Vendue, il y a un an, au fonds allemand Callista Private Equity GmbH, la Fonderie de Bretagne, à Caudan, a enclenché un plan de relance et de modernisation à 32 millions d’euros. Indépendante, mais tirant encore l’essentiel de son activité du secteur automobile et du constructeur français, l’usine, apaisée socialement, veut entrer sur de nouveaux marchés et vise l’équilibre pour 2026. Une échéance pour mieux garantir l’avenir ? Décryptage.Finis les piquets de grève autour de l'usine, la Fonderie de Caudan (Morbihan), cédée pour un euro symbolique au fonds allemand Callista par le groupe Renault, en novembre 2022. Après plusieurs mois de conflits avec les syndicats, le site de production a désormais retrouvé le chemin de l'apaisement.
Portée par une « nouvelle dynamique d'équipe », selon les mots de son directeur général Jérôme Dupont, l'usine, productrice de pièces de fonderie de fonte brutes et pré-usinées pour l'automobile, s'est engagée sur une trajectoire de relance. Visant un retour à l'équilibre en 2026, elle souhaite porter son volume de production de 18.500 tonnes en 2023 à 27.500 tonnes.
Mis en place par Renault, par le biais de trois fiducies, ce plan de transformation - chiffré à 32 millions d'euros d'investissements - est fondé sur quatre axes, avec une priorité consacrée à la modernisation de l'outil industriel et à la diversification. Pour gagner en rentabilité, la fonderie doit entrer sur de nouveaux marchés, autres que celui de l'automobile.
Des engins agricoles au secteur de l'armement
« La Fonderie de Bretagne va mieux, mais elle ne gagne pas encore d'argent. En revanche, la trajectoire de relance a connu une réelle accélération ces derniers mois. Entre 2022 et 2023, le chiffre d'affaires va grimper de 34,9 millions d'euros à 46,6 millions d'euros », fait valoirJérôme Dupont, ancien responsable des ressources humaines, promu il y a deux mois suite au départ de son prédécesseur Jean-René Mouttet.
« Lors de la cession, Renault s'est engagé, via la mise en place de trois fiducies, sur un soutien commercial et financier représentant près de 60 millions d'euros, destiné à financer les pertes opérationnelles,soutenir l'investissement et garantir un volume de production et d'achat de pièces jusqu'à la fin 2025», explique-t-il.