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"On garde le revolver sur la table", "improvisation" ou "trahison"... toutes les réactions après l'accord sur Florange

latribune.fr

Publié le 01 décembre 2012 à 10:20 - Mis à jour le 01 décembre 2012 à 10:20

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Dans la foulée de l'accord entre l'Etat et ArcelorMittal sur l'avenir du site sidérurgique de Florange, l'Elysée souligne que l'Etat maintiendra "la pression". A l'UMP, Jean-François Copé tire à boulets rouges sur "l'improvisation" du gouvernement. Et les syndicats, eux, se sentent trahis.

Dans la foulée de l'accord entre l'Etat et le gouvernement concernant le "sauvetage" de Florange, les réactions sont allées bon train vendredi et samedi. Immédiatement après l'annonce - qui prévoit de garder en l'état les hauts-fourneaux sans plan social et un investissement de 180 millions d'euros d'ArcelorMittal -, l'Elysée s'est voulue rassurante : "Les moyens de pression ne disparaissent pas", ont prévenu les services du chef de l'Etat à l'AFP. "Si ArcelorMittal se comportait comme un homme qui ne respecte pas sa parole il y a des moyens de pression", renchérit cette même source. Dans la même veine, un conseiller prévient même: "On garde le revolver sur la table."

Un accord "solide" pour Moscovici

Ainsi, Pierre Moscovici a affirmé que le gouvernement suivra avec "vigilance" le respect des engagements d'ArcelorMittal. Avant de saluer un "accord solide" et "global", fruit d'un "travail approfondi" et d'une "négociation sérieuse". Pour sa part, le ministre du Travail Michel Sapin a appelé samedi les salariés de Florange à "reprendre confiance", assurant que le gouvernement veillerait à ce que chaque engagement d'ArcelorMittal soit "scrupuleusement respecté". "Compte tenu des antécédents, de ce que les salariés ont pu connaître, des batailles qu'ils ont menées et que M. Mittal leur a volées en ne tenant pas ses promesses, oui nous serons extrêmement attentifs, jour après jour, à ce que les engagements fermes et inconditionnels soient tenus par M. Mittal", a déclaré le ministre sur Europe 1.

Ayrault défend Montebourg

Alors qu'Arnaud Montebourg est lui sous le feu des critiques, après avoir évoqué une nationalisation temporaire du site, Jean-Marc Ayrault est venu à son secours. Dans un communiqué, le chef du gouvernement a estimé que les efforts du ministre ont contribué "à créer un rapport de forces favorable à la conclusion de l'accord".

Copé fusille l'"impovisation" des socialistes...

Président proclamé de l'UMP, Jean-François Copé lui a fustigé les "multiples revirements du gouvernement" sur le dossier. A ses yeux, ces man?uvres sont "très inquiétantes". Pis, elles donnent le sentiment d'une forme d'improvisation au sommet de l'Etat", tance-t-il. Et d'achever sur une pique au chef de l'Etat : "La situation de Florange, qui n'est pas réglée ce soir, rappelle avec gravité à François Hollande que notre industrie a besoin de réformes de structures."

... et Fillon tance "l'incohérence" de l'exécutif

Dans un communiqué, le rival de Jean-François Copé a critiqué "l'incohérence et l'irréalisme dont fait preuve le gouvernement". "L'accord intervenu entre le Gouvernement et Arcelor Mittal sur Florange témoigne une nouvelle fois du refus de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault de regarder en face les réalités économiques", a renchéri l'ancien Premier ministre.

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Pour la CFDT, le gouvernement a menti

Responsable CFDT d'ArcelorMittal, Edouard Martin a affiché sa déception. Sur RTL, il accuse le gouvernement d'avoir "menti tout au long" aux salariés sur les négociations sur l'avenir du site. Surtout, il garde en travers de la gorge le fait qu'Arnaud Montebourg leur avait "fait croire que la nationalisation temporaire était acquise". "On n'a pas compris du tout ce pataquès de dernière minute où Jean-Marc Ayrault a annoncé une piste qui n'avait jamais été évoquée", a-t-il déploré.

De "la poudre aux yeux" pour FO

Chez Force ouvrière, on se montre dubitatif sur l'accord. Responsable de la fédération de la métallurgie de FO, Frédéric Souillot s'est dit "satisfait", mais redoute une part de "poudre aux yeux". "Je suis satisfait qu'ArcelorMittal fasse fonctionner la totalité du site tout en faisant Ulcos [le projet de "sidérurgie propre"] mais j'aimerais connaître ce qu'il y a exactement dans l'accord", se méfie-t-il.

Le PCF s'inquiète pour les salariés, "dans les griffes de Mittal"

Pour le PCF, cet accord est synonyme d'échec. Dans un communiqué, il a jugé que "le refus de nationaliser laisse Florange et les salariés dans les griffes de Mittal". "On connaît dorénavant le scénario de Jean Marc Ayrault. Il annonce un accord avec Mittal pour éviter un plan social et la poursuite de l'activité à Florange. Le scénario du Premier ministre a déçu les 650 salariés car il peut tourner vite en mauvais film, ces prochains mois", s'agace le PCF. Avant de s'interroger sur la confiance à (ne pas) apporter à ArcelorMittal.

Pour le Pen, "Mittal n'a rien concédé sur Florange"

De son côté, Marine Le Pen a regretté l'absence d'"un plan d'ensemble en faveur de la sidérurgie française" dans un communiqué. "Nous avions prévenu : la nationalisation temporaire n'était qu'un slogan, qui ne pouvait pas aboutir en l'état en raison de notre soumission à l'Union européenne. Mittal le sait et c'est pour cette raison qu'il n'a rien concédé sur Florange", poursuit-elle.

À lire également

  • Florange : Ayrault évite le plan social
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"Des choses positives", juge le maire de Florange

Toutefois, l'accord été salué par le maire (socialiste) de Florange. Dans la ligne du gouvernement, il juge que le dispositif "contient des choses positives si elles sont tenues", rapporte l'agence Sipa. "Une autre solution s'était esquissée ces derniers jours avec un repreneur et une nationalisation transitoire", a rappelé l'élu, regrettant que l'accord obtenu "repose sur les engagements de M. Mittal". "Je comprends que les salariés soient sceptiques car M. Mittal a déjà pris beaucoup d'engagements dans le passé et ne les a pas tenus", a-t-il ajouté sur BFM TV.

latribune.fr

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