Quelques semaines après avoir repris l'entreprise Cycleurope, détentrice de la marque Gitane et de la licence Peugeot Cycle, le fabricant de vélos Rebirth annonce la construction d'une nouvelle usine dans l'Aube.En langage cycliste, on appelle cela changer de braquet. La formule s'applique bien au fabricant normand de vélos Rebirth (ex Easybike), déjà connu pour assembler des marques françaises iconiques telles que Solex, Lejeune ou Matra. Fin septembre, le groupe avait repris l'entreprise Cycleurope (140 salariés à Romilly-sur-Seine dans l'Aube), propriétaire de la marque centenaire Gitane, anciennement détenue par Renault, et fabricant des vélos Peugeot Cycles via une licence avec Stellantis.
Deux mois plus tard, il revoit son projet industriel à la hausse en annonçant la construction, d'ici 2027, d'une nouvelle usine destinée à remplacer celle, vieillissante, de Cycleurope. Il faut dire que Rebirth (ex Easybike), fondé en 2005 avec le soutien d'Arnaud Montebourg, double quasiment de taille à la faveur de ce deal qui lui permet également de mettre la main sur le réseau de boutiques Vélo & Oxygen ainsi que sur l'assemblage des vélos de La Poste.
Moyennant quoi, le fabricant assemble dorénavant neuf marques de deux roues. De quoi adresser toutes les catégories de clientèles, y compris celle des collectivités de taille moyenne où ses vélos en libre-service commencent à percer. « En combinant nos forces, nous sommes désormais en mesure de proposer une offre complète de solutions de mobilité durable, du vélo urbain au vélo sportif, en passant par le vélo électrique haut de gamme », fait valoir son fondateur et PDG Gregory Trebaol.
Vers une relocalisation des composants
Sur le plan industriel, cette opération de croissance externe (dont le montant n'est pas communiqué) poursuit un autre objectif. À savoir, continuer d'affranchir l'entreprise de sa dépendance aux équipementiers et en premier lieu des asiatiques. En travaillant sur une gamme de vélos plus large, son patron espère pouvoir internaliser la fabrication de l'essentiel de ses composants. L'intéressé était déjà parvenu à rapatrier la fabrication de cadres carbone sur le site originel de Saint-Lô (Manche). Il entend amplifier le mouvement à Romilly-sur-Seine.