Électricité : la production nucléaire d’EDF sera compliquée jusqu’en 2024… au moins
Juliette Raynal
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En 2024, la sobriété dans la consommation d'électricité sera encore de mise.
Stephane Mahe
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En 2024, la sobriété dans la consommation d'électricité sera encore de mise.
Stephane Mahe
La situation très tendue que s'apprête à connaître le système électrique cet hiver n'est pas un problème de courte durée. C'est un problème durable qui va se prolonger dans le temps. Les chiffres publiés ce mardi 13 septembre par EDF le confirment : en 2024, la production nucléaire sera comprise entre 315 et 345 TWh, estime l'électricien. « C'est le niveau d'une année Covid », pointe Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting. En 2020, année marquée par un confinement strict de deux mois, la production électrique nucléaire française s'était, en effet, effondrée à 335,4 TWh, chutant de 11,6% (44 TWh) par rapport à 2019. « Son niveau le plus pas depuis 1993 », avait alors souligné RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité.
En 2024, la production électrique devrait donc être légèrement supérieure à celle attendue pour 2023, estimée aujourd'hui entre 300 et 330 TWh, elle-même légèrement supérieure à celle de 2022, qui devrait s'établir à seulement 285 TWh, une « véritable catastrophe », selon Nicolas Goldberg.
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« Ces chiffres montrent que la crise électrique va durer jusqu'en 2024, au moins, et c'est inquiétant, estime l'expert. Dès 2015, on savait que la situation allait être tendue sur le parc électronucléaire à cette période en raison des visites décennales [arrêt de plusieurs mois de la production d'un réacteur, qui a lieu tous les dix ans, et pendant lequel un examen de sûreté est réalisé en profondeur. Les quatrièmes visites décennales (VD4), qui concernent en ce moment les plus vieux réacteurs du parc, ceux de 900 MW, comptent 20.000 activités de maintenance et de contrôles et visent à faire tendre le niveau de sûreté de ces réacteurs vers celui des EPR, ndlr], mais on ne se doutait pas de la profondeur de cette crise », concède-t-il.
Juliette Raynal