EDF : l'Elysée dans la dernière ligne droite pour trouver un successeur à Jean-Bernard Lévy
Marc Endeweld et Fabrice Gliszczynski
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
PASCAL ROSSIGNOL
Marc Endeweld et Fabrice Gliszczynski
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
PASCAL ROSSIGNOL
En France, sur le front de l'énergie, la panique gagne les responsables politiques comme les professionnels du secteur. Entre la situation mondiale concernant l'approvisionnement en gaz et les difficultés du parc nucléaire français, l'inquiétude est montée d'un cran en cette rentrée. Dans ce contexte, le processus de recrutement du futur patron d'EDF est dans toutes les têtes. Qui pourra sauver la situation de l'électricien national en voie d'être étatisé et confronté à des difficultés majeures, inédites depuis 1945 ? Quel profil sera le plus à même de répondre à l'urgence de la situation et aux injonctions contradictoires de l'État ? Depuis plusieurs jours, les médias spécialisés et le petit Paris des affaires scrutent les potentiels candidats. L'heure du choix approche, conformément à ce qu'avait confié Bruno Le Maire à des journalistes présents aux Rencontres d'Aix-en-Provence en juillet lorsqu'il comptait sur un nouveau patron en septembre. Et ce ne sont pas les récentes critiques du PDG actuel, Jean-Bernard Lévy, à l'encontre de la politique énergétique de l'Etat qui vont pousser l'exécutif à retarder l'échéance.
À lire également
Pour autant, face à l'ampleur de la tâche (résoudre à court terme les problèmes du parc nucléaire et conduire, à plus long terme, le plus gros programme électronucléaire du monde occidental), les candidats ne se sont pas bousculés au portillon, et le gouvernement a déjà subi de nombreux refus. Tout cela se fait dans une certaine « opacité », dénoncent plusieurs acteurs du secteur, « alors que c'est un sujet d'intérêt national. Il ne s'agit pas uniquement de l'avenir d'EDF, il s'agit de l'avenir de la France dans les tous prochains mois et années ! », ajoute l'un d'eux. Ce n'est pas le moindre des paradoxes de ce dossier, l'avenir de l'entreprise publique a notamment été confié à un cabinet de recrutement américain, Heidrick & Struggles, bien connu néanmoins de l'Etat qui l'avait déjà missionné pour recruter certains patrons d'entreprise dans lequel l'Etat est présent au capital, comme Ben Smith pour prendre les rênes d'Air France-KLM en 2019. De fait, au sein du gouvernement, les positions ont du mal à s'aligner.
Marc Endeweld et Fabrice Gliszczynski