Scandale Ikea : tout a commencé au magasin de Franconville...

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Flicage, espionnage, infiltration des salariés... Le scandale qui frappe le géant de la distribution est l'aboutissement d'une longue suite de rebondissements dont l'histoire commence au début de l'année 2010, dans un des ses magasins de la région parisienne.

 

C?est une drôle d?histoire, l?affaire Ikea. Et en général, les drôles d?histoires n?arrivent jamais complètement par hasard dans les mains des journalistes. Un beau dossier, bien ficelé, avec des copies des mails et des dossiers confidentiels qui atterrissent dans les rédactions. La presse est aussi un moyen utilisé par ceux et celles qui veulent régler des comptes. Il faut donc contextualiser, comprendre à quel objectif cela répond. Non pas pour exonérer les personnes mises en causes de leurs éventuelles responsabilités, (encore faut-il que celles-ci soient prouvées) mais parce qu?à regarder de plus près les organigrammes, les dates et les personnes incriminées, tout n?est pas « raccord ». Les éléments qui accablent Ikea ont été révélés lors d?un étrange concours de circonstances. Tout démarre du magasin de Franconville, où s?est nouée une grande partie de l?intrigue.

 

1er janvier 2010.Jean-Louis Baillot quitte la direction générale d?Ikea France et devient directeur des opérations commerciales rattaché au siège international à Leiden aux Pays-Bas. Stefan Vanoverbeke, un belge de 45 ans, lui succède. Claire Héry, ex-DRH du groupe prend la codirection du magasin de Franconville (Val d?Oise). Elle est remplacée par Catherine Bendayan nommée directrice générale adjointe en charge des ressources humaines.


Février. Une grève historique éclate dans 23 des 26 magasins. La raison ? La nouvelle équipe de direction suspend l?augmentation collective. Trois négociatrices RH sont séquestrées, le centre de gestion de la paie d?Ikea, à Franconville, est occupé. Débordée, la direction se ?replie? à l?hôtel pendant 24 heures. Une personnalité se fait particulièrement remarquer : le délégué FO Adel Amara, l?un des leaders de la grève, salarié du magasin de Franconville. L?homme est apprécié par certains collègues mais craint par d?autres : ?Il pouvait être menaçant?, confie une déléguée CFE-CGC.


Mars. Adel Amara fait savoir qu?il veut quitter l?entreprise. Une réunion de direction est organisée pour définir les conditions de son départ. Y participent Stefan Vanoverbeke, les deux co-directeurs du magasin de Franconville (Claire Héry et son homologue), Jean-Louis Baillot, Catherine Bendayan et Jean-François Paris, directeur de la gestion du risque. Décision est prise de signer un chèque à Adel Amara en échange de son départ. 


Avril. La transaction avec Adel Amara, 300 000 euros pour cinq ans d?ancienneté, est en passe d?être signée chez l?avocat d?Ikea. Douze heures avant la signature, coup de fil de Stefan Vanoverbeke : la transaction est annulée, le siège ne veut pas créer de précédent. Un désaveu tel que le co-directeur de Franconville démissionne sur le champ.


Juillet. La tête du magasin se réorganise. Une nouvelle co-directrice vient épauler Claire Héry, et un responsable sécurité, Brice Savin, prend ses fonctions. Cet ancien officier de police est recruté pour comprendre la manière dont s?organise, dans le magasin, le vol organisé de produits Ikea, (perte estimée : 200 000 euros par an). Brice Savin doit caractériser ? ou pas ? d?autres faits dénoncés en interne : des salariés signalent le ?harcèlement moral? que ferait peser sur eux Adel Amara. Ce même mois est déployée l?infiltration d?une fausse hôtesse de caisse, Aïda, via la société de sécurité privée Groupe Synergie Globale (GSG). ?Je n?étais absolument pas informée de cet acte, assure Claire Héry. La meilleure preuve est que je l?ai licenciée pour absences injustifiées et retards répétés?.

Ce qu?atteste cet ancien salarié de GSG qui a suivi l?opération : ?GSG a choisi de faire postuler cette infiltrée. Si la direction avait été au courant, elle l?aurait embauchée sans perdre de temps en procédure de recrutement. Je me souviens du licenciement d?Aïda ; il n?était pas prévu, et lorsqu?ils l?ont su, les chefs de mission n?étaient pas heureux? Oui je crois que cela pourrait accréditer l?idée que les directrices du magasin n?étaient pas au courant de cette
infiltration?.


Septembre. Une première plainte pour harcèlement moral est déposée par un salarié à l?endroit d?Adel Amara. Encouragés par les avocats d?Ikea, quatre autres salariés, dont Claire Héry, porteront plainte dans les mois suivants. L?une d?elles émane du délégué syndical CFE-CGC, Yann Nedelec, arrêté quelques jours pour dépression. ?Je n?en pouvais plus, j?étais à bout, nous confie-t-il. Après moi, Amara s?est attaqué à la direction. Rien ne lui faisait peur.? À Brice Savin il disait : ?ça sent le poulet?. L?une de ces plaintes se conclut par un placement en garde à vue. Pour Ikea, Adel Amara est devenu la personne dont il faut se débarrasser. Des réunions téléphoniques ont lieu tous les mardis à 14 h 30 avec les co-directrices, mais aussi Jean-François Paris et Catherine Bendayan.


Décembre. La procédure de licenciement à l?encontre d?Adel Amara échoue. La tension croît. Les deux co-directrices sont alors protégées par une garde du corps de la société GSG. Claire Héry raconte : ?Amara me disait : Claire, ?t?es nulle, je vais construire ton départ?. Il se couchait devant la porte de mon bureau pour m?empêcher de rentrer?.


Septembre 2011. Une nouvelle procédure de licenciement à l?encontre d?Adel Amara échoue. L?inspection du travail, qui doit donner l?autorisation de suspendre le statut de salarié protégé n?a pas répondu au courrier. 


30 novembre. Ouverture du procès pour harcèlement contre Adel Amara au Tribunal de grande instance de Pontoise.


25 janvier 2012. L?inspection du travail délivre l?autorisation de licencier Adel Amara. Ce qui est appliqué le jour-même, pour faute grave.


8 février. L?ex-syndicaliste de FO est condamné à six mois de prison avec sursis et à 3 000 euros d?amende. Selon le jugement que nous nous sommes procuré, l?expertise psychiatrique fait état d?une ?personnalité psychorigide, mégalomane, dans la toute-puissance, procédurière. Sujet ayant la conviction inébranlable d?être victime d?un complot?. A sa décharge, et comme le souligne Sauveur Choquet, membre de FO Paris, ?la stratégie d?infiltration n?a pas dû améliorer l?attitude d?Adel Amara. Après l?avoir observé, peut-être se sont-ils donné les moyens de la rendre border-line?.


29 février. Le Canard Enchaîné puis Mediapart publient les copies des mails mettant en cause plusieurs cadres d?Ikea dont Claire Héry, Jean-Louis Baillot et Jean-François Paris. La direction générale jure, main sur le c?ur, qu?elle n?était pas au courant des pratiques d?espionnage et met en disponibilité Jean-François Paris.


1er mars. Le syndicat FO dépose plainte auprès du procureur de Versailles pour ?utilisations frauduleuses de données personnelles?. Ouverture d?une enquête préliminaire.


3 mars. Dépôt en préfecture des statuts de l?Association de défense des victimes d?Ikea. La présidente de l?association, Estelle Tagneres, s?avère être la compagne d?Adel Amara, le siège associatif est leur adresse personnelle.


7 mars. Claire Héry et Jean-Louis Baillot sont mis en disponibilité. D?autres noms de cadres apparaissent dans la presse. Au même moment, Ikea riposte aux accusations portées dans la presse et mandate le cabinet d?avocat Skadden pour mettre à jour les responsabilités. ?Poudre aux yeux? répondent les syndicats.


26 avril et 2 mai. Entretien préalable de licenciement de Jean-François Paris, Claire Héry et Jean-Louis Baillot. Pour Jean-Paul Barbosa, délégué syndical CFDT et membre du Comité Européen IKEA, ?si Ikea pense qu?en ?snippant? trois personnes on va passer à autre chose, il se trompe. Il n?est pas possible que la direction générale n?ait pas été au courant?.

18 mai. IKEA France annonce le départ de quatre dirigeants impliqués dans l?affaire des soupçons de surveillance illégale de salariés et de clients.

20 juin prochain. Jugement en appel d?Adel Amara. Son avocat Yassine Yacouti (Adel Amara n?a pas répondu à notre demande d?interview, NDLR), espère qu?à la lumière des faits nouveaux, opportunément révélés par la presse, le jugement sera reporté ou réexaminé en faveur de son client.

 

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Commentaires
a écrit le 07/10/2015 à 17:09 :
Bonjour,

IKEA franconville est une belle arnaque. Une livraison express à 79€ .. une livraison qui n'arrive pas et un service client incapable de s'engager sur une date de livraison et qui nous demande d'attendre qu'on retrouve les colis (oui ils les ont perdus !! enfin pas eux, leur transporteur, mais de mon point de vue pas de différence).
Un mépris total du client.
a écrit le 22/01/2013 à 21:21 :
Les meubles Ikea se sont dégradés en qualité : le mélaminé est très fragile et l'agglo tout juste acceptable, quand à les démonter.... c'est juste du suicide, ils ne pourront pas etre remonté avec la meme rigidité d'origine. Et vaut mieux mettre 100 euros de plus et avoir des meubles de qualité....
a écrit le 04/01/2013 à 17:50 :
Les clients aussi sont surveillés, même sur le parking où je me suis fait verbaliser manifestement par video surveillance. Après un parcours fastidieux dans le magasin qui mène le client à un hangar où il doit lui-même chercher les produits, les charger sur son chariot puis faute de personnel à la caisse, jouer lui même le caissier avec une caisse automatique, le client ne me semble pas mieux traité que le personnel. Mieux vaut acheter ailleurs. Ils ne sont pas aussi peu chers que cela.
a écrit le 06/09/2012 à 21:25 :
Quelle honte. Je fais partie d'une famille de 8 installée à Montpellier. On achetait tous nos meubles à Ikea, de même que toutes les familles de nos collègues de travail. Eh bien je peux vous dire que c'est fini.

On est pas du genre à cautionner les pratiques en rapport avec le harcèlement moral dans la maison.

D'autant plus que c'est illégal.

Donc, à mon avis, acheter à Ikea va devenir un acte répréhensible et les magasins seront rapidement fermés en France.
Réponse de le 22/01/2013 à 20:29 :
Relis bien l article... le harcelement moral c est le syndicaliste qui l appliquait au depend de ses collegues..
a écrit le 25/05/2012 à 10:34 :
@nana : il se trouve que je connais très bien ce magasin IKEA et que je travaille dans une entreprise à proximité. La diversité, on connaît aussi dans notre entreprise et tout le monde peut y faire carrière s'il y a la volonté d'y arriver. Simplement, ce type syndicaliste FO qui terrorise tout le monde et fait du chantage pour obtenir 300 KE d'indemnités, ça n'est pas imaginable dans notre société. Le type aurait été viré avec un coup de pied au c.., c'est tout ce qu'il méritait. Donc si, heureusement, ailleurs c'est bien mieux !
a écrit le 24/05/2012 à 23:49 :
Je suis scandalisée de lire tous les récit de presse sur le magasin où je passe toute mes journée, je suis arrivée en 2010 juste au moment du changement.
Magasin Wapps avec une nouvelle blonde comme dirigeante et un brune comme affirmée dans le bisness Ikea, tout allait bien jusqu'en 2011 où tout d'un coup un à un des personnes étaient licenciés pour des motifs insignifiant le simple mot "houps" pronocé devant le passage de madame la directice. Sans qu'il y ai une réelle cause sur elle tu étais aussitôt renvoyé, des personnes avec des missions bidons depuis dix sept ans dans l'entreprise était renvoyé !!! etc... c'est là que je me suis posée la question si elle à été envoyée par le siège pour faire le ménage, nous sommes tous différents la diversité de ce magasin fait que des gens se marie, vive ensemble, sorte au ciné où resto !! Enfin la France d'aujourd'hui dans toute sa splandeur !! toutes les nationalités sont représentée et c'est magnifique de pourvoir échanger des valeurs que malheuresement des dirigeants n'auront jamais..... on attend la suite, on n'a pas le choix !! ailleurs c'est guerre mieux.
Réponse de le 09/12/2012 à 1:13 :
c une honte surtout que cette aida a manipule tous le monde
Réponse de le 25/04/2013 à 22:31 :
pourquoi aida na pas etai inkiete ainsi que son patron ancien gendarme aujourdhuit ils forme des espion en toute impunite paye par pole emploi rue chapsal a joinville le pont 94
Réponse de le 18/06/2013 à 9:25 :
une enquete encours pour aida plus importante
a écrit le 24/05/2012 à 17:28 :
on a l'exemple même d'une pourriture de syndicaliste qui a manqué de très peu le jackpot qu'IKEA était prêt à lui offrir, et a fait payer cher sa direction pour avoir refusé de payer le prix fort. Je ne connais pas beaucoup de monde, même des dirigeants, capables d'obtenir 300.000 EUR en indemnités de départ. Cette affaire est édifiante et montre à quel point le dialogue entre entreprises et salariés est arrivé. C'est décidé je quitte la France !!
Réponse de le 26/05/2012 à 6:58 :
Encore un commentaire d'un soutien de la Direction d'IKEA ! Vous travaillez dans quel magasin ? A quel poste ? Stop aux manipulations !!!
Réponse de le 20/08/2012 à 22:41 :
Et après ça on continue de soutenir les syndicats........
Réponse de le 30/04/2013 à 13:24 :
il ne faut pas tout mettre dans le même sac, il y as des patrons voyous comme des employés voyous si la direction a propose 300ke à ce délégué: et je vous rappel que cette somme, c'est du quasi jamais vu en France pour un délegué, c'est qu'elle devait être a bout!!
je ne cautionne pas ces méthodes d'espionnage totalement illégales qui méritent des sanction
et puis 200ke de vol par an sur un magasin comme celui là rapellez moi son CA?? annuel on est dans du 0.quelquechose% DE pertes ça ne vaut vraiment pas la peine d'embaucher des anciens mercenaires en mal, d'enquetes à 500e/jour

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