STX France : Bruno Le Maire menace de nationaliser pour faire pression sur les Italiens

 |   |  680  mots
Si jamais nos amis italiens nous disent 'cette proposition ne nous va pas', l'Etat français exercera son droit de préemption sur STX France pour que nous puissions rouvrir le dossier, a indiqué le ministre de l'Economie français, Bruno Le Maire.
"Si jamais nos amis italiens nous disent 'cette proposition ne nous va pas', l'Etat français exercera son droit de préemption sur STX France pour que nous puissions rouvrir le dossier", a indiqué le ministre de l'Economie français, Bruno Le Maire. (Crédits : STEPHANE MAHE)
Paris veut garder la main sur ce site stratégique dans la construction de paquebots, mais aussi de très grandes coques comme celle d'un porte-avions. Le ministre de l'Economie a donné jusqu'à demain jeudi à Fincantieri pour répondre à la proposition française.

La France a lancé mercredi un ultimatum à l'Italie dans le dossier STX France, menaçant de nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) si Rome n'accepte pas un partage à 50-50 de son capital avec des intérêts publics hexagonaux.

"Les Italiens ont jusqu'à jeudi pour se décider sur le sujet", a dit le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire sur Franceinfo ce mercredi matin. "Si jamais nos amis italiens nous disent 'cette proposition ne nous va pas', l'Etat français exercera son droit de préemption sur STX France pour que nous puissions rouvrir le dossier", a-t-il indiqué.

"Nous ne pouvons accepter d'être moins bien traités que des Coréens"

En Italie, l'administrateur délégué du groupe Fincantieri, qui souhaite conserver la majorité de STX depuis qu'il en a racheté les deux tiers - le dernier tiers étant dans les mains de l'Etat français - auprès de sa maison mère sud-coréenne en difficulté au printemps, a réagi en déclarant qu'il n'avait pas un "besoin à tout prix" des chantiers de Saint-Nazaire. "Nous sommes Européens et, sur STX (France), nous ne pouvons accepter d'être moins bien traités que des Coréens", a dit Giuseppe Bono, patron de Fincantieri, lors d'une conférence téléphonique.

Une position également défendue par le ministre italien de l'Economie Pier Carlo Padoan. "Il n'y a aucune raison pour Fincantieri de renoncer à une participation majoritaire et au contrôle de l'entreprise française", a-t-il déclaré dans un communiqué. Le ministre de l'Industrie Carlo Calenda est également intervenu pour défendre les intérêts de Fincantieri, prévenant que le groupe public italien renoncerait à prendre une participation au capital de STX France si Paris revenait sur le précédent accord bilatéral conclu au printemps. "Si ces conditions ne sont pas respectées, l'Italie ne poursuivra pas l'affaire", a-t-il dit.

Un site stratégique pour la France

Une source proche du Trésor italien avait rejeté mardi soir la proposition française d'un partage à 50-50 des chantiers de Saint-Nazaire, déclarant : "La ligne rouge c'est, au minimum, une participation légèrement majoritaire et un contrôle du conseil."

La France dispose jusqu'à vendredi d'un droit se préemption sur la totalité du capital. Elle avait déjà brandi la menace d'une nationalisation temporaire lors des discussions qui ont abouti en avril à un accord prévoyant le rachat de 55% STX France de Saint-Nazaire par le groupe public italien (pour 48%) associé à une fondation transalpine (7%). "L'accord négocié par le précédent gouvernement ne nous satisfait pas", a souligné Bruno Le Maire, se faisant l'écho des propos tenus fin mai par Emmanuel Macron.

"Nous ne voulons prendre aucun risque (...) dans un site industriel aussi stratégique de Saint-Nazaire", spécialisé dans la construction de paquebots mais aussi de très grandes coques comme celle d'un porte-avions, a-t-il encore dit. "Parce que c'est un site stratégique, nous refuserons de laisser une majorité à un investisseur étranger."

Les Français en première ligne dans l'acquisition des fleurons italiens

Les dernières propositions françaises, dévoilées mardi par le ministre de l'Economie, laisseraient à Fincantieri 50% du capital, le reste étant détenu par des intérêts publics français (l'Etat, Naval Group, bpifrance) et le personnel. Paris y a ajouté une offre de coopération renforcée entre la France et l'Italie dans le naval militaire.

Pour Bruno Le Maire, qui a évoqué un montant de "dizaines de millions d'euros" nécessaire à l'opération, une nationalisation temporaire permettrait de donner du temps "pour renégocier un nouveau pacte d'actionnaires dans des conditions très sereines".

Ce bras de fer intervient au moment où l'Italie est confrontée depuis quelques années à une série d'acquisitions visant plusieurs de ses fleurons, souvent à l'initiative de groupes français, parfois de manière amicale, comme la fusion Luxottica-Essilor, parfois hostiles, comme la montée au capital de Mediaset du groupe Vivendi, par ailleurs premier actionnaire de Telecom Italia.

(Avec Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/07/2017 à 14:50 :
Je ne comprends pas : les investissements étrangers, c'est bon non ?

Même si les italiens ferment des chantiers qui marchent bien pour les délocaliser à des endroits qui ne marchent pas, c'est bon : récompenser l'incompétence et la fainéantise c'est bon, non ?

C'est bien comme cela que cela fonctionne chez les REPUBLICAINS ? Sinon, pourquoi voter FILLON ?
a écrit le 27/07/2017 à 10:18 :
"STX France : Bruno Le Maire menace de nationaliser pour faire pression sur les Italiens"

Autre son de cloche chez les REM :

Invité de BFMTV et RMC, son porte-parole Christophe Castaner a ainsi indiqué qu'une nationalisation de STX France n'était "pas un objectif".
"On est dans une forme de négociation, on veut réaffirmer les intérêts de la France. L'objectif n'est pas de nationaliser STX", a-t-il déclaré.
a écrit le 27/07/2017 à 8:44 :
Je croyais que Mr Macron avait comme devise l Europe d abord !!!quant à mr Lemaire qu il nationalise cette société et on est sur que dans 3 ans elle sera en faillite !!
a écrit le 27/07/2017 à 0:56 :
Tout comme Hollande avait remis en question le contrat des Mistral, LeMaire renie les accords avec Fincantieri. Personnellement, je l'ai déjà dit, je pense que la France n'est plus crédible ou digne de confiance. A suivre tout de même :-)
a écrit le 26/07/2017 à 23:22 :
Qui a peur des menaces de Le Maire? surtout pas les italiens qui savent tres bien manoeuvrer et rouler dans la farine les grandes entreprises francaises (EDF avec Edison et Le credit agricole en autre). Le Maire n'est qu'un petit ministre aux ordres et son autorité n'a d'egal que son score au primaire de LR. Macron egal Hollande bis avec l'arrogance en plus. Donc notre industrie enfin ce qu'il en reste, continuera à etre brader et fermer. Les chantiers navals de Mestre sont impressionnants.
Réponse de le 27/07/2017 à 12:24 :
EDF qui s'est fait roulé avec Edison ? Et le Crédit Agricole ?
Vous êtes sérieux ? Vous avez conscience de la qualité des actifs rachetés ? Vu la tronche que tiraient les Italiens à cette époque, ça avait plutôt l'air de bonnes affaires. Ne commentez pas sans savoir, svp...
a écrit le 26/07/2017 à 19:56 :
Le Maire nationalisant une entreprise...
Au sein d'un gouvernement qui en est à rogner les Apl ...
Pour sûr que la menace sera prise au sérieux !
Évoquer des équipements stratégiques et également risible dans un pays qui ne produit plus d'acier et qui n'a pas de fondeur électronique .
Réponse de le 27/07/2017 à 11:24 :
Monsieur est un grand connaisseur!
Les aciéries de Dunkerque et de Fos, vous connaissez?
Les usines de Crolles et de Rousset, de ST Micro, non plus?
Certes notre situation économique n'est pas bonne, mais pas la peine d'en rajouter.
a écrit le 26/07/2017 à 19:46 :
Mr Macron préféré un accort avec les Corréens que la prise de contrôle de STX par ungroupe européen alors que les chantiers de l atlantique ont étés bradés par ALSTOM et personne en veut comment ce gouvernement ce dit européen je pense que le entreprise françaises vont avoir du mal a prendre le contrôle de groupe italien comme il save bien le faire
a écrit le 26/07/2017 à 18:45 :
Courage au gouvernement.
Ne pas laisser cette entreprise performante avec un bon carnet de commande se faire dépecer au profit des chantiers italiens....et chinois.
Il faut garder la main sur cette entreprise à plus de 50%.
On ne peut croire si elle passe sous pavillon de pays à chantiers navals conserver l'emploi en France, ce serait un non sens pour ceux qui veulent mettre la main dessus.
Réponse de le 27/07/2017 à 9:26 :
Fincantieri a sorti en 2016 exactement 50 navirs de ses chantiers et a déjà un carnet des commandes bien rempli . Il n aaurait vraiment pas besoin de STX. Ca aurait été probablement une sinérgie europeenne de plus mais si le gouvernement français insiste avec cette menace de nationalisation ...et bien qu'il garde ce fleuron.
a écrit le 26/07/2017 à 18:32 :
Pourquoi en effet refuserait-on à nos amis italiens ce qu'on a accepté pour les coréens, surtout si on conserve une confortable minorité de blocage ? Ça n'est pas très élégant...
Réponse de le 26/07/2017 à 19:26 :
Élégant ? trop drôle...
a écrit le 26/07/2017 à 18:09 :
Le personnel de ce chantier a été trop malmené depuis la cession d' Alstom aux Coréens ,Notre gvt doit reprendre les choses en main....de façon ferme et définitive . Ce domaine est trop stratégique pour la France .
Réponse de le 26/07/2017 à 18:40 :
Exact, et ils peuvent remercier chaleureusement MSC !!! qui voulait (voudrait) rentrer dans le capital !!
Une coque de navire n'a jamais été stratégique... ce qu'il 'est, c'est le matériels a intérieurs ! et ça c'est DCNS
Réponse de le 26/07/2017 à 23:18 :
Encore faut-il avoir une cale pour fabriquer une coque.
Et STX est le seul site en France ayant cette capacité.
Réponse de le 27/07/2017 à 18:03 :
@ dudul

Dans stratégique il faut y voir la construction de BPC ou de porte avions, à moins que tout cela ne se fasse à la Spézia....D' autre part l' électronique est un autre sujet .
a écrit le 26/07/2017 à 17:57 :
La France doit absolument garder la main sur ce dernier fleuron de l'industrie française qui risque d'être "déménagée en Italie où sont installées les grandes compagnies de croisières ! à son époque Sarko avait déjà fait une nationalisation temporaire qui avait protégé STX
a écrit le 26/07/2017 à 17:40 :
Le droit de preemption a toujours existé, mais on peut se demander pourquoi les français ne s'en sont pas servis plus tôt. Ceci étant, n'y a t-il pas moyen de séparer ce qui est stratégique ( les coques de porte-avion par ex.) de ce qui est plus classique tout en laissant la majorité aux italiens avec une clause de sauvegarde pour ce que la France considère comme stratégique.
a écrit le 26/07/2017 à 16:48 :
Fincantieri a racheté les parts detenues pas les coreens du sud, soit 66% des actions avec l'accord de principe du gouvernement français precedent . Maintenant avec ce nouveau gouvernement on veut leur imposer de payer le meme prix pour seulement 50% de parts ??? Ou est la logique ??? Si les italiens refusent le deal, la société STX serait très vite en faillite car son carnée de commandes est presque vide; de plus l'Etat devrait nationaliser et prendre en charge le cout sociale.
Réponse de le 26/07/2017 à 17:18 :
Vous avez écrit:
Si les italiens refusent le deal, la société STX serait très vite en faillite car son carnée de commandes est presque vide;

D'où tenez vous cette information ?

Il y a 3 mois il avait ( me semble t il ) obtenu le chantier pour 2 super paquebots...
Réponse de le 26/07/2017 à 18:09 :
@ Pragmatisme,
STX france a fait une chiffre d'affaire en 2016 de presque 1.4 mld d'euros, et seulement 427000 (pas de faute de frappe) euros de bénef, soit a peu prêt 0.03% du CA ! de plus l'endettement s'est envolé... c'est une société qui a un carnet de commande plein, mais qui doit perdre de l'argent sur chaque réalisation !
Je me demande bien qui va vouloir investir dans une telle entreprise !
Juste une petite réflexion, et si les italiens refusent d'acheter les parts, elles reviennent donc au capital de STX, donc au tribunal de Séoul non ?
Encore une petite réflexion en passant, mettre les croisiéristes dans le coup, est elle une si bonne idée ? ne vont ils pas tout faire, pour baisser le cout des navires ( MSC l'a déjà fait auparavant) ?
Bref on joue avec le feu, un compromis avait été trouvé, pourquoi remettre tout le temps en cause les contrats passés, je comprends les italiens, promettre une coopération accrue dans le militaire, en echange de 50/50 et après l'accord signé, on reviendra dessus ? (jamais deux sans trois)
Réponse de le 26/07/2017 à 18:43 :
@Pragmatisme 26/07/2017 17:18
C'est même mieux: commande en décembre 2016 de 5 paquebots de croisière pour un montant de Euro 4 mlds et 35 millions heures de boulot.
Toutefois, je ne sais pas si STX va gagner des sous.
Cordialement
Réponse de le 27/07/2017 à 10:29 :
@Pragmatisme Les coreens veulent se debarasser de STX parce que cette entreprise ne rapporte rien : pas assez de commandes, des frais très importantes, des influence politiques qui genent la gestion de l entreprise voir l'exemple des cette l intervention du gouvernement dans l actionnariat.
Réponse de le 27/07/2017 à 13:57 :
Oui, un carnet de commandes bien rempli. Mais combien c'est le valeur des subversions de l'etat comme les facilitations de financiement, garanties de payement, reductions des impots etc?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :