Le minage des cryptomonnaies suspendu au Québec par le ministère de l'Énergie

mining
DR
À l'heure où le débat fait rage sur la consommation d'énergie des monnaies virtuelles, ou "crypto-actifs" comme il est désormais convenu de les appeler, le Québec a décidé de mettre le holà. La province francophone du Canada a décrété en fin de semaine dernière "un nouvel encadrement pour la catégorie de consommateurs d'électricité relative à l'usage cryptographique appliqué aux chaînes de bloc" (Blockchain), du fait d'une "demande sans précédent" des entreprises de ce secteur "en plein essor". Visiblement, l'heure est grave :
Concrètement, un arrêté ministériel suspend temporairement le traitement de toute demande issue de ce secteur, "afin de permettre à la Société d'État de pouvoir continuer de s'acquitter de ses obligations de distribution sur l'ensemble du territoire du Québec" et un décret engage la Régie de l'énergie à étudier la tarification pour cette catégorie de très gros consommateurs d'énergie.
Ces demandes "totalisent plusieurs milliers de mégawatts et ne cessent de croître depuis l'année 2017" précise l'arrêté ministériel. Plus de 10.000 mégawatts selon un responsable d'Hydro-Québec interrogé en mars dernier et même 17.000 mégawatts selon l'agence Reuters, à comparer aux 36.000 mégawatts de capacité de production hydroélectrique de l'entreprise publique.
Pour le moment, Hydro-Québec n'accordera que 500 mégawatts aux "mineurs" de cryptomonnaies, qui utilisent la puissance de calcul informatique d'ordinateurs aux cartes graphiques spéciales pour authentifier la transaction sur la chaîne de blocs, ce dont ils sont rémunérés par la création de nouveaux bitcoins ou autres crypto-actifs. Cette quantité de 500 mégawatts serait suffisante pour alimenter une usine de fusion d'aluminium.
À lire également
Plus de 200 entreprises de cryptominage souhaitent s'implanter au Québec, où l'électricité est particulièrement abordable. L'entreprise québécoise Bitfarms exploite déjà quatre "fermes" dans la province et souhaite ouvrir cet été une "méga-ferme" qui représentera un investissement de 250 millions de dollars. Le Québec ne veut surtout pas donner l'impression d'être anti-crypto. Le patron de la branche distribution de l'entreprise publique Eric Filion, insiste :
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.
