Primagaz lance en France une nouvelle énergie renouvelable

 |   |  757  mots
Ce biopropane est produit par hydrotraitement (HVO, hydrotreated vegetal oil) par le groupe finlandais Neste dans une bioraffinerie d'une capacité de 40.000 tonnes par an à Rotterdam, aux Pays-Bas. La maison-mère de Primagaz, le groupe néerlandais SHV Energy, y a investi 60 millions d'euros.
Ce biopropane est produit par hydrotraitement (HVO, hydrotreated vegetal oil) par le groupe finlandais Neste dans une bioraffinerie d'une capacité de 40.000 tonnes par an à Rotterdam, aux Pays-Bas. La maison-mère de Primagaz, le groupe néerlandais SHV Energy, y a investi 60 millions d'euros. (Crédits : 36CLICKS)
Le distributeur de gaz français veut remplacer en 2040 tout son propane par du biopropane, produit à partir de matières végétales et à 68% issues du recyclage. Il vient de lancer cette énergie peu carbonée sur l'ensemble de ses marchés français: habitat, industrie, agriculture, mobilité.

Bien connues par les campeurs, les bouteilles de GPL commercialisées par Primagaz seront bientôt plus vertes. Le distributeur de gaz français lance en effet à partir d'aujourd'hui un nouveau produit sur le marché hexagonal: le biopropane, qui vient ainsi intégrer la famille des énergies renouvelables. Identique au propane en termes de molécule, le biopropane a le potentiel de le remplacer sans besoin d'adaptions dans l'ensemble des circuits de distribution et des utilisations. Son empreinte carbone est toutefois sensiblement inférieure, souligne Primagaz, qui espère en faire la source de la transition énergétique hors des villes.

Un combustible quatre fois moins émetteur que le gaz naturel

Par rapport à d'autres énergies fossiles, le propane issu du pétrole présentait déjà quelques atouts. Très calorifique, il est adapté tant à un usage domestique que professionnel. Stockable sous forme de bouteilles ou de citernes, mais aussi livrable par un réseau canalisé, il est la source de chaleur souvent choisie là où il n'existe pas de raccordement au gaz naturel: 27.000 communes de zones péri-urbaines ou rurales et des sites isolés. Sa combustion, moins carbonée que celle du fioul, ne produit pas par ailleurs de particules fines, principales responsables de la pollution de l'air.

Emissions de CO2 des gaz français

Le biopropane conserve ces caractéristiques mais est encore moins carboné. Il est en effet produit à 68% à partir de déchets industriels, des huiles de cuisson et des graisses animales, et pour 32 % d'huiles végétales (palme et colza) issues de filières certifiées comme respectueuses du développement durable. Grâce à l'utilisation de ces matières premières végétales et en grande partie recyclées, son facteur d'émission de CO2 est de 78% inférieur à celui du propane fossile: 60 grammes par kWh, contre 270. Il est aussi quatre fois moins émetteur que le gaz naturel, selon la Base Carbone® de l'Ademe où il a été inscrit en décembre 2017. Primagaz compte d'ailleurs encore réduire les émissions restantes, pour plus de la moitié dues à l'approvisionnement en biomasse: en 2021, il veut n'utiliser que 5% d'huiles végétales vierges, et espère que le développement de filières locales lui permettra de s'approvisionner en circuits courts.

Cycle de vie du biopropane

Ce biopropane est produit par hydrotraitement (HVO, hydrotreated vegetal oil) par le groupe finlandais Neste dans une bioraffinerie d'une capacité de 40.000 tonnes par an à Rotterdam, aux Pays-Bas. La maison-mère de Primagaz, le groupe néerlandais SHV Energy, y a investi 60 millions d'euros.

Le logement, vecteur de la transition

Le projet de SHV Energy est en effet ambitieux. En 2040, tout le propane distribué par Primagaz devrait être remplacé par du biopropane. L'entreprise s'engage donc à l'introduire progressivement sur l'ensemble de ses marchés, en commençant par celui des bouteilles de gaz, où une nouvelle gamme verte sera commercialisée dès 2018.

Le secteur qui aura néanmoins le plus d'impact sur la transition sera toutefois probablement le logement, estime le directeur commercial et marketing de Primagaz Matthieu Lassalle, qui parie sur la nouvelle réglementation environnementale, et notamment sur la RE2020, visant à déployer des bâtiments performants et à faible empreinte carbone. Primagaz affirme que dès 2018 il lancera des projets d'éco-quartiers, habitats sociaux et maisons neuves alimentés au biopropane, et qu'à partir de 2019 il intégrera cette source d'énergie dans 50 % de ses projets de construction de maisons individuelles.

200 tonnes pour l'industrie déjà livrées à Brest

Autre marché, l'industrie et l'agriculture, secteurs eux-aussi de plus en plus soucieux, sous la pression de l'opinion publique et gouvernementale, de leur empreinte carbone. Primagaz, qui vient d'acheminer à Brest ses premières 200 tonnes de biopropane, destinées justement à un industriel français, soutient avoir déjà "signé des projets avec deux grands groupes industriels", et en avoir encore une dizaine en vue à l'horizon 2020.

Et puisque -comme le propane- le nouveau gaz peut être commercialisé tant comme combustible que comme carburant, le domaine de la mobilité durable est aussi un marché prometteur. Le biorpopane est en effet susceptible d'être intégré aux stations GPL sans besoin d'aucun changement, ni au niveau des infrastructures ni des véhicules. Dès 2018, Primagaz veut en incorporer 8% dans son réseau de GPL.

Le biopropane devrait d'ailleurs atteindre à moyen terme aussi le Benelux, l'Angleterre, le Danemark, la Suède et l'Italie. Quant aux prix, ils seront initialement plus élevés, en raison des coûts de fabrication, reconnaît Matthieu Lassalle, qui veut toutefois maintenir la différence par rapport au propane à des niveaux "raisonnables" afin de permettre "une pénétration du marché".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/03/2018 à 13:01 :
En admettant que les promesses relatées dans cette article soient sérieuses, on va peut-être enfin intégrer que les énergies renouvelables ne sont pas QUE le solaire et l'éolien !!
a écrit le 29/03/2018 à 13:04 :
Où l'on se rend compte au final qu'il n'y a rien de plus facile à produire que du gaz, il faut quand même que le lobby pétrolier soit ultra puissant pour nous avoir empêché pendant des décennies de passer à une autre énergie.

ET quelque part du coup cela explique certainement cette dureté du secteur nucléaire, cet obscurantisme même, car avec le concurrent direct qu'est le lobby pétrolier il ne vaut mieux pas rigoler.

On est pas prêt de se débarrasser du plastique, à mon avis c'est même lui qui va se débarrasser de l'humanité.
a écrit le 29/03/2018 à 12:39 :
Dans mes bouteilles de camping(gaz), c'est du butane, je vais peut-être regarder si on trouve de petites bouteilles de propane, et si c'est compatible avec le matériel campinggaz ou si faut que je jette(rachète) tout.
Si le propane "vert" dont il est question est plus cher que le pétrolier, la taxe carbone appliquée devrait être plus faible, non ? (CO2 végétal devenu gaz = CO2 à venir, en même quantité, bilan = 0 CO2 nouveau généré, cycle vertueux) Donc le total financier sera sans doute favorable au vert (un peu le but de cette taxe qui va croitre croitre, elle cible le fossile, le CO2 généré restant dans l'atmosphère). Et à prix égal on prend le végétal pour moins avoir d'importer du pétrole (& dérivés).

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :