Le numérique pour décarboner la logistique du dernier kilomètre

embouteillages, camions
Reuters

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Et si la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans la logistique du dernier kilomètre commençait dès les entrepôts ? Outre les transports, le secteur des bâtiments, résidentiels et tertiaires, est le premier émetteur de CO2. Les professionnels de l'immobilier logistique utilisent les technologies numériques pour modéliser leurs espaces afin d'optimiser les phases de construction et d'exploitation, notamment en matière de consommation énergétique. « À partir d'une maquette numérique développée par Resolving [éditeur de plateformes collaboratives, ndlr], nous enregistrons les caractéristiques de l'immeuble et nous interrogeons l'exploitant pour connaître ses utilisations, explique Olivier Barge, vice-président de Prologis.
Dans ce secteur, un nouveau métier est né : BIM Manager [Building Information Modeling ou modélisation des données du bâtiment, ndlr], une personne qui sait utiliser la maquette numérique, la fait vivre et l'enrichit de différentes informations. C'est comme une voiture : il est possible d'y ajouter beaucoup de technologies, mais seul le client décide de les utiliser ou non.
Marco Simonetti, le directeur Europe du Sud de Segro, remarque, pour sa part, que les occupants de ses entrepôts s'en servent notamment pour la climatisation, essentielle en cas de stockage de marchandises frigorifiques : « Ils l'utilisent s'il faut changer les filtres, s'il faut planifier à l'avancer l'intervention... Nous en sommes au démarrage. » La gestion numérique des portes est également cruciale. Si elles se ferment mal, elles font entrer le froid ou la chaleur et entraînent des déperditions d'énergie. Si elles refusent de s'ouvrir, il devient impossible de charger les camions. C'est pourquoi elles sont équipées de capteurs qui indiquent le nombre de fois où elles ont été en mouvement, afin de faire de la maintenance préventive.
Dès lors que les marchandises sont sur les routes, des outils Internet permettent à des acteurs différents de se transmettre les biens sans rupture de chaîne. « Si un vigneron veut expédier des caisses de vin à un caviste et une seule à son beau-frère, il ne va pas monopoliser un camion pour quelques bouteilles », explique Éric Petit, président d'Écologie Logistique, une « académie d'experts » privés et publics.
Coordonner, optimiser et tracer les flux. Toutes les parties prenantes ont intérêt à travailler ensemble pour réduire leurs coûts économiques et environnementaux. Geodis, filiale de la SNCF, a ainsi lancé, le 12 novembre, Upply, une place de marché en ligne où les utilisateurs peuvent comparer les tarifs de transport de marchandise safin de les aider à « améliorer leur prise de décision et associer les modes de transport ».
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Les transporteurs peuvent par ailleurs avoir recours à la connectivité dans leurs véhicules s'ils veulent en améliorer l'usage. Concrètement, en installant des boîtiers à bord, il leur est possible d'analyser le comportement d'un conducteur et particulièrement son impact sur la consommation ou les risques d'accidents. L'écoconduite est, en effet, synonyme de réduction des émissions de GES. La géolocalisation des véhicules va, elle, permettre d'optimiser les distances parcourues.
Dans cette optique, Samuel Vals, directeur général de Kuantic, spécialiste de ces solutions machine-to-machine et partenaire de l'équipementier Valeo, travaille sur l'autopartage. « Nous proposons cette solution de façon complètement dématérialisée pour mettre à disposition de différentes entreprises un même camion, explique-t-il. Il n'est plus nécessaire de le faire revenir au point de départ et cela simplifie tellement la gestion opérationnelle que cela limite le nombre de véhicules. »
Grâce à l'intelligence artificielle, coupler des capteurs sur les barrières à la sortie des dépôts avec les données en temps réel du trafic permettra demain d'affiner encore la pertinence d'envoyer ou non des camions supplémentaires sur les routes. Après-demain, avec toutes ces innovations et des utilitaires qui seront autonomes et rouleront à l'électrique - Segro systématise l'installation de bornes de recharge sur ses sites - au biogaz ou même à l'hydrogène, nul doute que la performance environnementale pourra être atteinte.
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ENCADRÉ
En septembre dernier, dans le cadre de son Plan climat, la Métropole du Grand Paris (MGP) a présenté quatre mesures visant à améliorer la livraison du dernier kilomètre :
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Au côté d'institutions publiques et d'acteurs privés, seize communes se sont engagées à travailler ensemble. Depuis, ces villes travaillent à « réaliser l'harmonisation des règlements de voirie et de livraison dans la métropole », c'est-à-dire à rédiger leurs arrêtés municipaux dans les mêmes termes. L'accent est également mis sur le transport fluvial, et particulièrement sur « l'amélioration des conditions d'accès à celui-ci ». Le déploiement des bornes de recharge électrique, GNV, bioGNV et hydrogène est aussi à l'ordre du jour, assure-t-on à la MGP. Prochaine priorité : la mutualisation des outils, voire des sites d'immobilier logistique, dans le cadre d'une expérimentation à Romainville et sur le territoire Grand-Orly Seine Bièvre avec UPS.
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