/2018 à 23:10 :
Vous écrivez cela car vous raisonnez franco-français : les énergies renouvelables sont un vrai succès à l'étranger. Il ne s'agit que d'un créneau, mais d'un créneau juteux. Les 4 premiers champions de l'éolien dépassent les 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire, quand AREVA ne fait que 6 milliards d'euros.
Par incompétence et par de sordides calculs politiciens (merci l'UMP), nous allons rater des centaines de milliers d'emplois.
Réponse de le 19/04/2018 à 23:10 :
Vous écrivez cela car vous raisonnez franco-français : les énergies renouvelables sont un vrai succès à l'étranger. Il ne s'agit que d'un créneau, mais d'un créneau juteux. Les 4 premiers champions de l'éolien dépassent les 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire, quand AREVA ne fait que 6 milliards d'euros.
Par incompétence et par de sordides calculs politiciens (merci l'UMP), nous allons rater des centaines de milliers d'emplois.
Réponse de le 19/04/2018 à 23:11 :
@ André29 : c'est paradoxal de parler de service public qui n'est en rien une garantie et de panneaux solaires qui peuvent apporter l'indépendance avec les technologies actuelles. En outre avec l'hybride vous avez à la fois le PV (recto) et thermique (verso) donc plus de 950 W récupérés c'est à peine plus cher mais plus vite amorti et existe sous forme de panneaux (Dualsun) ou de tuiles hybrides (Nelskamp). Et les renouvelables ne coûtent encore cher qu'en France car encore une fois l'éolien est dans les appels d'offres de l'an dernier entre 14 euros le MWh au Mexique à 16 euros au Brésil et 17 euros avec solaire stockage partiel dans l'Etat de New York. Et le stockage massif (méthanation qui a un rendement désormais de plus de 80% en industriel) est compétitive avec les centrales gaz aux Etats-Unis où le prix du gaz est pourtant bas. Donc le prix élevé des renouvelables est propre à la France puisque partout ailleurs les prix sont moins élevés. Ce ne sont donc pas les renouvelables en cause et qui produisent très bien (1 seul tour de pales d'éolienne actuelle alimente une maison pendant 1 an) mais le système de service public français car EDF est bien public à 86%.
Réponse de le 20/04/2018 à 7:18 :
Le solaire thermique marche parce que les rendements sont élevés (plus de 90% contre 12 à 15% pour le photovoltaïque) et que le stockage de l'énergie produite est en partie réalisée du fait des propriétés physiques de l'eau. Mais on ne produit pas d'électricité: on en économise tout au plus!
Réponse de le 20/04/2018 à 9:22 :
Il faut regarder les choses en face, pour l'électricité renouvelable vous mettez en avant la richesse et les emplois alors que je parle du ratio de production électrique produite, quant aux succès à l'étranger effectivement lorsqu'un pays ne possède aucune production l'éolien donne un peu et de temps en temps. Bref, pour faire parler un ami : l'éolien se sont les gaziers qui en parlent le mieux et 30% du gaz est Russe (9% pour la France, on dit merci à qui?)
Réponse de le 21/04/2018 à 14:35 :
@ Jardinier et André 29 : mieux que le solaire thermique vous avez le solaire "hybride" (recto PV verso thermique) donc plus de 80% de l'énergie solaire récupérée sur place soit 70 % environ de l'eau chaude annuelle + 50% voire plus du chauffage + électricité + mobilité = autonomie dans de nombreux cas avec une petite pompe à chaleur ou poêle bois etc en complément. Bien sûr que la chaleur est une immense ressource pas assez exploitée en Europe si vous vous intéressez au sujet et l'électricité ne couvre pas tout mais pour le nucléaire seulement environ 23% toutes énergies confondues.
@ André : en coûts comparé par KWh produit le nucléaire est désormais dépassé par l'éolien comme par le solaire comme de plus en plus d'études économiques vous le démontrent dont celle du groupe Lazard chaque année ou du centre de recherche économique européen DIW parmi d'autres. La densité énergétique de l'uranium n'a rien à voir. Quant au gaz, vos gaziers ne vont pas tarder à se faire licencier pour incompétence dans leur secteur ! car les énergies renouvelables, de part leur compétitivité, font fermer des centaines de centrales gaz et charbon dans le monde et la méthanation ne va faire qu'amplifier cela puisque avec les avancées technologiques elle est devenue compétitive avec les centrales gaz, impactées par une maintenance plus coûteuse, la nécessité de faire venir du gaz par navires ou immenses pipelines à entretenir, surveiller etc et qui ont beaucoup de fuites donc de pertes, taxes etc sans compter les variations des prix du gaz. La méthanation n'a pas ces facteurs négatifs : production locale, ressource gratuite de vent, solaire etc processus entièrement automatisé etc. Donc que vos gaziers étudient mieux la question car ils ont bien une vingtaine d'années de retard sur le sujet !

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