Innovation : les industries appuient sur l'accélérateur pour survivre

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Les industriels font face à des forces disruptives venant de plusieurs directions . De nouvelles technologies émergent, leurs concurrents montent en puissance grâce à la vite de l'innovation, et les cycles de l'innovation se raccourcissent, explique Todd Dubner pour KPMG.
"Les industriels font face à des forces disruptives venant de plusieurs directions . De nouvelles technologies émergent, leurs concurrents montent en puissance grâce à la vite de l'innovation, et les cycles de l'innovation se raccourcissent", explique Todd Dubner pour KPMG. (Crédits : © Rebecca Cook / Reuters)
L'innovation est de plus en plus une priorité des industries manufacturières, ce qui n'est plus le cas de la hausse de leur chiffre d'affaires, selon une étude de KPMG.

Que font les grandes industries pour tenir face à la concurrence ? Une étude du cabinet d'audit KPMG, menée auprès de 400 dirigeants de l'aérospatial et de la défense, de l'automobile et des autres secteurs industriels (un tiers d'entre eux réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 5 milliards de dollars), a apporté quelques réponses à cette question cruciale. Si la croissance des ventes (pour 55% d'entre eux) et la réduction des coûts (41%) restent une priorité, le besoin d'innovation se fait de plus en plus fort.

Ainsi, la moitié des industries interrogées expliquent que leur objectif stratégique principal est orienté vers l'innovation. Et ils sont prêts à dépenser de plus en plus d'argent dans le domaine.

Ainsi 41% des dirigeants projettent de dépenser plus de 6% de leur chiffre d'affaires dans la R&D et l'innovation dans les deux ans à venir, contre 24% en 2013 et 2014.

En outre, un tiers prévoit d'utiliser, dans ce domaine, 4% à 5% de ses revenus (contre 35% les deux dernières années) et 17 % comptent dépenser 2 à 3% de leur chiffre d'affaires (33% en 2013 et 2014).

Preuve qu'une vision à long terme est de plus en plus privilégiée, la hausse du chiffre d'affaires est une priorité en baisse. Ils sont 55% des industriels à la juger essentielle en 2015 contre 64% en 2014. Idem pour la croissance du cash flow (flux de trésorerie):seuls 21% le privilégie (51% en 2014).

Arrivée anticipée de l'imprimante 3D dans les chaînes de production

Lorsqu'il est demandé aux industriels comment ils atteindront une nouvelle croissance grâce à l'innovation, ces derniers citent l'adoption de nouvelles technologies manufacturières (48%) et l'accroissement de la R&D (44%) en priorité. Cela implique qu'il entreront dans de nouveaux segments de produits notamment, analyse KPMG.

Ainsi, pour Brian Heckler, spécialiste de KPMG dans l'industrie manufacturière,  la convergence des moyens de production traditionnels avec des technologies comme l'imprimante 3D et la nanotechnologie surviendra plus rapidement qu'attendu par les industriels.

Résister aux "forces disruptives"

Pour les spécialistes de KPMG, l'effort annoncé des industriels est salutaire.

"L'innovation n'attend pas. Ceux qui n'entreront pas dans le cycle de l'innovation, seront laissés sur le bord de la route. [...] Investir plus est important, mais les industries manufacturières doivent se concentrer sur l'adaptation et l'innovation de leur modèle pour espérer survivre", prévient Jeff Dobbs, président de KPMG industries manufacturières.

Todd Dubner, pour KPMG industries manufacturières, rappelle en outre que:

"Les industriels font face à des forces disruptives venant de plusieurs directions. De nouvelles technologies émergent, leurs concurrents montent en puissance grâce à la vitesse de l'innovation, et les cycles de l'innovation se raccourcissent."

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a écrit le 19/06/2015 à 11:16 :
L'innovation doit être au cœur de la stratégie de toutes les entreprises afin de garantir leur survie
a écrit le 18/06/2015 à 21:35 :
"Ainsi 41% des dirigeants projettent de dépenser plus de 6% de leur chiffre d'affaires dans la R&D et l'innovation dans les deux ans à venir, contre 24% en 2013 et 2014."
Il n'y aura jamais trop d'investissements pour le recherche, l'innovation, la modernisation, la qualité, et de nouveaux produits et services.
Si les chefs des grandes entreprises commencent à investir pour le long terme plutôt que d'engraisser bêtement leurs actionnaires "au jour le jour", la France aura franchit un très grand pas. Et, au bout du compte, tout le monde sera gagnant, même les actionnaires. Sale temps pour les fonds de pension et les actionnaires qui ne voient dans les entreprises françaises que le coté casino. Ceux qui rachètent des entreprises pas en très grande forme et achèvent ces dernières en les pillant.
D'ailleurs, il me semble que garantir 3 % minimum d'investissement chaque année n'est pas un chiffre insupportable mais juste une question de volonté. Evidement pour certains secteurs totalement internationalisés et très concurrentiels, c'est 3% sont totalement insuffisants, notamment s'il faut avant tout rattraper des années de négligence.
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Sans généraliser, c'est là aussi, pour de nombreuses PME une question de volonté d'investir et de s'adapter à un monde sans frontières ou les produits étrangers viennent déferler sur le territoire et concurrencer les nôtres. Il est clair que la transformation industrielle passera par la désertification de certains secteurs et la valorisation et l'émergence d'autres secteurs. Inutile de tenter de mener des combats perdus d'avance.
Ca veut dire que l’état et communes, par les enseignements, formations, apprentissages et aides ne doivent pas se tromper sur les choix et cibler les bonnes filières.
Etat et industries doivent donc prévenir l’avenir et adapter en permanence l’enseignement.
Latin et grec, c’est bien, mais peuvent rester facultatifs après un initiation minimale, les maths et les sciences, c’est autrement plus productif et valorisant, deux secteurs liés qui doivent être bichonnés pour relever les défis du futur.
Un exemple, le secteur de l'habillement est en perte de vitesse, sauf pour le haut de gamme.
Autre exemple, la demande sur l'agriculture bio est en forte demande, nous importons beaucoup alors que nos agriculteurs manquent de surfaces certifiés bio pour s'implanter ou s'agrandir.
La constatation d'une faiblesse à cibler, l’offre ne suivant pas la demande.
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Une partie de la vérité sort de la bouche de certains patrons:
François Turcas, le nouveau vice-président de la CGPME chargé de l'international:
Répondant à une question sur les principaux atouts à l'export, il a écarté les coûts et les prix : "Nos principaux atouts, c'est la réactivité et la volonté d'y aller, ensuite, il y a le service", a-t-il notamment estimé, "c'est notre volonté de communiquer et de prendre de la culture des autres". Si seulement 117000 entreprises exportent en France, et que l'Hexagone ne compte que 4000 ETI contre le triple en Allemagne et plus du double en Italie, "c'est la faute aux patrons".
Les coûts entrent certes en ligne de compte, mais "quand le patron décide d'aller voir ailleurs, ce n'est pas les coûts qui vont l'arrêter", a encore indiqué le vice-président de la CGPME, rappelant "que les concurrents ne sont pas forcément moins chers, à l'instar des Allemands". Et d'indiquer que dans sa nouvelle fonction à la CGPME, il comptait s'atteler à la tâche d'ouvrir ses pairs sur l'international, de les "y emmener", "avec notre force de conviction"
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PME et ETI, leur valeur ajoutée est plus élevée en France qu’au Royaume-Uni et en Allemagne.
Enquête dévoilée Mars 2015, très peu commentée: « La face méconnue des entreprises moyennes ».
Réalisée par réalisée par Oxford Economics pour la banque HSBC dans 15 pays ou territoires: Allemagne, Arabie Saoudite, Brésil, Canada, Chine, Émirats arabes unis, États-Unis, France, Hong-Kong, Inde, Mexique et Pologne, Royaume-Uni, Singapour, Turquie.
(Chiffre d'affaires annuel s'inscrit dans une fourchette de 50 millions à 500 millions USD)
Pdf en ligne en français très long et détaillé mais interressant.
En France, les ETM ont apporté 310 milliards de dollars, soit l’équivalent de 16,5 % du PIB. Et leur valeur ajoutée brute globale a atteint 39,5 % du PIB, ce qui place l’Hexagone au premier rang mondial. « Ses ETM sont encore plus productives qu’au Royaume-Uni et en Allemagne ».
………
C.C.E. (Conseillers du Commerce Extérieur) :
« En 2012, nous avions choisi comme thème la mondialisation, beaucoup étaient sceptiques. Il est évident que celui qui a raté ce train en 2012 est aujourd’hui à la bourre ! Et il est dans notre rôle, à nous CCE, de tirer la sonnette d’alarme ».
……….
Investissements étranger. Ils ont cessé de décroitre en 2013 pour accélérer fortement en 2014 et apparemment encore plus ce premier semestre. Avec les dernières mesures annoncées, dont ce jour l’intégration à terme du CICE dans une baisse de charge, cette tendance devrait au moins se maintenir.

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