Devenu le leader des opérations de transbordements de gaz naturel liquéfié (GNL) de navire à navire en Europe, le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne devrait doubler ses capacités de chargement de camions citernes pour accompagner la croissance du GNL dopée par l’accélération de la transition énergétique et le marché de la mobilité.Filiale du groupe Engie, Elengy pourrait décider l'été prochain d'investir dans une deuxième station de chargement de camions citernes de GNL (gaz naturel liquéfié) sur le site du terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne, dans l'estuaire de la Loire.
«Le GNL est la plus propre des énergies fossiles. Comparé au charbon, au pétrole ou au fioul lourd, il permet une suppression des émissions de soufre et de particules, il réduit de 80 % des émissions d'oxyde d'azote (NOx) et supprime de 20 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2). Il est devenu une véritable alternative pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement climatique. C'est pourquoi nous voulons contribuer à accélérer la transition énergétique des transporteurs et des industriels isolés en leur apportant des solutions pour de nouveaux usages liés au remplacement des moteurs utilisant le fioul lourd, le GPL ou le diesel», indique Giuseppe Spotti, directeur de la stratégie, du développement et de la commercialisation d'Elengy, qui, sur la façade atlantique et méditerranéenne, envisage la création de hubs multimodaux et multiservices.
Engagé dans cette voie depuis 2013, le terminal méthanier de Montoir, l'un des trois sites de déchargement et regazéification d'Elengy en France (avec Fos Tonkin et Fos Cavaou) a, l'an dernier, permis le chargement de 2854 camions citernes (+24%) pour alimenter des stations-services ou des industriels non raccordés au réseau. Sur ses trois terminaux (Montoir, Fos Tonkin et Fos Cavaou), Elengy a franchi en janvier 2021 le seuil des 35 000 camions-citernes chargés depuis le lancement de ce service en 2013.
La fructueuse stratégie du transbordement indirect
Construit dans les années soixante-dix, le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne est devenu depuis 2018 le leader des opérations de transbordement de GNL en Europe. Grâce aux investissement réalisés dès son origine dans l'estuaire de la Loire pour réaliser ces opérations de transbordement, le site a pu accueillir les plus grands méthaniers du monde, longs de 345 mètres comme le Q-Flex ou le Q-Max de 270.000 tonnes armés par les Qataris ou le méthanier brise-glace russe de type Arc 7. « Imaginer que la taille des navires allait atteindre celle des Q-Max , il fallait vraiment être visionnaire », fait remarquer Giuseppe Spotti. Car, les transbordements « directs » ou « indirects » utilisés pour renvoyer le GNL vers des marchés du gaz plus porteurs ou, tout simplement, pour changer de navires, sont devenus cruciaux.