Fonderie de Bretagne : « Nous sommes une victime de Renault qui veut se débarrasser de ses fonderies en France »
Pierrick Merlet
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La Fonderie de Bretagne va être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Bretagne
STEPHANE MAHE
ENTRETIEN. La Fonderie de Bretagne et ses 300 collaborateurs vont être placés en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Rennes. Une annonce qui suscite l'intérêt de nombreux repreneurs potentiels, assure, à La Tribune, Jérôme Dupont le directeur de l'usine, dépendante des volumes de production accordés par Renault.
LA TRIBUNE - Vous avez demandé votre placement en redressement judiciaire, auprès du tribunal de commerce de Rennes. Que pouvez-vous espérer de cette procédure après l'échec d'un projet de reprise et des discussions difficiles avec Renault pour vous garantir des volumes de production ?
JÉRÔME DUPONT - Nous nous sommes déclarés en cessation de paiements mercredi 15 janvier auprès du tribunal de commerce de Rennes, en vue d'un placement en redressement judiciaire. Ce qui nous ouvre deux options. Un plan de continuation d'activité en l'état est impossible, alors nous nous dirigeons vers un plan de cession. Nous cherchons un autre repreneur.
Une période de quatre à six semaines va donc s'ouvrir pour que le tribunal trouve des candidats à la reprise, puis une seconde phase devra permettre d'améliorer les offres déposées. Deux critères seront clés : la pérennité du projet industriel et le nombre d'emplois sauvegardés
Nous observons un certain attrait pour notre usine, équipée d'outils industriels modernes et de compétences. Le repreneur de Valdunes est venu visiter la Fonderie de Bretagne, ce n'est pas le seul. Mais c'est prématuré pour donner des noms, bien qu'il y ait des contacts tous les jours avec différents acteurs.
Comment pouvez-vous croire en une issue positive pour votre usine, après l'échec du projet d'un repreneur allemand qui promettait tout de même 11.000 tonnes de pièces nouvelles en fonte chaque année et une sortie progressive du marché automobile ?
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C'est la question difficile de ce dossier, à savoir celle des volumes. Dès le début 2024, nous avons alerté Renault (qui assurait en 2024 près de 90% de la production de l'usine, ndlr) sur la nécessité d'avoir de la visibilité pour faciliter la recherche d'un repreneur. Désormais, nous savons que nous aurons des volumes aléatoires de leur part alors que nous étions encore, il y a peu, une filiale du groupe. Nous ne sommes pas un fournisseur comme les autres. Nous leur demandions simplement un engagement sur les parts de marché par pièce dont nous avons la production.