Faut-il deux personnes en permanence dans les cockpits ? La question fait débat depuis les révélations, ce jeudi, du procureur de Marseille sur les circonstances du crash de l'A320 de Germanwings mardi qui a coûté la vie à 150 personnes.
Le scénario du copilote" barricadé" dans le cockpit, après que son collègue en soit sorti, pour précipiter volontairement l'avion contre une montagne des Alpes a poussé le Canada, l'Allemagne, l'Autriche et plusieurs compagnies aériennes, comme Easyjet et Norwegian ou encore Air France et KLM à imposer la règle de deux personnes présentes en permanence dans le cockpit.
Autrement dit, si l'un des deux pilotes est amené à sortir du cockpit, il doit être remplacé par une hôtesse ou un steward. Ce vendredi, l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a émis un « Safety Information Bulletin », recommandant cette mesure.
Elle fait débat pour plusieurs raisons. Tout d'abord, une hôtesse ou un steward est-il en mesure de comprendre les actions d'un pilote telles que les a décrites le procureur ? A savoir, celle d'actionner le bouton programmant le changement d'altitude avec une descente modérée et un itinéraire linéaire comme ce fut le cas pour le vol 4U9525 ?
Peu probable, évidemment, comme tous ceux qui ne sont pas pilotes. Sera-t-il physiquement capable de l'empêcher de verrouiller le cockpit? Pas sûr, s'il s'agit d'une hôtesse. Un pilote déterminé à détruire l'avion ne pourra-t-il pas «éliminer » au préalable le personnel navigant commercial ? « Bien sûr que oui », répondent plusieurs pilotes.
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Quand bien même un pilote suicidaire potentiellement capable d'agir comme le copilote de Germanwings ne le fasse pas en présence d'une personne à côté de lui, cette mesure n'en pose pas moins d'autres problèmes.
« Les tests psychologiques pour le personnel de cabine sont jusqu'ici beaucoup moins poussés que ceux pour les pilotes", explique l'un d'eux.
Au final, beaucoup craignent que ces mesures prises sous le coup de l'émotion ne créent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent.
Au moment des débats à l'organisation internationale de l'aviation civile (OACI) sur la généralisation des portes de cockpit blindées qui avaient suivis les attentats du 11-Septembre, les syndicats de pilotes avaient fait part de leurs craintes sur le sujet, assurant que «le remède était pire que le mal».
L'Association Internationale du Transport Aérien (IATA) a appelé ce vendredi à attendre toutes les conclusions de l'enquête pour prendre des mesures afin d'éviter une tragédie de ce type.
"Il est impératif que l'enquête soit complètement achevée pour déterminer les mesures qui peuvent empêcher une tragédie comme celle là de se reproduire", souligne le communiqué diffusé à Genève.
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"Les intérêts de la sécurité aérienne sont mieux servis par des considérations s'appuyant sur une information et une compréhension totale et aboutie d'un accident ou d'une question concernant la sécurité", a ajouté Iata.
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