Renationalisation d'EDF : les salariés actionnaires dénoncent une spoliation et attaquent l’Etat en justice
Juliette Raynal
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PASCAL ROSSIGNOL
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La renationalisation d'EDF et sa sortie de Bourse ne se fera pas sans encombre pour l'Etat, qui détient près de 84% du capital de l'électricien. En effet, l'association Energie en actions, qui regroupe des actionnaires salariés et anciens salariés d'EDF, a décidé de porter plainte contre ce dernier. Elle l'a fait savoir hier, dimanche 17 juillet, par voie de communiqué.
L'association explique ainsi « introduire une plainte pénale avec constitution de partie civile contre l'Etat en tant qu'actionnaire majoritaire d'EDF pour mise en difficulté de l'entreprise au mépris de l'intérêt social de celle-ci et des intérêts de ses actionnaires minoritaires, du fait de décisions inconsidérées et spoliatrices ».
« Aujourd'hui l'Etat doit rendre des comptes sur la gestion exercée en tant qu'actionnaire ultra-majoritaire de l'entreprise, gestion qui a pour conséquence de spolier gravement de très nombreux épargnants », estime l'association.
Pour rappel, le 6 juillet dernier, la Première ministre Elisabeth Borne a officialisé la volonté de l'Etat de renationaliser entièrement EDF, actuellement en grande difficulté financière. Pour réaliser cette opération le plus rapidement possible, l'exécutif va passer par les mécanismes de marché. Il va ainsi lancer une offre publique d'achat, suivie d'un retrait obligatoire pour acquérir les quelque 16% du capital qu'il ne détient pas dans EDF.
Actuellement, un peu plus de 15% du capital est détenu par les actionnaires individuels et institutionnels, tandis que les actionnaires salariés détiennent à peine plus de 1% du capital.
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Pour retirer EDF de la cote, l'Etat devra convaincre suffisamment d'actionnaires de vendre leurs titres pour détenir 90% du capital. A partir de ce seuil, l'actionnaire (l'État français en l'occurrence) a alors la possibilité de retirer la société de la Bourse, car les titres restants aux mains du public sont obligatoirement apportés à une offre publique de retrait obligatoire (OPRO), même si les actionnaires restants ne sont pas d'accord sur le prix proposé.
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