La série noire continue pour EDF. Deux jours à peine après la découverte d'une fissure « importante » sur le premier réacteur de Penly (Seine-Maritime), l'électricien a également une autre fissure, sur le circuit d'injection de sécurité de Penly 2. Cette deuxième fissure inattendue n'est, cette fois, pas liée à un phénomène de corrosion sous contrainte, mais à la fatigue thermique. Il s'agit d'une sollicitation thermomécanique dans laquelle une pièce est soumise à d'importantes variations de température. Sa profondeur maximale est de 12 millimètres, précise EDF. Elle est donc moins importante que la première fissure observée sur Penly 1, mais reste plus grande que les microfissures détectées sur les autres réacteurs. Un défaut similaire de fatigue thermique a également été repéré sur Cattenom 3.
« Cet évènement n'a pas eu de conséquence sur le personnel ni sur l'environnement. Néanmoins, il affecte la fonction de sûreté liée au refroidissement du réacteur. En raison de ses conséquences potentielles et de l'augmentation de probabilité d'une rupture, l'ASN le classe au niveau 2 de l'échelle INES en ce qui concerne le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Penly et au niveau 1 pour les autres réacteurs concernés », précise l'agence de sûreté nucléaire, en ajoutant que « plus de 150 soudures ont fait l'objet d'expertises en laboratoire et les contrôles se poursuivaient, avec un programme de contrôle de l'ensemble des réacteurs à partir de 2023. »
Le sort s'acharne donc sur EDF. Alors que l'électricien pensait que le plus gros de la crise était derrière lui après avoir traversé une année noire en 2022, en raison notamment d'un problème de corrosion sous contrainte qui lui a coûté près de 30 milliards d'euros, l'année 2023 pourrait, elle aussi, être minée par ce phénomène.