Crise de l'énergie: pourquoi le prix du gaz flambe de nouveau et pourquoi cela inquiète tant
Juliette Raynal
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Gazprom prévoit encore d'interrompre les livraisons de gaz vers le Vieux Continent, via le gazoduc Nord Stream 1, du 31 août au 2 septembre, pour des raisons de « maintenance ».
Le cours du gaz en Europe a atteint, lundi 22 août, 295 euros le mégawattheure. Un niveau plus de six fois supérieur aux prix observés il y a un an. Cette flambée du prix du gaz, qui pourrait encore s'accentuer dans les semaines et mois à venir, entraîne mécaniquement une envolée des prix de l'électricité sur les marchés de gros et fait craindre une récession. Explications.
295 euros le mégawattheure (MWh). C'est le prix qu'a atteint, hier, le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence du marché européen du gaz naturel. Ce niveau extrêmement élevé, qui n'avait pas été atteint depuis les séances très volatiles des premières semaines de l'invasion russe de l'Ukraine au printemps dernier, est le résultat du chantage énergétique que mène la Russie à l'encontre de l'Europe.
295 euros le MWh, cela reste en-dessous du record atteint à la mi-mars, lorsque le cours du gaz européen frôlait les 335 euros le MWh. Mais cela demeure un niveau plus de six fois supérieur aux prix observés il y a un an, où le contrat à terme du TTF néerlandais s'élevait à environ 46 euros le MWh.
Et la tendance ne semble pas prête de s'inverser. Gazprom, le géant gazier aux mains du Kremlin, a estimé, le 16 août dernier, que les prix du gaz en Europe pourraient augmenter de 60% pour dépasser 4.000 dollars (3.946,94 euros) les 1.000 mètres cubes l'hiver prochain.
Plus de 20% en une journée
Si les prix du gros du gaz flambent de nouveau (plus 20% en une seule journée !) c'est justement parce que le géant russe Gazprom prévoit encore d'interrompre les livraisons de gaz vers le Vieux Continent, via le gazoduc Nord Stream 1, pendant trois jours, du 31 août au 2 septembre, pour des raisons de « maintenance ».
Une « tentative évidente d'exploiter la dépendance de l'Europe au gaz russe », dénonce Ludwig Möhring, directeur de l'Association des producteurs allemands de pétrole, gaz et de la géothermie (BVEG), cité par l'AFP.
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Selon lui, une brève fermeture de Nord Stream 1, « ne ferait pas une grande différence », mais cette opération peut engendrer deux risques : que la Russie « prétende à tort qu'elle ne peut pas rouvrir le gazoduc », en prétextant un nouveau problème technique. Or, en temps normal, ce gazoduc peut acheminer 167 millions de mètres cubes de gaz quotidiennement selon Gazprom. Cela en fait la principale infrastructure d'exportation de gaz russe vers l'Allemagne, puis l'Europe. Second risque potentiel : que la Russie ferme ses autres gazoducs approvisionnant l'Europe.