Nucléaire : Toshiba admet avoir mal calculé les risques, l'action s'effondre

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Le Pdg de Toshiba Satoshi Tsunakawa lors de la conférence de presse du 27 décembre 2017.
Le Pdg de Toshiba Satoshi Tsunakawa lors de la conférence de presse du 27 décembre 2017. (Crédits : REUTERS/Toru Hanai)
La filiale nucléaire du groupe japonais a mésestimé le coût des projets dans lesquels étaient embarquée la société américaine CB&I Stone & Webster, au moment de son rachat l'an dernier. En clôture, mercredi, le titre chutait de plus de 20%.

[Article mis en ligne mercredi 28 décembre à 8h59, mis à jour à 10h55]

Les raisons de la dépréciation d'actifs de "plusieurs milliards de dollars" annoncée mardi par Toshiba sont désormais connues. La direction du conglomérat industriel japonais a reconnu dans la soirée avoir mal calculé les risques lors du rachat par sa filiale nucléaire Westinghouse d'une société du même secteur aux Etats-Unis. "Nous avions jugé à l'époque que les avantage du rachat de CB&I Stone & Webster par Westinghouse étaient supérieurs aux risques", a expliqué le Pdg Satoshi Tsunakawa, lors d'une conférence de presse.

Mais la réévaluation des coûts auxquels est exposée cette firme qui agit dans le domaine de la construction des sites nucléaires ainsi que de la décontamination et du démantèlement, a fait déchanter Toshiba. "Cette réévaluation a été trop tardive", a déploré le Pdg. Les règles comptables américaines imposent une estimation des valeurs des actifs dans l'année suivant leur rachat. Dans le cas présent, Westinghouse a mésestimé au départ le coût de projets dans lesquels était embarquée S&W, d'où la probabilité de devoir prendre en compte une charge exceptionnelle phénoménale toujours en cours d'examen.

La note de Toshiba dégradée

Et le patron de Toshiba de ne pas exclure une révision de la place de l'activité nucléaire au sein du groupe: "A l'heure actuelle, nous n'avons pas pris de décision, mais à l'avenir c'est une possibilité. Je dis cela sans plan concret."

Le titre, dont la cotation a tardé mercredi à l'ouverture, chutait de 20,4% en clôture, tombant à 311,6 yens, le plus bas cours autorisé pour la journée. Il avait déjà lâché 12% mardi.  Le groupe est d'autant plus mal qu'il a perdu en partie la confiance des marchés l'an passé en raison de malversations financières. Et les choses ne risquent pas de s'arranger. L'agence de notation financière Standard & Poor's a dégradé d'un cran à B- la note à long terme de Toshiba. S&P a aussi placé le conglomérat industriel japonais sous surveillance avec une implication négative, ce qui signifie que l'appréciation est sous la menace d'un nouvel abaissement à court terme.

"Le bénéfice net de Toshiba pour l'ensemble de l'exercice 2016/17 sera probablement inférieur à ses prévisions antérieures, et nous pensons donc que ses capitaux propres subiront une érosion considérable, augmentant ainsi la probabilité que son activité et sa situation financière subissent de nouvelles tensions", a justifié S&P dans un communiqué.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 28/12/2016 à 18:48 :
"avoir mésestimé au départ le coût de projets " cela arrive dans beaucoup de secteurs technologiques, sauf que dans le nucléaire on n'a pas droit à l'erreur.
Cela questionne aussi sur l’intérêt de continuer dans la construction de nouveaux réacteurs, d'autant plus dans un contexte d’émergence d'une offre concurrentielle de production électricité.

En cas d’erreur d’évaluation, l'impact sur l'entreprise et même sur l’économie d'un pays peut être catastrophique.
a écrit le 28/12/2016 à 10:56 :
Incompétence flagrante, ne pas anticiper le prix exorbitant du nucléaire c'était une erreur de débutant, quand on évolué à ce niveau on ne peut pas se planter autant.

Quelqu'un de bien informé voit parfaitement que le coût lié à l'utilisation de cette énergie, entre la production de matière première, la combustion, le recyclage les coûts ne font qu'augmenter d'année en année.

Mais notre pays avec son héritage oligarchique a suivi cette voie là par dogme gaulliste sans jamais y réfléchir sans jamais la remettre à jour et donc la remettre en question.

Nous payons cher la gestion économique conservatrice permanente.
Réponse de le 28/12/2016 à 19:01 :
Il est question de Toshiba et non d'EdF écrire n'importe quoi c'est très facile.
Réponse de le 29/12/2016 à 11:25 :
"écrire n'importe quoi c'est très facile. "

En effet et merci de nous le prouver de façon aussi efficace.

Mais puisque vous vous êtes dérangé autant que ce ne soit pas pour rien:

Pouvez vous nous dire en quoi la gestion privée du nucléaire au Japon n'a pas été néfaste je vous prie ? Fukushima ça ne vous dit rien ?

Encore une question qui restera sans réponse, encore un troll qui colle...

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