Face à la pénurie de main-d'oeuvre, les industriels veulent attirer les collégiens
Nathalie Jourdan
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Des collégiens en action dans l'usine d'Orano La Hague.
MEF du Cotentin
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Des collégiens en action dans l'usine d'Orano La Hague.
MEF du Cotentin
Quatre adolescents, vêtus de la tenue de protection intégrale des employés d'Orano, s'exercent à manipuler des instruments à distance, protégés par une vitre, au sein de l'usine de recyclage de combustibles nucléaires de La Hague. La scène, pour le moins inhabituelle dans cet environnement ultra-sécurisé, où même les adultes accèdent sous haute surveillance, tend pourtant à devenir presque monnaie courante.
Depuis trois ans, l'établissement reçoit régulièrement des collégiens de 3e, en immersion complète durant une journée. Le parcours est scénarisé avec soin, ponctué d'exercices pratiques en situation réelle. « On leur fait toucher du doigt les quatre métiers où nous avons le plus de besoins, ceux de la maintenance, de la conduite d'installations, de la sécurité et de la radioprotection, détaille Stéphane Valour, DRH d'Orano. Pour eux, ça devient concret ».
C'est également concret pour quatre industriels cherbourgeois (Orano, EDF, Naval Group, et LM Wind) qui ont uni leurs forces pour concevoir ce dispositif, nommé Cotent'Industrie. Pour l'occasion, leurs services RH ont mis en sourdine la rude concurrence qu'ils se livrent sur le marché de l'emploi très dynamique de la péninsule manchoise où le taux de chômage tutoie les 5%. Outre l'usine de retraitement de La Hague, sont ainsi impliqués l'électricien (via la centrale de Flamanville), le groupe de défense et le spécialiste des énergies marines.
À tour de rôle, chacune de ces « forteresses » ordinairement cadenassées accueille sur une journée un groupe de collégiens de 3e. Toujours sur un mode immersif. « Aucun de nos sites n'aurait les moyens de recevoir des jeunes pendant la semaine que dure le stage de 3ème alors on fait cause commune », indique Stéphane Valour.
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Partenaire de l'opération, la Maison de l'Emploi et de la Formation du Cotentin applaudit des deux mains à l'initiative. « En 2025, une centaine d'élèves pourront s'acculturer à 40 métiers en quatre jours depuis la construction d'un sous-marin jusqu'à la fabrication d'une pale d'éolienne », se félicite Céline Renard, chargée de mission à la Maison.
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Nathalie Jourdan