Les marchés peu enthousiastes sur Carrefour

 |  | 767 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le premier distributeur européen a accusé une chute de 2,9% de ses ventes au troisième trimestre, à 24 milliards d'euros. Mais les marchés s'y attendaient. En revanche, ils sont perplexes après l'annonce du changement à la tête de ses hypers français et le retrait du marché russe.

Carrefour a annoncé jeudi soir une légère baisse de son chiffre d'affaires au troisième trimestre. Celui-ci a reculé de 2,9% sur la période, à 24 milliards d'euros. Un chiffre inférieur aux attentes des analystes interrogés par Reuters, qui tablaient sur un repli moins marqué des ventes à 24,3 milliards d'euros, après les 24,7 milliards réalisés au troisième trimestre 2008.

"Dans un environnement qui reste difficile, notamment dans nos marchés d'Europe de l'Ouest, le chiffre d'affaires de Carrefour au troisième trimestre démontre la pertinence de notre stratégie multi-format", s'est toutefois félicité Lars Olofsson, le directeur général du deuxième distributeur mondial (et numéro un européen) derrière l'américain Wal-Mart.

Le groupe a par ailleurs indiqué être en bonne voir pour atteindre ses objectifs annuels, notamment un résultat opérationnel "dans le bas de la fourchette de 2,7 à 2,8 milliards d'euros annoncée le 30 juin 2009" et des "économies de coûts opérationnels d'au moins 500 millions d'euros". A nombre de magasins comparables, l'activité a reculé de 3,8% sur la période et de 2,4% en excluant les ventes d'essence. Le chiffre d'affaires du groupe a notamment été affecté par la variation des taux de changes: il n'aurait baissé que de 0,8% à taux de change constant. Et il aurait même progressé de 0,5% hors essence.

En France, les revenus ont diminué de 3,4% sur le trimestre, tombant à 10,4 milliards d'euros. Mais le groupe assure continuer de gagner des parts de marché, en raison du "succès de Carrefour Market, qui compense la performance décevante de nos hypermarchés". Ces derniers affichent en effet un repli de 8% de leurs ventes à nombres de magasins comparables, alors que les premiers ont dégagé un chiffre d'affaires en hausse de 1%. Une des conséquences directes de ces résultats est l'éviction du patron des hypermarchés français, Alain Souillard. Ce dernier sera remplacé d'ici janvier par Guillaume Vicaire, 40 ans, qui dirige actuellement les activités de Carrefour en Turquie.

A l'étranger, l'activité dans le reste de l'Europe a particulièrement souffert, avec des ventes en baisse de 6,6% (-6,1% à base comparable) au troisième trimestre, à 8,5 milliards d'euros. Elles ont notamment chuté de 6,9% en Espagne et de 4,4% en Italie. Les revenus issus des "marchés de croissance" ont encore plus chuté, particulièrement impactés par la variation des taux de changes. Ils ont ainsi reculé de 9,6% mais ont progressé de 1,4% à changes constants.

La croissance de l'activité reste soutenue en Amérique latine (+5,3% et +14,4% à changes constants) et en Asie (+5,1% et +2,6% à changes constants. Et Carrefour de mettre en avant les chiffres réalisés au Brésil et en Chine (respectivement +14,2% et +7,1% à changes constants), alors que Colony Capital et Bernard Arnault, qui détiennent 13,5% du capital, pousseraient pour que le groupe vende ses activités dans ces deux pays. Une information que dément le directeur général de carrefour, Lars Olofsson. Selon lui, aucune sortie des marchés émergents n'est à l'ordre du jour. Dans les colonnes des Echos ce vendredi, il tacle les rumeurs sur d'éventuelles tensions avec les actionnaires de référence :"je n'arrive pas à comprendre comment une rumeur pareille a pu prospérer. Je peux vous dire que j'ai le soutien plein du Conseil d'administration et des actionnaires de référence".

Cependant, Carrefour confirme sont intention de se retirer du marché russe où il possède deux implantation,à Moscou et à Krasnodar,"en l'absence de perspectives de croissance organique suffisantes et d'opportunités de croissance externe à court et moyen terme qui permettraient d'y atteindre une position de leadership". C'est cette décision qui rend les observateurs perplexes. D'autant plus que la Russie fait partie de Bric (pays émergents à forte croissane; Brésil, Russie, Inde et Chine), dans lesquels Carrefour dis vouloir se développer.

Selon les analystes de CM-CIC contactés par l'AFP (Agence France Presse), la décision du distributeur est d'autant plus inquiétante qu'elle semble avoir été prise avec "une certaine fébrilité". Chez Natixis, on estime également l'annonce "précipitée", bien que "pas illégitime". Le directeur général du groupe rappelle qu'il avait placé la Russie "sous observation" dès son arrivée chez Carrefour. Il juge que le pays ne propose pas d'opportunité de croissance externe à son groupe à court et moyen terme. Or, d'après lui, il n'y a pas d'autre moyen pour Carrefour de s'implanter en Russie, car le marché est déjà structuré autour d'entreprises leaders.

A la Bourse de Paris, le titre cède 0,93% à 30,90 euros en fin de matinée, dans un marché haussier.

(retrouvez le communiqué de Carrefour).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/10/2009 à 7:45 :
Il est strategiquemet difficilement comprehensible qu un groupe comme Carrefour se retire de Russie apres quelques mois, et surtout apres avoir supporter pendant plusieurs annees des couts de pre ouverture.
Est ce le commencement de la fin...
a écrit le 18/10/2009 à 6:57 :
Carrefour qui était un vrai commerçant des débuts aux années 90 est devenu depuis la fusion avec pro-modes un simple gestionnaire de m2 de surface de vente... ses directeurs de magasins sont des gestionnaires.de marge d'objectif grosse tête mais pas de passion... le commerce est un métier ...même quand on fait 6000 m2...ça ne peut que diminuer au profit de magasins ou le patron est un vrai commerçant. Au delà du prix d'achat et de la déco de l'agencement et de tout ce qui incitait à acheter avant (et qui ne marche plus) serrer la main du patron de son supermarché redonne de la valeur a l'achat : on se sent client et pas simplement acheteur de produits.
a écrit le 17/10/2009 à 2:58 :
je suis client carrefour depuis son ouverture dont la naissance de ce groupe c'est fait à Annecy sous la pulsion de MARCEL FOURNIER.Depuis quelques temps la physionomie du magasin carrefour n'est plus la même.Disposition des produits changée,et surtout manque de transparence dans le choix et prix.Une politique que le consommateur que je suis ,boude de plus en plus et va ailleurs,la concurrence est rude(Auchand-Super U,Casino,Leclerc et dsicouns)
D'autre part certaines promotions sont trompeuses Le chiffre toujours la même,fait que le consommateur de tombe plus dans cette spirale(avant 2 articles,le 2ème à 50%---ou 3 et gratuit ce dernier)maintenant deux lots mais le 2ème à 70%!!! cherchez l'erreur.De plus les produits carrefour ont fait un sérieux bon (certains + de 20%)UN CONSOMMATEUR AVERTI EN VAUT
DEUX!Toute cette politique est négative à la long terme.Maintena
a écrit le 16/10/2009 à 15:19 :
Je fréquente cette enseigne de temps en temps. On peut y trouver des produits parfois à des prix convenables mais le plus souvent on est obligé d'acheter par lot...Une spécialité bien française. Etant originaire de l'est de la France, j'avais l'habitude d'acheter à l'unité et souvent bien moins cher '(Globus, REWE ou Edeka, Aldi et Lidl sont beaucoup moins chers sont 90% des produits) en Allemagne. Chez carrefour, non seulement les prix sont très souvent rond audessus d'un certain prix et la vente se fait trop souvent en lot. Pourquoi? Moi, je delotte systématiquement....Je crois que c'est interdit la vente forcée, non? Alors pourquoi trouve t-on toujours les produits par 3 ou 4 voire par 6 ou 8? INSUPPORTABLE
a écrit le 16/10/2009 à 12:19 :
CARREFOUR se dégongle en Russie !!!! Pas brillant...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :