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Entreprises & FinanceIndustrie

L'avenir de la Fonderie de Bretagne en péril : 350 emplois en sursis, après l'échec des discussions

Photo de Pierrick Merlet

Pierrick Merlet

Publié le 20 décembre 2024 à 11:17 - Mis à jour le 20 décembre 2024 à 15:28

La Fonderie de Bretagne devrait fermer prochainement.

La Fonderie de Bretagne devrait fermer prochainement.

Fonderie de Bretagne

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06 juin 2026

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Faute d'un soutien suffisant de Renault au projet d'un repreneur allemand, la Fonderie de Bretagne semble condamnée à la fermeture à court terme, les négociations ayant échoué. Ce sont 350 emplois plus que jamais en sursis non loin de Lorient.

Les mots sont forts. À l'issue d'une réunion de la dernière chance sous l'égide du ministre de l'Industrie, la direction de la Fonderie de Bretagne évoque un « profond dégoût » à l'égard de Renault Group. Les discussions entre la direction de l'usine - qui emploie 350 collaborateurs à Caudan (Morbihan) -, le repreneur potentiel, l'allemand Private Assets et le constructeur français, client unique du site, n'ont pas abouti. Résultat, le site industriel semble condamné à la fermeture, face à la baisse des volumes de pièces en fonte commandés par Renault.

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« Il manquait de la visibilité sur les volumes commandés par Renault à FDB pour les années 2025, 2026 et 2027 pour finaliser un accord. Il est essentiel en effet que la décroissance des commandes de Renault soit maîtrisée (...). Renault Group a refusé, car il a déjà planifié de délocaliser les productions de Fonderie de Bretagne et qu'il préfère sacrifier 350 emplois en France plutôt que de revenir sur sa stratégie », peste la direction de Fonderie de Bretagne dans un communiqué diffusé il y a quelques minutes.

Propriété de Renault jusqu'en 2022 avant la vente au fonds d'investissement Callista Private Equity, ce site industriel dépend aujourd'hui à 95% des commandes du constructeur au losange. Or, ce dernier défend sa position, évoquant un moindre besoin de pièces en fonte, face à la montée en puissance des véhicules électriques. Le nombre de pièces en fonte est moindre pour ce type de motorisation que sur un véhicule thermique.

« Renault refuse désormais d'apporter suffisamment de visibilité sur la part de marché de leurs commandes attribuées à FDB. Or, cette visibilité est nécessaire pour permettre tout projet industriel de reprise. Renault doit désormais faire face à ses responsabilités et assumer les conséquences des décisions qui seront prises », regrette le cabinet du ministre de l'Industrie.

Le repreneur allemand, Private Assets, négociait ces dernières semaines notamment un carnet de commandes avec Renault. Objectif, lui donner le temps de diversifier la clientèle et la production de son potentiel futur actif. Cet investisseur possède des fonderies en Allemagne et en Espagne. Il avait l'intention de transférer dans « des délais très brefs » 11.000 tonnes par an de productions nouvelles à FDB, avec l'objectif de ne plus dépendre de Renault à horizon 2027.

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Un trou de trois millions d'euros

Au-delà des commandes, les négociations ont aussi porté sur l'investissement total de l'opération, qui se chiffre en dizaines de millions d'euros. Les positions de chacun ont bougé dans le bon sens ces derniers jours, laissant croire à un dénouement heureux dans ce dossier emblématique des difficultés traversées par l'industrie française.

« Des avancées importantes ont été obtenues par l'action du ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, pour rapprocher les positions de chaque partie : soutien financier de la part de Renault, efforts de Private Assets et de Fonderie de Bretagne. L'engagement de l'État et des collectivités territoriales à soutenir financièrement FDB à hauteur de 16 millions d'euros en plus des 2,5 millions d'euros du plan France 2030, permet d'avoir un tour de table bouclé », assure le cabinet du ministre.

En effet, Renault, dans la dernière ligne droite a augmenté son soutien de 30 à 35 millions d'euros, le repreneur a rajouté trois millions d'euros et le site industriel s'est engagé sur un plan d'économies en interne de plus de six millions d'euros, qui génère d'ailleurs de l'inquiétude dans les rangs des salariés. Mais ces efforts de chacun ne semblent pas suffisants.

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« Il manquait encore 2,9 millions d'euros. Private Assets a fait une dernière proposition à Renault avec une prise en charge des 2,9 millions restants à 50-50 entre Private Assets et Renault (...). Pour quelques centaines de milliers d'euros et la mise en place d'une visibilité commerciale accrue, bien peu de chose en réalité, Fonderie de Bretagne et ses salariés vont rejoindre la longue cohorte des sous-traitants disparus sous les coups de Renault, dont la responsabilité dans la désindustrialisation du pays doit être dénoncée », estime la direction de Fonderie de Bretagne.

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Dans les rangs des élus locaux, la responsabilité de Renault est pointée du doigt dans cet échec. « Renault a tout fait pour entraver les négociations », s'agace par exemple le député du Morbihan Jean-Michel Jacques (Ensemble). Sophie Binet, la patronne de la CGT parle du constructeur français comme « un patron voyou ». Maël Le Goff, le délégué CGT de FDB évoque quant à lui un « assassinat ». « Nous avons la haine contre Renault », ajoute-t-il. Renault se défend en pointant le fait que le repreneur allemand ait retiré son offre de reprise ces dernières heures.

« Nous regrettons le désengagement soudain de Private Assets, alors que tous les acteurs avaient fait un effort, en particulier Renault Group qui avait confirmé son engagement à hauteur de 35 millions d'euros, soit 65 % du financement ».

Pierrick Merlet

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