Les dernières minutes du vol 4U 9525 de Germanwings

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(Crédits : reuters.com)
Voici le film des événements, basé sur les enregistrements phoniques retrouvés dans la première boite noire et dévoilés jeudi par le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, et complétés dimanche par le journal allemand à gros tirages Bild qui en a publié des extraits.

Le vol 4U 9525 de Germanwings avait débuté comme n'importe quel autre, avec des échanges banals entre un commandant de bord et son copilote. Mais à la faveur d'une sortie du cockpit du pilote, il tourne au drame sous l'impulsion du jeune copilote, Andreas Lubitz. Voici le contenu résumé des enregistrements des boites noires révélées ce dimanche 29 mars par le Bild, révélations qui ont suscité la colère du Bureau d'Enquête Accidents (BEA) qui dénonce le "voyeurisme" de la presse.

- 10H01 (09H01 GMT) : l'Airbus A320 immatriculé D-AIPX, de la compagnie allemande low cost Germanwings, filiale de Lufthansa, décolle avec une vingtaine de minutes de retard de l'aéroport de Barcelone. Destination: Düsseldorf, dans l'ouest de l'Allemagne, où il doit atterrir à 11H55. "Durant les vingt premières minutes du vol, les deux pilotes échangent de façon tout à fait normale, et même de façon courtoise et enjouée", selon le procureur de la République de Marseille, Brice Robin. Bild confirme cette atmosphère détendue entre les deux hommes : selon le journal, le commandant, Patrick S., explique notamment à son copilote qu'il n'a pas eu le temps d'aller aux toilettes avant le décollage.

- 10H27 : l'appareil atteint son altitude de croisière (environ 11.600 mètres), rapporte Bild. Le pilote demande alors à Lubitz de préparer l'atterrissage à Düsseldorf. Ce dernier prononce quelques mots : "J'espère", "On verra". "Les réponse du copilote semblent laconiques", confirme M. Robin. Ensuite, Andreas Lubitz dit au commandant qu'il peut "maintenant" aller aux toilettes. Deux minutes s'écoulent, selon Bild, et le commandant confirme à son copilote qu'il peut "prendre les commandes". Andreas Lubitz est alors seul aux commandes. Il le restera jusqu'à la fin.

- 10H29 : l'appareil commence à descendre, note Bild. "C'est alors qu'il (le copilote, ndr) est seul qu'il manipule les boutons (...) pour actionner la descente de l'appareil", relate Brice Robin. Selon la compagnie Germanwings, la descente a duré 8 minutes, 11 selon le minutage de Bild, avec un avion qui entame sa descente à 10H29 pour se crasher à 10H40.

- 10H32 : selon Bild, les contrôleurs aériens français tentent de contacter, en vain, l'appareil. Dans l'avion, presque au même moment, une alarme retentit. Peu après, on entend un "claquement fort", comme si quelqu'un essayait de rentrer dans le cockpit, écrit le journal allemand.Puis la voix du pilote: "Pour l'amour de Dieu, ouvre la porte", lance-t-il. En arrière-fond, on entend les passagers qui commencent à crier, note le journal. Jeudi, M. Robin n'avait pas rapporté ces propos, indiquant de façon plus générale qu'on distinguait "plusieurs appels" du commandant "demandant l'accès à la cabine de pilotage, par l'intermédiaire" d'un "interphone avec une visio. Il s'est identifié, mais aucune réponse du copilote. Il a tapé pour se manifester, toujours aucune réponse".

- 10H35 : Bild fait état de nouveaux coups "métalliques contre la porte du cockpit", que le pilote essaie manifestement d'ouvrir à la hache. Une porte "blindée", selon M. Robin, conformément aux normes internationales. Puis, poursuit Bild, 90 secondes plus tard, nouvelle alarme, alors que l'appareil est à 5.000 mètres d'altitude. Le commandant supplie : "Ouvre cette foutue porte !"

- 10H38 : on entend la respiration du copilote, silencieux, dans le cockpit (Bild). "Ce bruit (de respiration) dure jusqu'à l'impact final, ce qui veut dire que le copilote était vivant", précise le procureur Robin.

- Vers 10h40, l'Airbus touche une montagne, on entend les cris des passagers. Ce sont les derniers bruits sur l'enregistrement, écrit Bild. "Juste avant l'impact final, on entend ce qui peut être vraisemblablement le bruit d'un premier impact sur un talus", expliquait M. Robin. Selon lui, ce n'est que quelques secondes avant l'impact que les 149 autres personnes à bord de l'appareil s'aperçoivent qu'elles vont s'écraser.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2015 à 19:01 :
Je ne comprends pas que l'ex petite amie du co-pilote qui est elle-même hôtesse de l'air et qui connaissait parfaitement l'état dépressif du co-pilote n'ait pas averti les responsables de la compagnie aérienne de la dangerosité de garder ce co-pilote à leur emploi. D'autant plus qu'il faisait des cauchemars en criant "Nous tombons" et avait déclaré qu'un jour tout le monde se souviendrait de son nom..." à mon humble avis, elle avait une responsabilité de dénoncer la situation...
a écrit le 31/03/2015 à 16:35 :
Le psychiatre de Lubitz parvient-il à dormir ? Il DEVAIT dénoncer son patient à la SNCF, même si le résultat était la perte de licence pour Lubitz. Il en allait de la vie de 149 personnes !
Ce psychiatre devrait être radié de l'Ordre du Temple Solaire et interdit de pratiquer la tantra-yoga jusqu'à la fin de ses jours !
a écrit le 31/03/2015 à 11:06 :
Paix à leur âme et que Dieu le tout puissant nous protège.
Réponse de le 31/03/2015 à 17:43 :
Amén. (per saecula saeculorum)
Réponse de le 01/04/2015 à 10:33 :
Dieu n'a rien à voir la-dedans. Il parait qu'il aurait fait l'homme à son image. Dieu devrait être parfait, ça ne semble pas le cas. Contradiction des religions, histoires pour petits enfants, balivernes au service du Diable pour soumettre les âmes.
a écrit le 31/03/2015 à 11:04 :
en fait, tout le monde est mort suite au fait que le pilote n'a pas pris le temps de satisfaire un besoin naturel, car Barcelone/Dusseldorf, c'est 1 heure de vol ?
a écrit le 30/03/2015 à 13:59 :
Il n y a qu une solution
Ne pas laisser un malade mental conduire un avion

Le secret médicale et toutes ces sornettes d'écolos attarder on permis cet accident
Réponse de le 30/03/2015 à 14:56 :
Les écolos attardés, ils prennent pas l'avion. Et vous savez quoi ? Ça marche mieux que votre " seule solution" !
Réponse de le 31/03/2015 à 11:41 :
@sdfsff
Sans blague, ils ne prennent pas l'avion ?
Ca doit être comme N. Mamère qui se présente à un interview en vélo .... et la marmote ?
Et ils donnent des leçons de morale aussi ... qu'ils n'appliquent pas bien sûr !
a écrit le 30/03/2015 à 13:35 :
Il y a une anomalie qui semble ne choquer personne : comment le pilote automatique peut-il laisser descendre un avion jusqu'au crash ? Le pilote automatique n'est-il pas prévu pour empêcher ce genre d'incident, alors que l'alarme d'altitude retentissait dans le cockpit ? Le changement de consigne par le pilote n'aurait-il pas dû amener l'appareil jusqu'à une altitude minimale indiquée par l'alarme d'altitude et se maintenir à celle-ci ?
Réponse de le 31/03/2015 à 10:16 :
Justement non, le pilote humain reste maitre sur le pilote automatique car si jamais l'altimètre tombe en panne (ça arrive), le pilote humain ne pourrait même plus atterir
Réponse de le 31/03/2015 à 11:38 :
Sauf que l'humain désactive le pilote automatique quand il doit reprendre les commandes. Dans le cas de figure du crash, il semblerait que le pilote automatique n'a pas été désactivé, juste une consigne modifiée. Hors le pilote automatique est chargé de la sécurité du vol quand il est enclenché. De mon point de vue, c'est une anomalie.
Réponse de le 31/03/2015 à 13:08 :
Non, il est possible d'amener un airbus au sol sans problème via le pilote automatique. Il suffit juste de régler une altitude à zéro et d'engager la descente. L'avion ira jusqu'au bout, même avec une alarme.
Réponse de le 01/04/2015 à 13:24 :
Et que l'avion se pose à 700 km/h, ça ne dérange pas le pilote automatique ?
a écrit le 30/03/2015 à 9:53 :
- Il y a une hâche a bord , cachée dans le cockpit, jamais dans la cabine !
- Le jeune pilote a un dossier medical au LBA ( = DGAC) dont le contenu a été communiqué au procureur chargé de l enquête.
- le copilote était déclaré par le service médical 100 % apte à voler et sans aucune restriction dans son certificat médical classe 1.
Ceci veut dire que Lufthansa son employeur, n ´avait aucune raison de douter de ses facultés de travailler dans un cockpit .
Finalement il est intrigant de constater que la 2 eme boite noire ( le Flight Data Recorder rouge) placée à coté du Vice Data Recorder dans la queue de l Airbus reste introuvable. Les 2 ont subi le meme impact: les sauveteurs trouvent la premiere tout de suite et l autre reste introuvable .Bizarre !
a écrit le 30/03/2015 à 9:53 :
- Il y a une hâche a bord , cachée dans le cockpit, jamais dans la cabine !
- Le jeune pilote a un dossier medical au LBA ( = DGAC) dont le contenu a été communiqué au procureur chargé de l enquête.
- le copilote était déclaré par le service médical 100 % apte à voler et sans aucune restriction dans son certificat médical classe 1.
Ceci veut dire que Lufthansa son employeur, n ´avait aucune raison de douter de ses facultés de travailler dans un cockpit .
Finalement il est intrigant de constater que la 2 eme boite noire ( le Flight Data Recorder rouge) placée à coté du Vice Data Recorder dans la queue de l Airbus reste introuvable. Les 2 ont subi le meme impact: les sauveteurs trouvent la premiere tout de suite et l autre reste introuvable .Bizarre !
Réponse de le 31/03/2015 à 13:11 :
Il y a un pied de biche en cabine.
Le certificat médical se concentre principalement sur les aspects physiologiques, beaucoup moins sur les aspects psychologiques.
Un avion qui se crashe à cette vitesse se répand sur des centaines de mètres. Il est normal de ne trouver les pièces de l'avion que petit à petit.
a écrit le 30/03/2015 à 9:01 :
Qui a subtilisé la deuxième boite noire?
a écrit le 30/03/2015 à 8:44 :
Idéalement, il faudrait pouvoir reprendre le contrôle de l'appareil depuis le sol façon drone! Comme ça même si on avait 2 fous furieux dans le cockpit, on pourrait au mieux sauver les passagers, au pire laisser s'écraser l'avion dans une zone inhabité!
Nouvelle innovation pour Airbus ou Dassault?!?
Faut pas rêver! ;)
Réponse de le 30/03/2015 à 13:54 :
Et après on aura des foux furieux aux commandes façon drone ... C'est du pareil au même :)

Une machine n'a pas d'ego -> tant qu'il y aura des humains aux commandes peu importe selon quelle chaîne, l'ego de l'individu primera c'est logique.

Et pourvu que ça continue ... Déjà que les pilotes actuel sont plus des informaticiens que de vrai pilote, voler dans un appareil commander par un programme du décollage jusqu'à l'atterrissage : non merci -_-

Y'a pas de solution :)
C'est l'histoire du serpent qui se mord la queue, faut s'y faire ^^
Y'a rien qui empêche personne de prendre sa voiture et de rentrer dans un camion à 140 sur une autoroute bien chargée ---> et pourtant quand c'est dans un avion la ça choque :/
a écrit le 30/03/2015 à 8:15 :
Tout a fait d'accord avec toi disign
a écrit le 30/03/2015 à 4:25 :
on a pas pensé a designer un cockpit autonome avec des toilettes et des couchettes integrés ?? ou alors un système d'ouverture des portes avec un badge special pour les personnes autorisées....... etc.....
Réponse de le 31/03/2015 à 0:17 :
pas besoin de badges un terroriste pourrait se le procurer. Dans tous les centres ultra sensibles, reconnaissance digitale ou par l'iris voire les deux aurait été suffisant. La hache pour ouvrit une porte blindée les experts sécurité font fort.
a écrit le 29/03/2015 à 21:39 :
Pauvre gens. Condoléances aux familles et aux amis des victimes. Je pense quand-même qu'il ne faut pas modifier le principe de l'ouverture de la porte blindée depuis le cockpit. C'est à la médecine du travail et aux employeurs de mieux détecter les cas de dépressions parmis leurs employés
a écrit le 29/03/2015 à 19:40 :
La hache devait être dans le cockpit, pas dans la cabine. Étrange.
Réponse de le 29/03/2015 à 21:05 :
Je crois Polo que vous n'avez pas tout compris en parlant du positionnement de la hache
Réponse de le 31/03/2015 à 13:13 :
Polo8, dans un A320, il y a une hache dans le cockpit et un pied de biche en cabine. C'est probablement le pied de biche dont on entend les bruits.

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