Citeo démarre dans le Grand-Est son tour de France de l'économie circulaire

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68 % des emballages sont recyclés en France.
68 % des emballages sont recyclés en France. (Crédits : DR)
Citeo, spécialiste du tri et du recyclage né du rapprochement d'Eco-Emballages et d'Ecofolio, part en tournée pour faire la promotion de l'économie circulaire. Des ateliers seront proposés cette année dans toutes les capitales régionales.

Christine Guillemy, vice-présidente de la région Grand-Est, en est convaincue : "Le Grand-est a tous les atouts pour aborder la nouvelle révolution de l'économie circulaire", a-t-elle annoncé le 27 mars à Strasbourg, à l'occasion du premier atelier régional de Citeo sur l'économie circulaire.

Avec 25 % d'emballages recyclés, et avec 84,6 % des tonnages recyclés localement en 2016, le Grand-Est fait selon Citeo figure de bon élève. Dans son indicateur de performance régionale, l'opérateur de tri et de recyclage attribue au Grand-Est "une performance de recyclage supérieure de 16 % à la moyenne nationale". La raison ? Les anciens territoires de l'Alsace, de la Lorraine et de Champagne-Ardenne bénéficient d'un écosystème complet avec 14 centres de tri, 21 unités de recyclage du papiers/carton, des plastiques, des métaux et du verre. Le Grand-Est bénéficie aussi de la présence de "sites vitrines" tels que Freudenberg à Colmar (Haut-Rhin), spécialisé dans le recyclage de PET coloré (30.000 tonnes par an), ou la papeterie Norske Skog à Golbey (Vosges), qui recycle chaque année 500.000 tonnes de journaux, soit l'équivalent de la collecte sélective réalisée par 26 millions de Français.

Embarquer le monde économique

"L'écologie industrielle et territoriale est l'un des piliers de l'économie circulaire. L'Alsace veut être un précurseur", annonce Ronan Sebilo, conseiller à la Chambre de commerce et d'industrie d'Alsace-Eurométropole.

"Une quinzaine de territoires se sont engagés dans des démarches qui permettent aux entreprises de mutualiser leurs besoins. On reste sur des projets expérimentaux", relativise Sabine François, directrice régionale de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Une vingtaine d'entreprises implantées dans le port autonome de Strasbourg se sont engagées depuis 2004 dans le projet Idee Alsace, qui leur permet notamment de rationaliser la collecte de leurs cartons d'emballages. 300.000 euros sont économisés collectivement chaque année.

"Pour passer à la vitesse supérieure, il est nécessaire d'embarquer le monde économique", propose Sabine François.

Le programme Climaxion, porté par l'Ademe et le conseil régional, a pris le relais du programme régional de transition énergétique. Il proposera de financer, sur fonds publics, entre 50 % et 70 % des études menées par les entreprises sur des démarches d'économie circulaire. Climaxion offrira aussi une subvention de 36.000 euros par an, pendant trois ans, pour l'embauche d'un chargé de mission dans une entreprise de la région. Les animations, formations et opérations de communication seront prises en charge à 70 %.

Faire preuve d'inventivité

"Aller vers l'économie circulaire, c'est aller vers plus de créativité", a proposé Geneviève Ferone, vice-présidente de la Fondation pour la nature et l'homme (Fondation Nicolas Hulot), en ouverture du premier atelier de Citeo à Strasbourg. Pour Stéphane Munch, directeur de la brasserie Kronenbourg à Obernai (Bas-Rhin), c'est déjà un gage de bonne gestion.

"Nous avons équipé notre site d'une station d'épuration depuis le milieu des années 1990, et investi dans des méthaniseurs. 20 % de nos besoins thermiques sont issus de cette fonction de biogaz", assure-t-il.

Les drêches de brasserie, résidus du brassage de céréales, sont revendues localement à des agriculteurs, ou exportées. "Les drêches constituent un bon complément pour l'alimentation animale. Le marché est simplement régulé par l'offre et la demande", reconnaît Stéphane Munch. Les conditionnements, aussi, ont une seconde vie sur le site de Kronenbourg. Les plastiques qui servent à l'emballage des palettes de bouteilles vides seront bientôt réutilisés pour emballer des packs de bière vendus aux consommateurs. "Nous allons tenter d'enlever les polyphénols présents dans la bière après sa fermentation pour les revendre à des partenaires industriels", annonce Stéphane Munch. "Il paraît que ça se vend à prix d'or".

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Trois questions à Jean Hornain, directeur général de Citeo

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Jean Hornain Citeo

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JEAN HORMAIN - Quels sont les objectifs de Citeo ?

LA TRIBUNE - Citeo a trois objectifs essentiels : accompagner les industriels au stade de l'éco-conception, inciter le grand public à trier les emballages et le papier, et mettre en oeuvre le dispositif qui permet d'installer des structures de collecte et des centres de tri. Il y en a 200 en France. 68 % des emballages sont recyclés en France. Pour le papier, nous sommes à 55 %. Il y reste des progrès à réaliser sur les plastiques et, de manière générale, dans les villes. 30 % des ordures ménagères sont encore mises en décharge. C'est inacceptable.

Quel est l'objectif de vos ateliers régionaux ?

Nous démarrons dans le Grand-Est, vitrine de l'économie circulaire en France. L'éco-conception est déjà en marche dans cette région. Les barquettes de jambon Herta passent au mono-matériau, elles sont réalisées en PET. C'est plus facile à recycler. Les étiquettes sur les bouteilles Heineken (brassées à Schiltigheim, Bas-Rhin, Ndlr.) sont désormais recyclables avec le verre. Ces initiatives doivent être valorisées. Nous voulons porter un message : les entreprises qui pourront prospérer seront celles qui ont une politique de responsabilité sociétale. Les actions dont nous faisons la promotion n'ont rien à voir avec le "Greenwashing". Les entreprises nous mettent une pression colossale.

Quelle est la cible de vos ateliers ?

Les grandes décisions sont nationales mais l'initiative, l'énergie, la collaboration se situent au niveau des territoires. C'est un jeu totalement collectif : nous nous adressons aux collectivités territoriales, aux entreprises, aux associations, aux recycleurs, aux industriels fabricants d'emballages, aux citoyens. Ils forment un ensemble dont nous sommes le coeur.

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