Nik Storonsky, le startuppeur qui a révolutionné la finance traditionnelle
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Photo d'illustration
Laurène CASSEVILLE/LT
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Nikolay Storonsky a du mal à se départir de son air concentré. Très grand, large d'épaules, carré blond et regard perçant, le quarantenaire né en Russie ressemble davantage à un boxeur professionnel qui cherche à en découdre qu'à un entrepreneur.
Pourtant, il aurait de quoi se détendre. L'ancien sportif de haut niveau est à la tête d'un empire. Cofondateur en 2015 de la néobanque Revolut avec son ami Vladyslav Yatsenko, « Nik » Storonsky a créé une des premières plateformes en ligne européennes capables de rivaliser avec les banques traditionnelles : agréée au Royaume-Uni et en Lituanie, la neobanque Revolut compte aujourd'hui plus de 50 millions de clients, et une valorisation à 40 milliards d'euros. C'est davantage que la plus vieille banque française, la Société générale, qui compte 26 millions de clients (dont 16,6 millions de clients « retail » comparables à ceux de Revolut) pour une valorisation à 38 milliards d'euros. Signe de ce succès éclatant, Forbes évalue la fortune de Storonsky à 7,7 milliards de dollars en 2024.
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Jeune Russe témoin de la chute de l'URSS, très tôt acquis à la cause du capitalisme, obsédé par l'idée de monter son affaire dès son plus jeune âge, Nik Storonsky incarne cette génération d'entrepreneurs sûrs d'eux-mêmes, venus chercher en Occident toutes les perspectives que la Russie ne pouvait leur offrir. Bien né, ultradiplômé, devenu trader à Londres, il s'est intéressé au business grâce à des dispositions personnelles mais aussi grâce à un contexte économique qui a rarement été aussi fertile pour innover. En Europe, les années 2010 à 2020 sont une décennie dorée pour la tech, qui a vu émerger de nombreuses start-up et fait de leurs fondateurs des multimillionnaires.