Duralex, le fabricant des iconiques gobelets incassables Gigogne, sera probablement placé en redressement judiciaire mercredi 24 avril par le tribunal de commerce d'Orléans dans le Loiret. En cause, une situation économique rendue périlleuse par la baisse de la consommation dans les arts de table, en raison de l'inflation. Elle pousse les foyers français à recentrer leurs dépenses sur les produits essentiels. La concurrence accrue sur le marché du verre en France et à l'international, où la marque est diffusée dans 140 pays, a également fait reculer l'activité de Duralex. Enfin, la hausse des prix de l'énergie en 2022 et 2023, dont l'entreprise verrière est très consommatrice via ses immenses fours à 1.500 degrés, a encore plombé ses comptes.
Dans ce contexte déjà délicat, la décision du tribunal administratif d'Orléans, prise le 14 mars dernier, est venue aggraver la situation du verrier. La juridiction a en effet condamné la Maison française du verre (MFV) à s'acquitter des pénalités pour émission de gaz à effet de serre (GES) qui seraient dues par les anciens propriétaires de Duralex, Antoine et André Ioannides. La juridiction réclame ainsi 1,3 million d'euros à MFV qui a fait appel de sa décision, non suspensive. Illustration de la position contradictoire de l'Etat sur ce dossier, le ministre de l'Industrie Roland Lescure s'est déplacé en pompier chez le verrier dès le 15 avril. Il a assuré aux salariés vouloir tout faire pour sauver Duralex de la faillite.