« Nous sommes, peut-être, dans la fabrique d’une nouvelle Renaissance » (Virginie Raisson-Victor)
Valérie Abrial
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Patrice Normand/Leextra pour La Tribune
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En ces temps de sobriété énergétique où les mots « adaptation » et « résilience » sont devenus la norme, comment la prospectiviste que vous êtes envisage-t-elle l'avenir ?
Virginie Raisson-Victor- Cela n'a jamais été aussi compliqué qu'aujourd'hui d'avoir une vision du futur. Parce qu'il y a tellement de facteurs de basculement qui interagissent les uns avec les autres. Nous devons faire face à de nombreux enjeux globaux majeurs comme le climat, la biodiversité, les migrations, les pandémies ou la cybercriminalité alors que la communauté internationale et les États n'ont jamais été aussi divisés. Autrement dit, alors que la seule façon d'apporter une réponse efficace aux problématiques qui menacent la sécurité mondiale serait que les États convergent avec la même volonté de les résoudre, l'ordre international qui avait été défini au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lui, est en train de voler en éclat. Il est contesté d'une part, déstabilisé de l'autre. Contesté par des pays comme l'Inde, la Chine ou la Russie. Déstabilisé par la fragilisation de la démocratie aux Etats-Unis, mais également au sein de l'Europe, par le Brexit et la guerre en Ukraine. Un peu comme si l'avion perdait ses pilotes...
S'il n'y a plus de pilote dans l'avion, comment prendre la bonne direction ?
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V.R-V. En fait, que ce soient le climat, la biodiversité ou l'énergie, les grands enjeux appellent des décisions politiques. Or, même si les politiques ont connaissance des enjeux et des risques de long terme, leur pilotage, lui, se fait à court terme. Parce que dans les démocraties ou les entreprises, on tient le gouvernail pour six ans au mieux. Et puis, ce qui est demandé aujourd'hui à un chef ou une cheffe d'État, à un président ou une présidente de région, ou à une entreprise, c'est de produire de l'emploi ou des résultats. Pas d'économiser des ressources ou des émissions de gaz à effet de serre. Or, c'est pourtant bien de cela que dépendent désormais aussi notre avenir et celui des entreprises.
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