Quelle cybersécurité pour l’industrie connectée ?
Guillaume Renouard
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Industrie France
Reuters
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Il y a quelques semaines, le groupe de rançongiciel, LockBit, a affirmé avoir volé plus de 3.000 plans à SpaceX après avoir piraté l'un de ses fournisseurs, menaçant de les vendre à un concurrent si Elon Musk refusait de payer rapidement une rançon. Un exemple montrant que la hausse des cyberattaques n'épargne pas le secteur industriel, et ce d'autant plus que celui-ci s'est largement connecté à la toile au fil des dernières années, sans toujours accroître suffisamment sa cyberprotection.
Longtemps, la problématique de la cybersécurité ne s'est pas vraiment posée dans ce secteur. « Historiquement, l'industrie fonctionnait sur des systèmes informatiques entièrement isolés : ceux-ci n'étaient pas sécurisés, mais ça ne posait aucun problème, puisqu'ils n'étaient pas connectés au monde extérieur et que personne ne pouvait y toucher, à part les individus autorisés à se rendre à l'endroit où l'équipement se trouvait physiquement, raconte Laurent Mahieux, responsable de la ligne de service cybersécurité industrielle chez Capgemini, lors d'un débat consacré à la cybersécurité dans l'industrie organisé par le Club de la Presse Informatique B2B, un club professionnel de journalistes suivant l'actualité informatique d'entreprise.
Mais cette époque est, aujourd'hui, bel et bien révolue. « Les usines se sont ensuite équipées en capteurs et objets connectés, ont commencé à collecter et traiter les données pour piloter la production, mais la cybersécurité a été quelque peu oubliée en cours de route. Le résultat est que, selon les industries, on a entre dix et quinze ans de retard par rapport aux bonnes pratiques appliquées actuellement dans le monde de l'informatique traditionnelle. »
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C'est d'autant plus alarmant que la tendance vers une plus grande connectivité de la sphère industrielle n'est pas près de s'enrailler, bien au contraire. Avec l'avènement de la 5G et de l'industrie 4.0, qui va ouvrir l'ère du réseau en tant que service et permettre de gérer l'ingénierie industrielle via l'informatique en nuage, les points de connectivité, et donc de vulnérabilité, vont encore s'accroître.
Guillaume Renouard