Déchets : pourquoi l'interdiction des sacs en plastique profite au tri et au compostage

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Quand un habitant composte ses bio-déchets, le tri des emballages augmente automatiquement, profitant d'un effet d'entraînement, et les erreurs diminuent, affirme l'élu de Gironde.
Quand un habitant composte ses bio-déchets, le tri des emballages augmente automatiquement, profitant d'un effet d'entraînement, et les erreurs diminuent, affirme l'élu de Gironde. (Crédits : Reuters)
L'entrée en vigueur de l'interdiction des sacs en plastique à usage unique, à partir d'aujourd'hui pour la distribution aux caisses et dès janvier pour les rayons des fruits et légumes, va réduire la pollution au plastique. Selon le président du réseau Compostplus Alain Marois, la diffusion de sacs compostables et bio-sourcés devrait aussi encourager le geste de tri, notamment des bio-déchets,

Certains supermarchés s'en sont déjà débarrassés depuis quelques temps. Mais formellement, l'interdiction de distribuer lors du passage en caisse des sacs en plastique fins est entrée en vigueur aujourd'hui. Afin d'éviter la contamination des sols et des océans provoquée par leur dispersion dans la nature, ils devront être remplacés par des sacs en papier, en tissu ou en plastique épais. A partir du 1er janvier 2017, l'interdiction s'étendra aux sacs des rayons fruits et légumes qui seront supplantés par des sacs bio-sourcés et compostables.

Compostplus, réseau de collectivités locales promouvant l'échange de bonnes pratiques en matière de compostage des bio-déchets, vient de tester l'impact de ces derniers dans un bassin de 600.000 habitants autour de Montpellier, en les distribuant dans les rayons fruits et légumes de plusieurs enseignes. L'expérience pilote, accompagnée d'une campagne de communication, a eu un effet positif aussi sur le geste de tri, selon le sondage qui l'a suivie. Alain Marois, conseiller départemental de Gironde et président de Compostplus, explique à La Tribune le lien entre l'abolition des sacs en plastique à usage unique et la valorisation des déchets.

La Tribune: Pourquoi votre réseau, qui soutient le compostage, se réjouit-il de l'interdiction des sacs en plastique à usage unique et de leur prochain remplacement par des sacs compostables?

Alain Marois: L'utilisation de sacs parfaitement compostables, qui en se dégradant ne produisent que de l'eau et du gaz carbonique, est incontournable dans la collecte des bio-déchets, pour la réalisation d'un compost non nocif pour l'agriculture.

Ils font donc évidemment partie des bonnes pratiques promues par notre réseau, dans la perspective de préserver la capacité alimentaire d'un territoire en restituant aux sols une matière organique triée à la source de bonne qualité.

Pour les collectivités chargées de la collecte des ordures, que nous représentons, substituer les sacs en plastique avec des sacs compostables présente aussi l'avantage d'éviter la nécessité d'éliminer un déchet supplémentaire. La distribution de ces sacs incite par ailleurs le consommateur à composter ses déchets organiques, en le mobilisant dès l'acte d'achat.

Sacs traditionnels, compostable, bio-dégradable... plusieurs catégories de sacs à usage unique existent. Ne craignez-vous pas que la distribution de sacs compostables en dehors des réseaux de collecte induise une confusion chez le consommateur, avec des effets sur la qualité du tri?

Non, au contraire: on constate généralement que, quand un habitant composte ses bio-déchets, le tri des emballages augmente automatiquement, profitant d'un effet d'entraînement, et les erreurs diminuent. Le traitement des emballages sera d'ailleurs moins cher, car ils seront plus propres.

Des campagnes d'information doivent toutefois sans doute accompagner ces actions, notamment à propos des sacs oxo-dégradables, mis sur le marché à la place des sacs en plastique traditionnels mais encore plus pernicieux, car ils se fragmentent en petites particules ingérées par la faune.

Quel peut être le bénéfice de ce remplacement dans les collectivités où les bio-déchets ne sont pas collectés?

Même s'ils finissent dans les ordures ordinaires, ces sacs seront plus faciles à éliminer. Ils sont en outre en partie -et dans des proportions croissantes- bio-sourcés, à savoir produits à partir de matières renouvelables comme l'amidon de maïs ou de pomme de terre, ce qui en réduit l'empreinte écologique. Notre réseau prône d'ailleurs l'augmentation de cette part bio-sourcée des sacs compostables, pour qu'elle atteigne 40%.

Par ailleurs, si les collectivités qui offrent un service de collecte séparée des bio-déchets, sont encore minoritaires (110), leur nombre s'accroît. La loi française les encourage en ce sens, tout en leur garantissant la possibilité de choisir la forme de traitement des bio-déchets (compostage individuel, semi-collectif, collecte séparative) le plus adapté à leur contexte.

Propos recueillis par Giulietta Gamberini

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Commentaires
a écrit le 02/07/2016 à 6:13 :
Rien ne se perd , tout ce transforme...

Monsieur Alain Marois dit : l'utilisation de sacs..., qui en se dégradant ne produise que de l'eau et du gaz carbonique ...
Donc le résultat du sac avec le temps est H2O + CO2...

On pourrait me fournir la composition chimique du sac de Monsieur Marois qui contient de l'hydrogène , du carbone et de l'oxygène...

a écrit le 01/07/2016 à 17:19 :
Mme Royal, ca fait des lustres qu'on n'a plus de sachets plastiques fins aux caisses des supermarchés, comme le souligne E Leclerc, depuis 1996 !

Restent les sachets qui emballent les légumes, les fruits, les viandes à la coupe etc etc...
Tout en remarquant qu'il faudrait des centaines de sacs pour obtenir un volume organique équivalent à une grosse PDT, Le problème n'est pas qu'ils soient compostables, en général ils sont salis et terminent dans les déchets ménagers qui sont incinérés,

Ce qui compte in fine, c'est qu'ils soient fabriqués avec des bio-matériaux pour le bilan carbone et que la filière de traitement ne les laisse pas trainer, comme par le passé dans des décharges à ciel ouvert, ou jetés dans les estuaires ou en mer.
Réponse de le 01/07/2016 à 20:52 :
La filière plastique ne prend que les flacons dans les conteneurs "emballages", le reste -> brûlé. Parce qu'ils sont peu variés, et identifiés, donc faciles à gérer (recyclage, tricotage, ...). Plastique mince, épais, propre, gras, tortueux, incolore, chargé, ... à incinérer, trop complexe à gérer.

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