Shell-BG : méga-fusion à 64 milliards d'euros dans le secteur pétrolier

Le groupe pétrolier et gazier britannique BG Group a été racheté par le géant anglo-néerlandais Royal Dutch Shell. Cette acquisition, la plus grosse depuis le début de l'année, permet au nouveau groupe de réduire l'écart avec Exxon Mobil, première "major" mondiale.
BG pèse 31,2 milliards de livres (42,7 milliards d'euros) en Bourse, tandis que la capitalisation boursière de Shell est de 136,6 milliards de livres (186,9 milliards d'euros).
BG pèse 31,2 milliards de livres (42,7 milliards d'euros) en Bourse, tandis que la capitalisation boursière de Shell est de 136,6 milliards de livres (186,9 milliards d'euros). (Crédits : REUTERS/Luke Mac Gregor. BG Group. Montage : La Tribune.)

| Article publié à 8h03, mis à jour à 9h22.

Royal Dutch Shell, le numéro un du secteur de l'énergie britannique, a annoncé mercredi 8 avril avoir conclu un accord pour racheter le numéro trois, BG Group, pour 47 milliards de livres (64,34 milliards d'euros), réalisant la première méga-fusion dans le secteur pétrolier depuis des années.

Dans un communiqué conjoint, les deux entreprises précisent qu'aux termes de cette offre recommandée par BG Group, Shell paiera 383 pence en numéraire et 0,4454 actions B Shell pour chaque action BG Group, soit une prime de près de 52% sur le cours de Bourse moyen des 90 dernières séances.

Sur ces bases, les actionnaires de BG Group détiendront environ 19% de l'entité fusionnée. BG, qui pèse 31,2 milliards de livres (42,7 milliards d'euros) en Bourse, avait auparavant fait état de discussions avancées avec Shell, dont la capitalisation boursière est de 136,6 milliards de livres (186,9 milliards d'euros), après que le Wall Street Journal a, le premier, rapporté ces pourparlers.

L'action BG Group bondissait de près de 39% mercredi matin dans les premiers échanges à la Bourse de Londres.

Réduire l'écart avec Exxon Mobil

En prenant en compte l'endettement, de quelque 12 milliards de BG, un rapprochement avec Shell est la plus importante opération de fusion et acquisition depuis le début de l'année et la quatrième en importance dans le secteur pétrolier depuis 1996.

En mettant la main sur le numéro trois britannique, Shell, qui est le numéro un devant BP, renforce des positions déjà dominantes dans le secteur du gaz et réduire l'écart avec l'américain Exxon Mobil, première "major" mondiale. À Wall Street, Exxon Mobil pèse 359,7 milliards de dollars (331,6 milliards d'euros).

Un contexte qui rappelle celui des dernières grosses fusions

Ce rapprochement entre Shell et BG intervient dans un contexte de chute des cours du pétrole, qui s'explique surtout par un déséquilibre persistant entre une offre abondante, alimentée à la fois par le boom du gaz de schiste en Amérique du Nord et le refus de l'Opep de baisser sa production, et une demande relativement atone.

Depuis un dernier pic de juin 2014, les prix du pétrole ont été divisés par près de deux, ce qui crée un environnement similaire à celui du début des années 2000, quand ont eu lieu nombre de fusions et acquisitions de grande ampleur dans le secteur. Ce fut alors que BP a racheté Amoco et Arco, qu'Exxon a absorbé Mobil et que Chevron a mis la main sur Texaco. Nombre de banquiers notent toutefois que le temps des méga-fusions est révolu, ne fût-ce qu'en raison du nombre plus limité de cibles.

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Commentaires 3
à écrit le 09/04/2015 à 10:31
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Vous allez un peu vite en annonçant cette aquisition comme acquise... Il reste pas mal de feux verts à obtenir des autorités compétentes (nationales, supra-nationales) avant de considérer cette opération comme acquise. Mais cela devrait être la cas j...

à écrit le 08/04/2015 à 17:19
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Shell ou l'erreur stratégique. Au lieu de pratiquer au meilleur des valorisations comme suggéré en son temps par mes soins, Shell procède dans la panique et avec petit bras. La société laisse donc à d'autres la reprise de BP pour agir sur un axe surt...

à écrit le 08/04/2015 à 10:04
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Et pendant ce temps, le gouvernement français va investir jusqu'à 1,2 milliard d'euros dans le capital de Renault pour porter sa participation de 15,01 % à 19,74 % !!! privatisation, c'est pas français !! voilà pourquoi notre économie descend la pent...

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