Le rapport 2026 de l’OFPM montre que la flambée des prix depuis 2021 provient à la fois des matières premières agricoles et du rattrapage des marges en aval dès 2023. Mais malgré cette reconstitution, aucun acteur n’a retrouvé ses niveaux de rentabilité d’avant-crise.Les chiffres mis en avant par les agro-industriels et les distributeurs afin de s’accuser mutuellement de s’enrichir sur le dos des consommateurs doivent être analysés dans leur ensemble. Et ce dernier montre qu’après le choc inflationniste de 2021, tous les acteurs de la chaîne alimentaire ont été impactés et ont dû mettre en place des stratégies de survie. C’est le message principal qui ressort du rapport 2026 remis au Parlement par l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM), dont la mission depuis 2010 est d’objectiver la répartition de la valeur entre producteurs, transformateurs et grands distributeurs : une question de plus en plus politiquement inflammable en France.
« Après un choc inflationniste comme celui de 2021, il faut analyser l’entièreté de la période pour comprendre ce qu’il s’est passé », explique Sophie Devienne, présidente de l’OFPM depuis trois ans. « Si les premières années on constate un amortissement pratiqué par l’aval, tous les maillons tentent ensuite de reconstituer leurs marges brutes », détaille celle qui est également professeure d’agriculture comparée et de développement agricole à AgroParisTech.
Une reconstitution des marges brutes à partir de 2023
En passant en revue 10 filières et 34 produits composés d’une seule matière première agricole, sur le fondement des données partagées par les acteurs concernés, le dernier rapport de l’OFPM confirme en effet qu’en 2022 l’inflation alimentaire était essentiellement imputable aux prix agricoles. Ces derniers y ont contribué pour 5,5 points sur 7,6.