Construction de nouveaux EPR : la décision repoussée à 2021

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(Crédits : Reuters)
Selon un document ministériel, l'exécutif ne décidera pas de lancer la construction d'une nouvelle série de réacteurs nucléaires EPR avant 2021, estimant qu'il faut d'abord maîtriser les coûts de construction.

Le gouvernement laisse la porte ouverte à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR en France à l'avenir, mais il veut, avant de se prononcer, avoir la garantie que les coûts seront maîtrisés. Dans un document de travail du gouvernement qu'a consulté l'AFP et rédigé dans le cadre de la feuille de route énergétique de la France (dont sa présentation a été reportée au mois de novembre), le gouvernement envisage, en effet, de repousser entre 2021 et 2025 la décision de construire une "nouvelle série" de réacteurs EPR.

Au préalable, la filière nucléaire devra mettre au point avant mi-2021 un "programme industriel" qui garantisse que ces futurs EPR auront un coût acceptable. Lors d'une audition en avril à l'Assemblée nationale, le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy avait évalué la fourchette de coûts entre 60 et 70 euros/mégawattheure.

La mise en service d'une première centrale en 2030 est peu probable

EDF travaille depuis plusieurs années au développement d'un modèle d'EPR simplifié, moins cher et moins long à construire, alors que les chantiers actuels, dont celui de Flamanville (Manche), ont multiplié les retards et les surcoûts. Depuis de longue date, le groupe demande à ce que l'Etat enclenche le processus pour déployer de nouveaux réacteurs afin de remplacer une partie des 58 réacteurs du parc français qui vont progressivement devoir fermer, atteints par la limite d'âge.

Dans sa contribution au débat public sur la feuille de route énergétique, le groupe affirmait vouloir mettre en service une première centrale "en 2030 ou à peu près". Mais si le gouvernement ne se prononce pas avant 2025, ce calendrier a peu de chance de se concrétiser compte tenu des délais de préparation technique et réglementaire.

Aucune fermeture de réacteur mentionnée

Le document de travail, axé sur les solutions technologiques d'avenir pour l'énergie, ne mentionne en revanche aucune fermeture de réacteur. Un "programme de recherche" doit même être lancé pour étudier le prolongement de la durée de vie du parc existant, sans précision sur l'échéance souhaitée.

Outre le nucléaire, il évoque également les énergies renouvelables, le stockage, la mobilité, le bâtiment ou encore l'hydrogène.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 28/10/2018 à 3:45 :
"...estimant qu'il faut d'abord maîtriser les coûts de construction."

Déjà, qu'Aréva arrive à en finir ne serait-ce que déjà un sur les deux chantiers en cours, pour voir si ça fonctionne...

Avant de maitriser les coûts, faudrait déjà être capable de la construire.
a écrit le 27/10/2018 à 20:33 :
Pourquoi ne pas avoir le courage et sortir du nucléaire trop dangereux et trop coûteux à long terme?
Réponse de le 28/10/2018 à 7:25 :
Parce qu il n'y a pas d'autres solutions. Les energies renouvelables, en raison de leur intermittence, ne seront pas une solution avant longtemps ...
a écrit le 27/10/2018 à 10:42 :
Il y a des priorités : Intégrer du solaire thermique et hybride dans l'habitat et les réseaux de chaleur a plus rapidement un impact positif que par exemple l'isolation qui prend bcp plus de temps et coûte plus cher même si c'est à faire. De même isoler les toitures est plus efficace que les parois. Favoriser les pompes à chaleur de Cop supérieur à 5 plutôt que le bois. Favoriser les véhicules électriques légers (moins de 400 kg intégrant le maximum de solaire car on n'a plus besoin de batterie de plus de 60 kg). Favoriser les renouvelables qui disposent d'important marchés mondiaux plutôt que de nouveaux EPR qui ne sont plus compétitifs et que l'on ne vendra plus guère etc.
a écrit le 27/10/2018 à 9:42 :
Celui en construction n'est pas acheve pour cause de malfacons.
Comment des lors se projeter dans un futur proche alors que l'on est dans l'incapacite de finir le job ?
Il faut supprimer les enarques.
a écrit le 26/10/2018 à 15:48 :
Mais au moins ce qui est positif, c'est que le gouvernement semble déjà vouloir commencer à préparer l'opinion à cette décision.
a écrit le 26/10/2018 à 15:29 :
Tant que Macron aura des écolos dans sa majorité, tant que ces écolos auront cette vieille idéologie antinucléaire dans leur canevas politique, et tant qu’il aura encore moyen de repousser sur ses successeurs cette décision nécessaire mais impopulaire, il n’y aura pas de surprise.
a écrit le 26/10/2018 à 12:08 :
Macron n'a aucune vision et repousse les décisions aux calendes grecques (C.a.d quand Jupiter aura été renvoyé dans ses foyers...).
Réponse de le 26/10/2018 à 14:08 :
@ CQFDT : et c'est quoi votre vision du mix énergétique optimal et le moins coûteux en France pour les décennies à venir vous qui savez tout ?
Réponse de le 26/10/2018 à 15:39 :
Je ne réponds pas aux provocations :-)

Mais je vais développer.

Pas de programme de développement du nucléaire avant 2021..ou 2025.
Pas de fermeture de réacteur (alors que celui de Fessenheim était dans les promesses de campagne de Macron et quasiment acté).

Au demeurant, pas de plan de développement de l'éolien, de l'hydrolien, du photo-voltaïque, du solaire thermique, de l'hydrogène. Pas de plan de généralisation de la récupération des eaux de pluie et de leur utilisation industrielle ou domestique, pas de création de filières dédiées à la mise en œuvre des énergies propres (formations-labellisations-fiscalité...).
Pas de plan pour la généralisation des bornes de recharge, etc..etc.

Bref, mis à part une fiscalité lourdingue qui crée de la mauvaise l'inflation (stagflation) et quelques mesures ponctuelles (utiles mais ..ponctuelles) reprises de l'ex, son programme est vide alors qu'il y aurait même un trop-plein d"idées concernant la réduction de la consommation énergétique et la production "verte".

En gros, Macron a décidé de ne rien décider avant la fin de son quinquennat. Il me rappelle un certain Sarkozy qui a fini par lâcher un jour "l'écologie ça commence à bien faire.." comme s'il en avait déjà trop fait.
Réponse de le 27/10/2018 à 10:59 :
@ CQFD : attendez au moins le détail de la PPE pour juger car il y a des mesures dans de nombreux domaines mais le souhait également de contrôler les dérives antérieures (avant 2011) et l'endettement qui est de plus de 2200 milliards d'euros. Il y a bien eu réduction rétroactive des prix de l'éolien et le solaire a vu également ses prix baisser. II y a également demandes aux grands opérateurs de progresser pour accélérer la décarbonisation.Total est mieux placé que beaucoup d'autres pétroliers. EDF fait beaucoup de renouvelables et de stockage en plus de viser une part élevée de bornes électriques. Engie idem. Tout n'est pas affiché mais il y a bien des négociations et évolutions en cours. C'est le bilan de N. Hulot qu'il faut juger. Celui de de Rugy se met en place depuis à peine 2 mois. Et les sujets sont plus complexes car la récupération généralisée de l'eau de pluie n'est pas aussi simple car elle fait que certains réseaux ne sont plus rentables à exploiter à certaines périodes alors qu'a d'autres il y a une demande accrue d'eau quand il y a sécheresse. Donc régulation plus compliquée qu'il n'y paraît surtout avec le retraitement. Je sais c'est un peu technique et économique mais comme tous ces sujets.
Réponse de le 27/10/2018 à 14:20 :
Par nature, l'écologie est un sujet transverse, on ne peut pas imputer le bilan passé au seul Mr Hulot, puisque comme il l'a déclaré "j'étais seul".

Effectivement Borne était en train de casser du cheminot, Travers et Mezard en train de fouetter les collectivités locales et de louer le Glyphosate, Collomb (en charge des préfectures) en train de réver de Lyon et Phillipe a consciencieusement saboté le vote des propositions de Hulot à l'assemblée nationale avec la complicité active d'un certain François De Rugy

Maintenant que de Rugy a changé de fonction, on peut toujours rêver que les baleines se transforment en bébés chats. Je suis virulent mais réaliste, j'en ai peur.

Pour ce qui est des énergies "nouvelles". EDF a une expérience historique du stockage mais est en train de céder au privé ses conduites forcées.Je les soupçonne de ne promouvoir la mobilité électrique que pour justifier et pérenniser leur programme nucléaire, ce qui quelque part me rappelle l'engouement pour le chauffage tout électrique des années 70-80.

Total, je vous le concède, s'intéresse au renouvelable depuis des années, de la même façon qu'il s'est intéressé de très près aux hydrocarbures de shistes et au CBM (Gaz de houille). Il n'en reste pas moins que son coeur de métier est la recherche et production d'hydrocarbures pour encore quelques décennies.

En vous lisant j'ai cru avoir commis un abus de langage, mais j'ai bien parlé d'eau de pluie et non d'eaux grises, qui n'est pas exactement le même sujet.
Il est particulièrement stupide de consommer de l'eau potabilisée à grand frais pour laver un carrelage, arroser des fleurs, remplir des radiateurs, laver du linge ou évacuer les sanitaires.
La création de centaines de milliers de réservoirs d'eau de pluie est le meilleur moyen de lisser les flux dans les égouts en cas d'orage et de baisser la demande en été. Et Dieu sait qu'on va vers des épisodes de sécheresse/inondations et que la création de tampons sera utile.
a écrit le 26/10/2018 à 9:44 :
Peut être faut-il demander aux chinois de construire "nos" EPR ?
Réponse de le 28/10/2018 à 7:32 :
EDF ayant aidé les chinois à construire et démarrer leurs EPR, on peut supposer que la construction en France de nouveaux EPR, sauf batons dans les roues de lobbies écolos, ira beaucoup plus vite et pour beaucoup moins cher que les tetes de Série ( Finlande et Flamanville)

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