Comment réinventer l'écologie ?

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(Crédits : Reuters)
En dépit du coup de projecteur donné par la COP21 en 2015 et d’une mobilisation croissante des politiques et de la société civile, les mauvaises nouvelles s’accumulent sur le front du climat et de la biodiversité. Une information fiable et claire, des propositions permettant à tous de s’impliquer, la mue d’une juxtaposition d’utopies individuelles en une aventure collective, sont autant de pistes à explorer, pour que la bascule se fasse dans la société avant qu’elle ne se produise dans la nature et le climat.

Ré-enchanter le monde, réinventer Paris... La sémantique de l'époque traduit la nécessité de ré-insuffler du rêve, de l'espoir, voire de l'utopie. Faut-il réinventer l'écologie ? Issu du grec oikos, "demeure", et logos, "science", ce terme désigne la science qui étudie les rapports entre les organismes et le milieu où ils vivent. Il recouvre aujourd'hui de multiples réalités : des ONG plus ou moins radicales, des citoyens engagés, des politiques et des élus de tous bords, et même des chefs d'entreprise qui inventent de nouveaux modèles et entraînent leurs troupes avec eux.

De l'apparition d'un premier candidat écologiste (René Dumont, pionnier de l'écologie politique) à l'élection présidentielle française de 1974, jusqu'à l'absence de tout candidat en 2017 en passant par le score record d'Yves Cochet en 2002 (5,25%) ou à l'apogée du mouvement aux élections européennes de 2009 (avec 16,28% des suffrages pour la liste emmenée par Daniel Cohn-Bendit contre 16,48% pour le PS), toute l'histoire de l'écologie politique française est émaillée de luttes intestines. On peut choisir d'y voir le verre à moitié vide ou à moitié plein.

À propos du développement durable dans l'entreprise, d'aucuns estiment que le sujet aura réellement gagné ses lettres de noblesse lorsque la direction « du développement durable » n'existera plus, mais aura irrigué de ses thèses tous les départements. En politique, l'absence de candidat « vert » au scrutin suprême peut être le signe que les idées écologistes se sont tant et si bien diffusées dans les partis traditionnels, qu'il n'est plus besoin pour les défendre d'un parti dédié. Mais pour le think tank transpartisan la Fabrique écologique, qui a consacré une note au sujet, ni l'existence d'un parti politique écologique, ni la prise en charge de la thématique par les partis traditionnels ne semblent constituer de solution adéquate, et il faut « imaginer de nouvelles formes d'action et de représentation politique correspondant aux profondes mutations en cours de l'économie et de la société ».

Consommateurs, élus, chefs d'entreprise : tous mobilisés

Ces dernières années, essentiellement en raison de leurs impacts en matière de santé publique, développement des réseaux sociaux aidant, les citoyens se sont approprié de nombreux sujets afférant à l'écologie. Le lien entre pollution de l'air, des eaux ou des sols, congestion automobile et mauvaises pratiques industrielles ou agricoles est de mieux en mieux compris. Sur fond de crises sanitaires, souffrance animale, agriculture productiviste, malbouffe et gaspillage alimentaire forment un tout auquel les consommateurs sont toujours plus sensibles. L'appétence pour des produits durables ou des aliments de saison et de proximité, la préférence pour des modes de distribution en circuits courts, dépassent de plus en plus largement le seul cercle des écolos-bobos.

De leur côté, les entreprises sont toujours plus nombreuses à comprendre que le choix de pratiques environnementales, sociales et de gouvernance plus vertueuses, fût-ce au prix d'investissements amortis sur de plus ou moins longues durées, voire de profonds bouleversements de leurs modèles économiques, répondaient aux attentes de leurs clients (particuliers comme entreprises), mais aussi à celles des jeunes recrues qu'elles s'efforcent d'attirer. Sans oublier la garantie d'une gestion des risques plus rigoureuse.

Le monde de la finance lui-même se verdit peu à peu au-delà du microcosme de l'investissement socialement responsable, comme l'illustre notamment le mouvement de désinvestissements des industries fossiles et de verdissement des portefeuilles ou encore la multiplication des émissions d'obligations vertes dédiées à des projets respectueux du climat et de l'environnement

Quant aux élus locaux, ils adoptent des objectifs toujours plus ambitieux en matière d'énergies renouvelables ou d'émissions de CO2. C'est évidemment le cas des maires de la centaine de villes du monde entier en pointe contre le changement climatique regroupées au sein du réseau C40, aujourd'hui présidé par la maire de Paris Anne Hidalgo. En Europe, de plus petites villes et certaines communautés de communes rurales ne sont pas en reste, tandis qu'aux États-Unis, de nombreux États s'engagent, d'autant plus volontaristes face aux positions climato-sceptiques affichées par Trump et son administration et au détricotage systématique de la politique environnementale d'Obama.

Du citoyen lambda à certains chefs d'État (à l'instar d'un Emmanuel Macron qui clame haut et fort à la face de Donald Trump « Make our planet great again »), le climat mobilise de plus en plus largement. Notamment depuis décembre 2015 et l'accord de Paris conclu lors de la COP21. Mais depuis, les écologistes tentent de faire progresser un autre sujet, la biodiversité, ambitionnant de le faire grimper sur l'agenda politique et dans l'opinion publique au même niveau que le climat. Ils misent notamment sur la COP15, la Conférence des Parties sur la Diversité Biologique organisée par la Chine en 2020 et un « Accord de Pékin » qui pourrait devenir le deuxième pilier d'une stratégie de préservation de la biosphère.

Vit-on la sixième extinction de masse de l'histoire ?

Pourtant, en dépit de cette mobilisation autour de ces deux grandes croisades actuelles, que certains opposent mais qui souvent convergent, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Les émissions de CO2, qui, pour respecter l'accord de Paris (hausse maximale de la température moyenne de + 2 °C) doivent impérativement atteindre un plafond d'ici à 2050 avant de décliner pour parvenir grâce à la compensation à la neutralité carbone dans la seconde moitié du XXIe siècle, sont reparties à la hausse en 2017. C'est le cas à l'échelle mondiale sous l'effet notamment des consommations énergétiques chinoises, pas encore assez vertes, mais aussi en Europe (+ 1,9%) et même en France (+ 4%). À Paris, les experts de Météo France prédisent une hausse de la température de + 4 °C en hiver et + 5 °C en été dans la capitale annoncée à l'horizon 2071-2100, si rien n'était fait pour modifier radicalement nos comportements.

Quelques jours avant la COP23 en novembre 2017, 15.000 scientifiques de 184 pays poussaient un cri d'alarme sur l'état de la planète dans la revue Bioscience et annonçaient le sixième phénomène d'extinction de masse, en 540 millions d'années, au terme duquel de nombreuses formes de vie pourraient disparaître totalement, ou se trouver au bord de l'extinction d'ici à la fin du siècle. Dans un rapport publié en mars 2018, le WWF (World Wide Fund For Nature) signale que la masse globale des vertébrés sauvages dans le monde s'est réduite de 58% dans les quarante dernières années et que dans les campagnes européennes, les populations d'oiseaux ont chuté de 30% depuis 2000.

Consommation, modes de vie, finance : mille façons de s'impliquer

Comment inverser la tendance ? Comme l'a récemment montré le débat public sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), on observe une dissonance entre les convictions du citoyen majoritairement favorable aux énergies renouvelables et à l'alimentation bio, les contraintes du consommateur qui doit gérer son budget et la résistance au changement qui caractérise nombre d'entre nous, nous rendant réticents à la proximité d'éoliennes comme au renoncement à la voiture individuelle.

Condition sine qua non pour que les gens se sentent suffisamment concernés pour avoir envie de s'impliquer : une information correcte. La communication scientifique sur ces sujets est indispensable, mais elle doit faire l'objet d'efforts de vulgarisation. Surtout, son caractère potentiellement anxiogène doit être compensé par la nature positive et inspirante du « journalisme de solutions », en plein développement, qui donne à voir des exemples d'initiatives repérées dans le monde entier, contribuant à protéger la planète à leur échelle.

Cette information peut favoriser une implication citoyenne, qui peut prendre des formes assez légères. Le Muséum d'histoire naturelle mobilise ainsi des citoyens depuis 1989 pour établir des relevés dans le cadre de son programme "Suivi Temporel des Oiseaux Communs " (Stoc). POLLINIS, qui collabore avec l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) dans le cadre du projet Apiformes, demande aussi son aide au grand public pour recenser les populations d'abeilles sauvages.

Le portail Web OPEN dédié aux sciences participatives permet à tout un chacun, en fonction de son lieu d'habitation, ses centres d'intérêts et son niveau de connaissance, de participer à différents programmes, qu'il s'agisse de comptabiliser les oiseaux sur son balcon, signaler la présence d'insectes ou photographier la ligne de côte. En France, près de 54.000 personnes ont déjà participé à l'un de ces programmes qui permettent aux chercheurs de récolter des observations en très grand nombre, tout en sensibilisant les citoyens à la biodiversité.

Un cran plus loin que les opérations de nettoyage de plages ou de forêts menées à l'initiative d'associations, de municipalités et parfois d'entreprises qui y trouvent un bénéfice en matière marketing, le plogging fait son apparition en France. Venu de Scandinavie, ce jogging d'un genre nouveau consiste à courir tout en ramassant les déchets le long du parcours.

Pour Sandrine Roudaut, qui se définit elle-même comme chercheuse et semeuse d'utopies, « être impliqué dans un projet incite à être acteur du scénario et donc à tout faire pour que cela marche. C'est le cas, par exemple, du spécialiste de l'autopartage Blablacar. C'est l'un des principes de l'utopie ».

Autre mode d'implication : le crowdfunding. Ce financement participatif qui s'applique particulièrement bien aux projets « verts », notamment aux parcs éoliens et solaires, a mobilisé en 2017 un montant record de 20,5 millions d'euros (sur un total de 336 millions euros), en hausse de 78%. Outre des départements dédiés au sein de plateformes généralistes, plusieurs plateformes, telles que Lumo ou Lendosphère sont spécialisées sur ce créneau, qui permet aux particuliers d'investir leur épargne de façon rentable, et aux porteurs de projets de se faire mieux accepter par les riverains, qui bénéficient souvent de conditions privilégiées.

Savoir accueillir l'innovation

Mais ce ne sont pas seulement les particuliers qu'il s'agit de séduire, rassurer, inspirer, motiver... Vis-à-vis des entreprises et des gouvernements aussi, il est urgent de démontrer que la protection de la planète n'est pas exclusivement synonyme de surcoûts et de contraintes. Dans la lignée de l'agenda des solutions né à l'occasion de la COP21, Bertrand Piccard et sa Fondation Solar Impulse mènent une initiative de repérage de 1 .000 solutions efficaces et rentables pour le climat et l'environnement. Il les dévoilera lors de la COP24 en décembre 2018 en Pologne, avant d'aller en personne les présenter aux chefs d'États du monde entier.

Les innovations technologiques bouillonnent, et il est parfois tentant de se laisser aller à la critique devant l'imperfection de certaines solutions « propres », comme l'illustre la polémique sur l'utilisation dans les batteries de véhicules électriques et certaines énergies renouvelables de métaux rares. À l'inverse, il est parfois tout aussi difficile de renoncer à poursuivre dans certaines voies où le remède semble pire que le mal, par exemple en matière de biocarburants issus de denrées alimentaires pour lesquels le bilan carbone, calculé sur l'ensemble du cycle de vie, est plus mauvais  encore que celui du diesel.

Mais pour Sandrine Roudaut, «  les critiques sont des outils de diversion. Il faut s'autoriser à expérimenter ».

« Les technologies doivent effectivement progresser, confirme Alexandre Raguet, fondateur de Lumo. Mais c'est toujours mieux que ce que cela remplace. Le photon est transformé en énergie solaire en 8 minutes, contre 300 millions d'années pour le pétrole... ».

S'inspirer de la nature...

Qu'il s'agisse de simples citoyens, d'entreprises ou d'élus, tout l'enjeu est de transformer une multitude d'initiatives individuelles (telles que celles qui coopèrent au sein du mouvement les Colibris fondé par Pierre Rabhi) en une vague de fond susceptible de faire réellement bouger les lignes. Si les écosystèmes peuvent s'effondrer d'un coup lorsqu'il atteignent un point de bascule (tipping point) difficile à anticiper, que la présidente du WWF, Isabelle Autissier, compare à la Tour Eiffel et ses poutrelles métalliques, il suffit également parfois de quelques éléments perturbateurs pour faire basculer l'opinion publique et les usages.

« Le monde change grâce à un petit nombre de citoyens. Les suffragettes étaient 300 au Royaume-Uni. Les résistants représentaient 2% à 3% de la population pendant la guerre, rappelle Sandrine Roudaut. Quand on regarde les grands mouvements de l'Histoire, on ne sait jamais quel pion a tout fait basculer  » Elle incite également à « penser en termes d'écosystème, l'une des grandes leçons du biomimétisme ».

Le conseil vaut également pour les entreprises, qui multiplient d'ailleurs des actions collectives de filières, de secteurs, des alliances privé-public et une mobilisation impliquant leurs collaborateurs, partenaires, clients, fournisseurs, actionnaires, des scientifiques, et in fine de l'ensemble de la société.

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a écrit le 26/12/2018 à 18:19 :
Si l'on veut agir sur l'écologie significativement sur la pollution des autres pays et bien commençons maintenant par planter un grand nombre de forêts pièges à carbonne et démontons les barrages sur les fleuves qui empêchent le refroidissement de certaines parties du manteau de la terre (notre réacteur naturel ) et de la mer surtout en période chaude. Ceci on aurait pu le faire depuis des années c'était tout a fait à notre porté au lieu d'aidé le remplacement des portes et fenêtres. Et redirigeons l'argent vers les pauvres de la rue comme le Pape le souhaiterait qu'on fasse .
a écrit le 26/12/2018 à 10:55 :
Cessons de nous poser des questions surréalistes! Nous avons un seul objectif, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et tous nos moyens doivent être axés sur la réalisation cet objectif. Je note que le Ministère de la transition écologique dispose de moyens considérables, 34 milliards par an!, 40 000 fonctionnaires, de quoi construire chaque année deux EPR, et est dans l'incapacité de démontrer qu'il est capable de satisfaire à sa première mission: nous avons un GROS problème d'efficacité de nos dépenses (publiques)! Assez d'écologie bobo et du comptage de pâquerettes dans les alpages, de la réintroduction des ours, et autres fadaises! Il faut supprimer ce Ministère, virer la moitié du personnel (le remettre dans l'Education Nationale,.;), et faire confiance à nos grands acteurs privés (Total Suez environnement.;), ou publics (Areva, ..).
a écrit le 26/12/2018 à 10:04 :
surtout pas avec un ministre ! deja trop de dégats! incapacité de protéger nos abeilles .
a écrit le 25/12/2018 à 22:17 :
Ce genre d’article est déprimant : aucune proposition pour réduire dès maintenant les émissions (vélo, voitures électriques, pompe à chaleur : toutes technologies déjà appliquables et appliquées)
Par contre, on cite des actions comme nettoyer les plages ou compter les oiseaux mais c’est fondamentalement sans effet et laisse croire aux gens que cela suffit pour sauver la planète. Il faut vraiment se réveiller, on nous endort et nous sommes de somnambules
a écrit le 25/12/2018 à 18:32 :
La surpopulation terrestre étant de maniere évidente le facteur majeur d'épuisement des ressources du globe, l'un des tous premiers objectifs de toute organisation écologique devrait être de promouvoir des mesures permettant de ramener le nombre d'êtres humains sur Terre à environ 2 milliards d'ici une centaine d'années. C'est possible, la Chine a divisé sa natalité par plus de 2.5 en 50 ans. Tout le reste n'est que détails sans grande importance.
a écrit le 25/12/2018 à 11:24 :
Parce qu’il doit impérativement ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner, l’homme est un consommateur. Il l’est depuis sa conception jusqu’après sa mort – comme en attestent les marchés du prénatal et du funéraire – et se double d’un producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi, avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au service de la société, mais aux dépens de son environnement. Et plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins s’accroissent – outre ceux qu’ils s’inventent toujours plus nombreux –, plus ils produisent et s’enrichissent collectivement, quelles que soient les conditions du partage de cette richesse. Qu’il s’agisse de ressources non renouvelables ou de pollution, les atteintes à l’environnement augmentent d’autant et s’ajoutent à celles d’une nature jamais avare de catastrophes inopinées ou cycliques. Le progrès comme tous les malheurs du monde en découlent.

Comment nier cette évidence, dans son rapport avec le caractère incontournablement pyramidal de notre structure sociale ? Jusqu’où iront l’hypocrisie et l’ignorance, alors que cette pyramide s’hypertrophiant chaque jour un peu plus, son sommet s’éloigne incessamment de sa base, et les écarts de richesse entre ses habitants se creusent inéluctablement d’autant ?

Tant à des fins environnementales que sociétales, une forme d'écologie répondant aux attentes de toutes les autres s'impose d'urgence : l'écologie dénataliste.
a écrit le 25/12/2018 à 10:05 :
Le débat en France et dans les pays voisins (Allemagne, Espagne, Italie, suisse) autour de l'écologie est totalement biaisé. On y oublie que but essentiel est d'éviter l'effet de serre engendré par la combustion des hydrocarbures et du charbon, ainsi que la pollution par particules fines et cancérogènes.
Outre les économies d'énergie, souvent rimant avec meilleur confort de vie, la solution passe par l'utilisation d'énergies non émettrices de CO2 à la place des énergies fossiles : hydraulique, éolien ou solaire et nucléaire. Même les climatosceptiques doivent admettre que pétrole et charbon vont s'épuiser et qu'il faut trouver une autre solution avant la pénurie. Car énergie et croissance économique vont de pair, vu que les industries (y compris - et surtout !) numérique consomment beaucoup d'énergie.
Les responsables politiques s'emparent pourtant du thème de le Transition Énergétique, mais leur inculture ou pire leur malhonnêteté a totalement déformé l'objectif précité : il ne s'agit plus de sortir des combustibles fossiles, mais du nucléaire, cette orientation étant implicitement liée à des considérations stratégiques (électorales notamment) et faussement pacifistes. Notons que le premier de ces écolos politiques (René Dumont cité dans l'article) n'était pas encore contaminé par le dogme antinucléaire, lui qui préconisait de protéger nos vallées contre la création des premiers barrages hydroélectriques, en construisant à la place des "centrales atomiques "!
L'expérience française le prouve : grâce à nos centrales nucléaires nous polluons 8 fois moins que l'Allemagne par ex., et nos kWh sont deux fois moins chers !
Car les Allemands n'ont pas arrêté leur charbon sale (le lignite) tout en préconisant, pour des raisons écologiques (!) l'arrêt du nucléaire !
La seule orientation logique et honnête serait donc de sortir du charbon et du pétrole et de recourir à des énergies propres (hydraulique, éolien solaire ou nucléaire) en privilégiant les plus fiables et les plus économiques.
Et cet optimum dépend de la géographie et de l'histoire de chaque nation : en Norvège, pays de lacs et de fjords, l'hydraulique produit la quasi totalité de l'électricité consommée.
En France, EDF a aussi équipé tous les lacs et fleuves possibles ce qui permet de satisfaire 15 % max des besoins du pays, mais pas plus. Il reste soit les énergies dites renouvelables (on pourrait disserter sur ce terme) soit le nucléaire. En raison de leur coût, les énergies renouvelables sont déraisonnables : ceux qui évoquent la chute des prix des panneaux solaires oublient de tenir compte des subventions et de toutes les "externalités" (dont le raccordement au réseau) qui ont conduit l'Allemagne à doubler le prix de son électricité en faisant le choix du renouvelable, et ce n'est pas terminé.
En France notre industrie nucléaire produit 75 % des kWh consommés avec un faible coût : il serait suicidaire, surtout dans un pays en cours de désindustrialisation et où le pouvoir d'achat n'évolue pas aussi vite que chez nos voisins et concurrents, de s'en passer.
Nos politiques au pouvoir, sous la pression des lobbies, ont du mal sinon à le comprendre (faisons leur grâce d'avoir les idées claires) du moins à faire preuve de courage en affirmant l'intérêt national de maintenir la filière nucléaire. A force de tergiverser, les russes et chinois sont en train de développer une industrie concurrente (copiée de la nôtre pour le cas de la Chine) dont les progrès risquent de détruire une des rares filières nationales performantes.
Souhaitons que sous la pression des Gilets Jaunes, le réalisme et la nécessité de redonner du pouvoir d'achat au peuple, permettra de se débarrasser du dogme antinucléaire.
La première manifestation d'un revirement salutaire consisterait à créer un ministère de l'industrie autonome, et non dépendant de celui de l'environnement !
Réponse de le 25/12/2018 à 16:19 :
Si le nucléaire était compétitif il se vendrait or ce n'est pas la cas. Seul Rosatom détient 60% du marché car il prête sur plus de 35 ans et ce sont des accords secrets avec souvent vente d'armes, corruption etc. La part de nucléaire dans le monde serai négligeable au cours des prochaines décennies et va largement être dépassé par les renouvelables plus compétitives dont les prix baisent beaucoup plus vite. Donc le nucléaire n'est plus utile dans les temps impartis et la Gen 3 et 3+ produisent toujours des déchets de plus de 100.000 ans. De plus le nucléaire n'est plus défendable avec les missiles hypersoniques qui couleraient la France en moins d'une journée. Pas plus qu'avec le réchauffement climatique, le manque d'eau et la montée des océans. Il faut regarder la réalité en face.
Réponse de le 25/12/2018 à 17:53 :
@Polytech
Le nucléaire est optimal quand on ne dispose pas d'hydraulique à profusion comme écrit par Student, et que l'on accepte de ne pas polluer la planète avec du charbon.
Mais il faut maîtriser la technologie et mettre en place une organisation de contrôle, ce qui ne le met pas à la portée de pays instables ou pas encore développés.
Sinon : le nucléaire actuel d'EDF "sort" à 32 €/MWh, et celui des EPR de série est annoncé à moins de 70 € (en raison surcoût des améliorations de sûreté maximalistes retenus par la France). Cela reste largement compétitif.
Car les renouvelables (éolien et solaire) sont autour de ces 70 €/MWh, MAIS ne sont absolument pas comparables :
- le montant des subventions n'est pas pris en compte
- les réseaux électriques doivent être considérablement renforcés, ça coûte très cher et les populations n'aiment pas les pylônes
- et surtout au delà de 30 % d'éolien ou solaire dans le mix, le réseau devient instable. En deça, sans des centrales pilotables comme le nucléaire pour compenser les fluctuations de production dépendant du vent ou du soleil, ça ne marche pas !
Le stockage de l'électricité de masse, s'il existait, s'il n'était pas trop onéreux et était accepté par les populations (ça fait beaucoup !) améliorerait la situation mais augmenterait le coût des renouvelables intermittents. On n'y est pas !
Vous n'êtes pas d'accord ? Alors expliquez pourquoi le prix du MWh Allemand est double de celui de notre pays !
Pour la France donc, la solution évidente est le maintien voire le développement du nucléaire de 3ème génération en attendant la 4ème.
Pour les pays qui ne le maîtrisent pas, il reste bien entendu les renouvelables associés à des soutiens au gaz, en attendant que ces pays se forment et se structurent pour accueillir des centrales nucléaires.
Réponse de le 25/12/2018 à 22:12 :
Il est intellectuellement faux de prétendre que puisque le nucléaire est faible dans le monde actuellement cela ne peut que continuer. Le nucléaire est compliqué à mettre en place mais il sera vraisemblablement la seule porte de sortie pour de nombreux pays et notamment les plus gros comme les usa la chine l’Inde la Russie et l’Europe. La Hollande est en train d’envisager d’en construire. Les anglais qui sont pragmatiques ont un programme les russes et les chinois aussi. Des que l’on voudra vraiment réduire les émissions, son développement sera repris
a écrit le 25/12/2018 à 9:09 :
Pour faire de la véritable écologie il faut être pragmatique, pas dogmatique. L'erreur est de mettre un écolo incompétent à la transition machin.
a écrit le 25/12/2018 à 3:41 :
Décroissance, taxes, contraintes, fracture sociale, illusions technologiques, atteintes démocratiques... l'écologie n'a pkus rien d'enchanteur !
Il est temps de se débarrasser de cet hygienisme sécuritaire des temps modernes...
a écrit le 24/12/2018 à 20:56 :
Perte de temps et autres tergiversations.
Est-on dans le "punitif" que tout le monde critique, ou simplement dans une forme de recherche de passe droit, ou de temporisation ? Tout cela est facile à évaluer préventivement, si l'on en avait envie. Or le constat semble être que tout le monde attend que d'autres fassent les efforts, du déni ou de l'attentisme. On a même trouvé divers prétextes qui favorisent l'inaction, à l'image de la fable de la grenouille qui soit dit en passant serait scientifiquement erronée. Serait on plus bêtes que des grenouilles ? Des alertes ont été lancées depuis longtemps, y compris par des scientifiques et des politiques que l'on ne peut classer comme étant des activistes adeptes du retour à la bougie. Il y eut en premier lieu les gaz à effet de serre, dont le problème fut traité à temps et de manière collective. Alors comme se fait-il que des ministres de l’écologie, des Al Gore, des Nicolas Hulot, des sociologues,... et tous les adeptes du retour à la raison, ayant le simplement le sens de la préservation de l’espèce n'aient pas été écoutés ?
On peut compter sur le bons sens, la raison, l'humanisme, la morale, la conscience, etc.... malheureusement j'ai bien peur que les choses changeront le jour où il coûtera trop cher de polluer. On y est déjà en quelque sorte, sauf que souvent les pollueurs ne sont pas les payeurs, ou qu'ils sont pollueurs par défaut de n('avoir d'autres choix.
Problème d'anticipation, problème de gouvernance, problème d'orientations.
Les solutions existent, mais chacun fera t'il l'effort indispensable pour accepter un rééquilibrage global ? Une sorte de ratio de consommation, puisque nous consommons trop de ressources, en tous cas plus que ce que la planète peut offrir et aussi de manière très inégalitaire. Là comme ailleurs nous vivons à crédit sur les générations futures. Peu s'en souciaient en dehors d-un cocon familial, ou quasi tribal, bien peu à un niveau universel. Or le problème est universel, civilisationnel.
Maintenant que les effets désastreux sont contemporains cela va t'il changer ? Théoriquement oui, ne serais que parce-que les effets néfastes sont énormes, y compris économiquement parlant. Et même si l'on ne commence que par cela, logiquement puisque les plus riches disposent des moyens du changement, de réorientation, d’affectation, on peut rattraper une partie du temps perdu.

L'avenir sera donc obligatoirement écologique, ou sans utiliser de mots spécifiques, soumis à la logique, tout simplement.
a écrit le 24/12/2018 à 20:25 :
Parce qu’il doit impérativement ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner, l’homme est un consommateur. Il l’est depuis sa conception jusqu’après sa mort – comme en attestent les marchés du prénatal et du funéraire – et se double d’un producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi, avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au service de la société, mais aux dépens de son environnement. Et plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins s’accroissent – outre ceux qu’ils s’inventent toujours plus nombreux –, plus ils produisent et s’enrichissent collectivement, quelles que soient les conditions du partage de cette richesse. Qu’il s’agisse de ressources non renouvelables ou de pollution, les atteintes à l’environnement augmentent d’autant et s’ajoutent à celles d’une nature jamais avare de catastrophes inopinées ou cycliques. Le progrès comme tous les malheurs du monde en découlent.

Comment nier cette évidence, dans son rapport avec le caractère incontournablement pyramidal de notre structure sociale ? Jusqu’où iront l’hypocrisie et l’ignorance, alors que cette pyramide s’hypertrophiant chaque jour un peu plus, son sommet s’éloigne incessamment de sa base, et les écarts de richesse entre ses habitants se creusent inéluctablement d’autant ?

Tant à des fins environnementales que sociétales, une forme d'écologie répondant aux attentes de toutes les autres s'impose d'urgence : l'écologie dénataliste.
Lire “Surpopulation humaine – La cause de tous nos maux” https://www.amazon.fr/dp/B07HQ1CQ8M
Réponse de le 25/12/2018 à 9:14 :
" l'écologie dénataliste." c'est bien l'euthanasie est en marche, sauf pour les riches sans doute. Comment allez vous expliquer aux africains qu'ils font trop de gosses, aux indiens et sans doute à d'autres ?
a écrit le 24/12/2018 à 14:36 :
Il faut raisonner "à niveau constant". Si on augmente le prix de l'énergie, il faut réduire le cout du travail jusqu'à un point d'équilibre. Cela consiste à utiliser la notion de "double dividende".
a écrit le 24/12/2018 à 13:51 :
Tant que l'écologie sera l'otage des gauchiards de tous acabits avec tellement d'options abscons ...
a écrit le 24/12/2018 à 11:30 :
la gauche a rendu l'ecologie tellement punitive que le rejet est desormais massif; oh, pas contre la nature; tout le monde veut un monde propre et ecolo.... mais contre les mesures prises pour aller dans le bons sens!
voila ce que c'est que d'imposer aux gens de se laver les dents avec de la terre glaise et pas du dentrifrice car ca pollue!
le citoyen lambda veut bien faire des efforts
il ne veut pas retourner a l'age de pierre, et il ne veut pas payer l'addition pour tt le monde.....
a écrit le 24/12/2018 à 10:54 :
C'est beau l'utopie escrologiste, commencez par rendre gratuit les préservatifs et obligez chaque femme à n'avoir qu'un SEUL enfant...en 1 génération on divise la population par 2, et en 2 générations par 4, lorsqu'on retrouvera 1 Milliard d'humanoïdes , on pourra dire que le combat est gagné....etc.…..

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