Le Royaume-Uni autorise une nouvelle exploitation du gaz de schiste

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Le procédé utilisé par le projet de Preston New Road pose problème.
Le procédé utilisé par le projet de Preston New Road pose problème. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Après un premier projet dans le Yorkshire, validé en mai, le gouvernement britannique vient d’autoriser la mise en place d’un nouveau site d’extraction de gaz de schiste sur son territoire, dans le Lancashire cette fois-ci.

Comme si la leçon n'avait pas été retenue... Alors que les populations et les autorités locales du Lancashire, dans le nord-ouest de l'Angleterre, étaient majoritairement opposées au projet d'extraction de gaz de schiste dans la région, le gouvernement a décidé de donner son feu vert. La société de prospection Cuadrilla sera donc autorisée à pratiquer la fracturation hydraulique afin d'extraire le gaz des sous-sols pour son projet de Preston New Road.

Le gouvernement avait déjà autorisé un projet d'extraction de gaz de schiste sur le territoire britannique en mai dernier. La société Third Energy pourra donc rechercher du gaz par fracturation hydraulique dans le Yorkshire à partir de cet hiver. Si le projet de Preston New Road pose davantage problème, cela vient de la solution utilisée pour extraire le gaz : la fracturation hydraulique horizontale. Censée permettre d'extraire plus de ressource, elle présente également un plus grand danger d'un point de vue environnemental.

Une solution d'urgence ?

Cuadrilla a également un second projet dans le Lancashire, baptisé Roseacre Wood, qui lui n'a pas encore été autorisé par le gouvernement. Le ministre des Communautés Sajid Javid "envisage" de donner l'autorisation à cet autre projet une fois que l'entreprise aura réglé les problèmes de sécurité liés à la proximité d'une autoroute.

Si le gouvernement britannique est passé outre les réticences locales pour permettre à Cuadrilla d'agir car le pays se voit confronter à un problème d'approvisionnement énergétique. En effet, un tiers des gisements britanniques de pétrole situés dans la mer du Nord pourraient fermer d'ici à 2020. Phil Foster, directeur du courtier Love Energy, explique ainsi que le gouvernement "n'avait pas le choix" et que le fait qu'il ne tienne pas compte de ce que pense la population du Lancashire pourrait "ouvrir la porte à d'autres projets à travers le Royaume-Uni".

En France, la question du gaz de schiste n'est toujours pas réglée non plus. Si l'extraction de la ressource sur le territoire est toujours interdite, EDF et Engie (ex-GDF Suez) ont prévu d'importer du gaz de schiste américain. Le PDG de Total Patrick Pouyanné s'est également déclaré favorable à cette solution, renoncer à ce marché serait pour lui "une erreur pour l'industrie européenne". La ministre de l'Environnement Ségolène Royal est de son côté opposée à ces importations et elle a déclaré en mai dernier, lors des questions au gouvernement, qu'elle allait "examiner juridiquement la façon dont nous pouvons interdire l'importation de gaz de schiste".

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 08/10/2016 à 20:06 :
Que voulez vous ma pauvre mère....l' Ecosse va probablement faire sécession, pétrole et gaz vont disparaître d' ou un regain pour le nucléaire et la fracturation...sauf que l' Uk n' est pas les Us...en superficie .
a écrit le 08/10/2016 à 13:56 :
Pourquoi pas nous pour faire plaisir aux écolos comme d'habitude 10 ans et plus pour faire avancer un projet on le voit bien avec NDDL si le pétrole a baissé c'est grâce au américains avec leur gaz de schiste
a écrit le 08/10/2016 à 9:53 :
Je ne suis pas spécialement pro gaz de schiste. Le constat sur les politiques énergétiques choisies dans chaque pays interroge sur le consensus qu'il y aurait. En Chine, un choix du nucléaire clairement assumé (ouverture d'un réacteur par mois), au RU, pas de tabou que ce soit sur le nucléaire ou le gaz de schistes (on l'a vu cette année), ce qui est la politique américaine, en Allemagne, le nucléaire a été stoppé et en France, une volonté politique affichée de développer les énergies renouvelables, mais in fine, en voit-on les développements (on sait les problèmes de l'éolien et du solaire..et rien de neuf sous le soleil?).
a écrit le 07/10/2016 à 19:43 :
"Dans l’Oklahoma, le gaz de schiste provoque des séismes à répétition" http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/15/dans-l-oklahoma-le-gaz-de-schiste-provoque-des-seismes-a-repetition_4847904_3244.html

L'argent a ses raisons que la raison ignore.
a écrit le 07/10/2016 à 19:05 :
Bêtise monumentale le gaz de schiste vu son piètre bilan énergétique d'exploitation, son taux de pollution équivalent à celui du charbon et du mazout sur son cycle complet d'exploitation comme l'ont montré les université de Cornell et Stanford entre autres et çà retarde d'autant l'essor des énergies renouvelables et du stockage où il y a encore tant à faire et mieux vaut alors envisager la filière thorium également. On connaît les prix en Europe c'est vraiment une voie de garage et gaspillage surtout quand on voit la durée réelle des puits aux Etats-Unis entre autres. Les énergies fossiles sont déjà plus que largement subventionnées dans le monde. On peut résumer à tout sauf la filière uranium et ses déchets d'ultra longue durée et les énergies fossiles. Allons directement vers les meilleures énergies quitte à faire un effort dans un premier temps si nécessaire mais vues les baisses de prix des énergies renouvelables ce ne sera pas un effort énorme et çà permettra des technologies à l'export et de rattraper certains de nos retards. Total a acquis Sunpower mais n'est même pas en mesure de faire des innovations et offres solaires pertinentes en France et idem pour Engie qui avait racheté Clipsol et n'a développé aucune innovation très intéressante depuis. Si c'est pour nous ressortir le vieux dossier du gaz de schiste pourquoi pas non plus revenir au charbon et à la locomotive à vapeur !

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