L'avenir de la Fonderie de Bretagne en péril : 350 emplois en sursis, après l'échec des discussions

Pierrick Merlet

La Fonderie de Bretagne devrait fermer prochainement.
Fonderie de Bretagne

Pierrick Merlet

La Fonderie de Bretagne devrait fermer prochainement.
Fonderie de Bretagne
Les mots sont forts. À l'issue d'une réunion de la dernière chance sous l'égide du ministre de l'Industrie, la direction de la Fonderie de Bretagne évoque un « profond dégoût » à l'égard de Renault Group. Les discussions entre la direction de l'usine - qui emploie 350 collaborateurs à Caudan (Morbihan) -, le repreneur potentiel, l'allemand Private Assets et le constructeur français, client unique du site, n'ont pas abouti. Résultat, le site industriel semble condamné à la fermeture, face à la baisse des volumes de pièces en fonte commandés par Renault.
Propriété de Renault jusqu'en 2022 avant la vente au fonds d'investissement Callista Private Equity, ce site industriel dépend aujourd'hui à 95% des commandes du constructeur au losange. Or, ce dernier défend sa position, évoquant un moindre besoin de pièces en fonte, face à la montée en puissance des véhicules électriques. Le nombre de pièces en fonte est moindre pour ce type de motorisation que sur un véhicule thermique.
Le repreneur allemand, Private Assets, négociait ces dernières semaines notamment un carnet de commandes avec Renault. Objectif, lui donner le temps de diversifier la clientèle et la production de son potentiel futur actif. Cet investisseur possède des fonderies en Allemagne et en Espagne. Il avait l'intention de transférer dans « des délais très brefs » 11.000 tonnes par an de productions nouvelles à FDB, avec l'objectif de ne plus dépendre de Renault à horizon 2027.
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Au-delà des commandes, les négociations ont aussi porté sur l'investissement total de l'opération, qui se chiffre en dizaines de millions d'euros. Les positions de chacun ont bougé dans le bon sens ces derniers jours, laissant croire à un dénouement heureux dans ce dossier emblématique des difficultés traversées par l'industrie française.
En effet, Renault, dans la dernière ligne droite a augmenté son soutien de 30 à 35 millions d'euros, le repreneur a rajouté trois millions d'euros et le site industriel s'est engagé sur un plan d'économies en interne de plus de six millions d'euros, qui génère d'ailleurs de l'inquiétude dans les rangs des salariés. Mais ces efforts de chacun ne semblent pas suffisants.
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Dans les rangs des élus locaux, la responsabilité de Renault est pointée du doigt dans cet échec. « Renault a tout fait pour entraver les négociations », s'agace par exemple le député du Morbihan Jean-Michel Jacques (Ensemble). Sophie Binet, la patronne de la CGT parle du constructeur français comme « un patron voyou ». Maël Le Goff, le délégué CGT de FDB évoque quant à lui un « assassinat ». « Nous avons la haine contre Renault », ajoute-t-il. Renault se défend en pointant le fait que le repreneur allemand ait retiré son offre de reprise ces dernières heures.
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