Hinkley Point C : le Pdg d'EDF exclut tout report du projet

Renoncer à construire deux réacteurs nucléaires (EPR) supplémentaires à Hinkley Point, au Royaume-Uni ? Selon Jean-Bernard Lévy, une telle décision ne serait "ni nécessaire, ni faisable". La rumeur faisant état d'un partage inéquitable des risques avec le partenaire chinois CGN serait d'ailleurs infondée.

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D'abord un tel report - je ne sais de quelle durée, trois ans, cinq ans, six ans - n'est pas une option pour le gouvernement britannique et l'amènerait à se tourner vers des solutions alternatives, a expliqué Jean-Bernard Lévy.
"D'abord un tel report - je ne sais de quelle durée, trois ans, cinq ans, six ans - n'est pas une option pour le gouvernement britannique et l'amènerait à se tourner vers des solutions alternatives", a expliqué Jean-Bernard Lévy. (Crédits : © Suzanne Plunkett / Reuters)

Jean-Bernard Lévy ne cédera pas face aux doutes quant à la pertinence et à l'urgence du projet de construire deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, en Angleterre. Lors d'une audition devant la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, mardi 5 avril, le PDG de l'électricien public français EDF a exclu de le reporter, estimant qu'une telle décision ferait entrer le groupe "dans une zone d'incertitude majeure".

"Le projet (...) est rentable mais il est également mûr, et tout est prêt pour le lancer", a-t-il déclaré, cité par l'AFP, en insistant:

"Le report n'est pas opportun. Certains évoquent la nécessité de reporter le projet après la mise en service de Flamanville et de Taishan. Ce n'est ni nécessaire, ni faisable."

Des risques "identifiés" et "partagés"

Jean-Bernard Lévy a ainsi expliqué plus en détail ce choix:

"D'abord, un tel report - de je ne sais de quelle durée, trois ans, cinq ans, six ans - n'est pas une option pour le gouvernement britannique et l'amènerait à se tourner vers des solutions alternatives. (...) [Ensuite,] le partenariat avec nos coopérants chinois serait remis en cause. (...) Les contrats avec les principaux fournisseurs, qui permettent aujourd'hui de sécuriser 70% des coûts, devraient être renégociés. Les dépenses déjà engagées sur le projet seraient en grande partie perdues. Nous entrerions dans une zone d'incertitude majeure."

Réagissant à des informations de presse affirmant notamment qu'EDF assumerait plus de risque dans le projet que son partenaire chinois CGN, qui prend en charge un tiers du financement, il a déploré:

"Il est clair qu'aujourd'hui des rumeurs tout à fait infondées circulent".

La revue des risques, menée à sa demande, a conclu à des risques "bien identifiés et (...) surmontables, moyennant la mise en oeuvre d'une série de recommandations" que le Pdg s'est engagé à appliquer en "totalité", a-t-il assuré, en soulignant:

"Les risques seront partagés avec nos partenaires chinois".

Le ministre de l'Economie français, Emmanuel Macron, a assuré qu'EDF prendrait, début mai, une décision finale d'investissement pour lancer ce projet qui coûtera à EDF 18 milliards de livres (environ 23 milliards d'euros).

(Avec AFP)

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> Pour aller plus loin:

Hinkley Point C : en préférant les renouvelables au nucléaire, le Royaume-Uni économiserait 50 milliards d'euros

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Commentaires 2
à écrit le 12/04/2016 à 22:57
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l'ensemble des articles sur Hinkley point montre la vulnérabilité d'un tel projet. Il ne se passera pas cinq ans avant qu'une solution technologique alternative à cet énorme projet et qui ne sera ni le solaire ni l'éolien remette en cause ce projet...

à écrit le 07/04/2016 à 9:35
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Comme d'habitude, les anglais ne mettront au départ pas un sou, puis quand les créanciers craqueront, ils ramassent les paquets de dettes pour rien. C'est le coup du tunnel sous la Manche , bis. Il leur sera facile de torpiller à petit feu le projet...

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