La France peut-elle se passer de gaz russe ? "A terme, oui" selon le patron d'Engie
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Le conseil d'engie se prononcera mercredi sur l'offre de veolia, dit clamadieu
PHILIPPE WOJAZER
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Le conseil d'engie se prononcera mercredi sur l'offre de veolia, dit clamadieu
PHILIPPE WOJAZER
Court, moyen ou long ? Après avoir considéré fin mars que la France aurait besoin "à moyen terme ou à long terme" du gaz russe, le président d'Engie a estimé que notre pays serait "probablement capable de réduire de manière très importante" sa dépendance d'ici à "trois ou quatre ans".
"À terme, oui. La question, c'est à quel terme", a déclaré Jean-Pierre Clamadieu ce 7 mai au micro de France Inter. Son acheminement repose en effet sur tout un réseau d'infrastructures (gazoducs, installations de liquéfaction, etc.) complexe à mettre en place.
D'autant que le gaz russe représente toujours 20% des approvisionnements d'Engie. Aussi a-t-il annoncé le 3 mai dernier l'achat de 1,75 million de tonnes par an de gaz naturel liquéfié (GNL), issu d'un procédé de fracturation hydraulique interdit en France, à l'américain NextDecade, en provenance du futur terminal texan Rio Grande à partir de 2026 et pour quinze ans.
Un revirement déjà entamé fin mars, puisqu'Engie avait alors étendu un contrat avec un autre groupe américain, Cheniere Energy, afin de lui acheter plus de GNL que prévu, et ce pour une vingtaine d'années. L'entreprise tricolore ne compte donc pas abandonner le précieux hydrocarbure de sitôt, avec ces nouveaux contrats courant jusqu'à 2040 et au-delà.
Et pourtant, le GNL, qui doit être liquéfié puis regazéifié, et qui transite par voie maritime, s'avère pour le moins polluant. Dans le détail, son empreinte est de 58 grammes de CO2 par kilowattheure (KWh) en moyenne, contre 23 gCO2/KWh pour le gaz « classique » acheminé via des pipelines. Sans compter que celui produit sur le sol américain passe par une « fracturation hydraulique », c'est-à-dire un forage en profondeur, mobilisant de grandes quantités d'eau et de produits chimiques pour briser les roches.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Un procédé interdit en France depuis 2011, du fait d'un risque de contamination des nappes phréatiques mais aussi de fuites de méthane, ce gaz à effet de serre au potentiel 80 fois plus réchauffant que le CO2 sur une échelle de vingt ans. C'était d'ailleurs ce point précis qui avait concentré les critiques en 2020, et abouti au renoncement du contrat avec NextDecade. Mais la donne a changé, se défend aujourd'hui Engie.
Parallèlement, l'énergéticien a lancé, le 5 mai, un label « TED » (pour « transition énergétique durable ») censé 'donner aux citoyens et aux territoires des gages de rigueur et de transparence'" sur le développement des parcs éoliens, afin qu'ils puissent se les "approprier".
Co-conçu avec le Bureau Veritas, leader mondial des services d'audit et de certification, il englobera, dès le mois de juin, les activités solaires et éoliennes d'Engie en France, avant d'être étendu à la méthanisation durant 2022, assure le groupe. Des audits de suivi par Bureau Veritas seront ensuite prévus en 2023 et 2024.
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Concrètement, ce label comporte neuf engagements "qui vont au-delà des exigences réglementaires et qu'Engie s'engage à déployer systématiquement", fait valoir l'entreprise. Afin de renforcer l'implication des parties prenantes, il s'agira par exemple de déployer, pour chaque projet, un "dispositif sur mesure et évolutif d'interactions", ou encore de "fournir à la commune d'implantation une évaluation des impacts positifs".
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