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Duralex : le tribunal de commerce d'Orléans valide le projet de SCOP des salariés, 228 emplois sauvés

latribune.fr

Publié le 26 juillet 2024 à 06:15 - Mis à jour le 26 juillet 2024 à 10:18

En 2023, le chiffre d'affaires de Duralex est tombé à 24,6 millions d'euros, contre plus de 31 millions en 2022.

En 2023, le chiffre d'affaires de Duralex est tombé à 24,6 millions d'euros, contre plus de 31 millions en 2022.

( © MFV)

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Le tribunal de commerce d'Orléans a scellé le sort de Duralex, ce matin à 10h, en validant le projet de SCOP (société coopérative de production) voulu par les salariés. Les 228 emplois sont sauvés.

Il avait fallu, la semaine dernière, six longues heures au tribunal de commerce pour étudier les trois dossiers de reprise déposés pour relancer la verrerie Duralex qui emploie 228 personnes à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), commune de l'agglomération d'Orléans. Sa décision - qui avait été mise en délibéré - n'a pris qu'un quart d'heure.

C'est la proposition de Société coopérative de production (Scop), la mieux-disante en termes d'emplois, et soutenue par 60% du personnel qui a été choisie. Le tribunal a considéré la Scop comme un « projet marketing et commercial cohérent et sérieux » avec des « garanties fortes », estimant qu'elle apparaît en mesure de maintenir les « activités des salariés dans des conditions réalisables ».

Sauvegarde des 228 emplois

Elle était portée par la direction du site, et 150 salariés de l'entreprise favorables au projet avaient même déjà investi « 500 euros de leur poche », selon la CFDT, syndicat majoritaire.

«On est soulagé pour l'ensemble des salariés de Duralex qui se sont battus. Tout le monde est venu à nos côtés pour gagner. Les salariés sont plus que motivés, on invite tous les français à acheter Duralex !», a lancé François Marciano, le directeur de l'usine.

Le directeur a donné rendez-vous à la presse le 2 septembre à l'usine Duralex « pour présenter le plan stratégique et un projet national inédit ». De son coté, le ministre démissionaire de l'Industrie Roland Lescure, joint par l'AFP a s'est félicité que « C'est une belle victoire pour une entreprise française emblématique et connue de toutes et tous ! »

Cette offre prévoit le maintien de la totalité de l'effectif et a obtenu l'appui des élus locaux, dont celui de la région, qui a promis son soutien sous forme de garantie bancaire. La métropole d'Orléans a, en outre, proposé de racheter le site de la verrerie, pour une somme évaluée entre cinq et huit millions d'euros, afin d'aider à convaincre les banques de financer le projet. M. Marciano a d'ailleurs tenu à remercier notamment le président de la métropole, de la Région, la préfète et les banques, qui ont assuré des garanties financières. Le président de la région Centre-Val-de-Loire, François Bonneau, a évoqué « un succès » pour les salariés et « une vraie victoire sociale » pour « une entreprise emblématique », dans un communiqué transmis à la presse.

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Longue procédure

Depuis son placement en redressement judiciaire fin avril, les salariés sont confrontés à une longue incertitude concernant leur avenir - une reprise ou une liquidation -, trois ans seulement après une précédente procédure. La juridiction doit à présent trancher entre les trois dossiers de reprise déposés pour relancer Duralex. Symbole de l'enjeu du verdict et de l'immense attente des salariés, lors de l'examen des propositions, la semaine dernière, deux rassemblements avaient pris place devant le tribunal à l'appel de la CGT et de la CFDT.

Lire aussiDuralex : la mythique verrerie française toujours dans l'attente d'un repreneur

Le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, et le maire d'Orléans et président d'Orléans Métropole, Serge Grouard, étaient également présents à leurs côtés. « C'est une audience très importante », avait indiqué auprès de l'AFP François Bonneau, estimant avoir « confiance » en la reprise de Duralex, véritable « patrimoine culturel à part entière ».

Deux autres offres écartées

SARL Tourres et Cie, détenue par Stéphanie et Adrien Tourres, avait également proposé une reprise de Duralex. Le couple possède deux verreries, Waltersperger (Seine-Maritime) reprise en 2018 et spécialisées dans le flaconnage de luxe pour la cosmétique. Leur plan prévoyait de conserver 179 salariés. La CGT militait  davantage pour cette seconde possibilité, estimant que « l'accompagnement d'un industriel permettra de faire davantage bouger les choses » plutôt que le projet de Scop, qu'elle considère comme un « plan B ».

Lire aussiDuralex : soulagement pour la verrerie française, la justice accorde un délai supplémentaire aux potentiels repreneurs

Enfin, la troisième offre émanait de Carlesimo Investissements/GCB Investissements, groupe industriel familial qui possède deux fonderies, Navylest International, spécialisé dans les quilles en plomb pour les bateaux, et Lory International. Elle ne proposait la reprise que de 100 emplois.

Le secteur de la verrerie en grande souffrance

L'entreprise Duralex était aux mains de la Compagnie Française du Verre, également propriétaire de Pyrex, qui l'avait reprise à la barre de ce même tribunal en 2021. Elle a subi la flambée des prix de l'énergie, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, et a été sauvée temporairement par un prêt de 15 millions d'euros de l'Etat. En 2023, son chiffre d'affaires est tombé à 24,6 millions d'euros, contre plus de 31 millions en 2022.

Lire aussiLes Normands font bloc pour sauver la verrerie Holophane

« Duralex est en difficulté depuis pas mal d'années », avait concédé la PDG de l'entreprise, Géraldine Fiacre, dans un entretien au quotidien régional La République du Centre, en avril. Au cours d'une audience le 24 avril, la dirigeante est allée plus loin rappelant « qu'elle n'avait pas une 'baguette magique' pour redresser les comptes », selon des propos rapportés par un élu. La gouvernement avait alors de nouveau assuré « être prêt à accompagner Duralex » si « une offre de reprise solide émerge ».

À lire également

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Depuis 2023, la verrerie française est en perte de vitesse, avec notamment des articles d'arts de la table en repli de 19% par rapport à 2022. Le secteur est « frappé de plein fouet par le niveau du coût de l'énergie - en particulier par comparaison avec ses concurrents internationaux -, qui s'est traduit par l'arrêt d'un certain nombre de fours chez les industriels », résumait, en mai, le comité professionnel Francéclat, dans un rapport.

(Avec AFP)

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